Des salariés sous surveillance chez EDF ? La CGT condamne l'attitude de la direction

Une lettre anonyme est arrivée dans le courant du mois de mars sur le bureau de la CGT Réunion. Une lettre contenant une copie de mails faisant état d'une possible "mise sous surveillance" d'employés d'EDF à la Réunion dans le cadre de la construction de la ligne Haute Tension de Salazie.
Aussitôt informée et devant la gravité des faits retranscris dans ce mail, la CGT Réunion a décidé de déposer plainte contre X au commissariat de Malartic. Un mail émanant d'une officine privée, basée à Madagascar, et appartenant à une entité française de région parisienne. Le contenu est équivoque et détaille la procédure mise en place par cette société pour surveiller les salariés jusque dans leur propre boite mail, notamment celle d'un certain Xavier T. Selon les détails, tout porte à croire qu'il aurait pu fournir plusieurs informations sensibles à la presse sur la construction de la ligne HTA de Salazie. Pour autant, EDF aurait-elle cherché à espionner ses salariés ?
Cette accusation est fermement démentie par EDF Réunion dans un communiqué adressé aux médias dans la matinée. "EDF dément catégoriquement toutes ces déclarations et affirme que les valeurs de l’Entreprise à savoir respect de la personne, solidarité et service public sont en contradiction avec toutes les annonces faites mardi soir. EDF condamne fermement toutes les actions visant à attaquer l’image de l’Entreprise et à travers elle, ses agents. Elle apporte son soutien sans faille aux trois agents cités dans la lettre", explique l'entreprise.
Une prise de position qui n'est pas du goût de la CGT des Pays d'Outres Mer (POM) qui a décidé dans un communiqué, envoyé ce soir, de contre-attaquer tout en condamnant la position de la direction d'EDF Réunion dans ce dossier. "Il s’agit là d’accusations particulièrement graves et de faits inacceptables et pénalement répréhensibles s’ils étaient avérés. C’est pourquoi, devant cette situation, la CGT des Pays d’Outres Mer soutien les mesures prisent par la CGT Réunion et l’assure de sa totale solidarité pour d’abord assurer la protection des salariés et tenter de faire établir toute la lumière sur cette affaire. Elle condamne l’attitude de la direction du centre de la Réunion qui a de son côté choisie de réagir de manière brutale et infondée en cherchant uniquement à critiquer l’attitude des responsables du syndicat, paraissant ainsi ne pas prendre en compte la gravité de ces pratiques si elles s’avéraient exactes", explique la CGT POM
"Pour la CGT, une telle affaire mérite une toute autre attitude qui a pour but avant tout de vérifier ces informations et dans le cas où des pratiques illégales seraient avérées, de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour y mettre un terme. La liberté des agents comme celle de l’organisation syndicale est essentielle et doit être préservée. Les démarches et interventions de la CGT visent à garantir celle-ci en quelque lieu que se soit sur le périmètre des Pays d’Outres Mer", ajoute le communiqué.
Reste à savoir si les informations transmises anonymement à la CGT Réunion sont véridiques. Ce sera le travail de la police chargée d'enquêter sur cette affaire après le dépôt de plainte.


