Madagascar : une partie de l’armée se rebelle

Les militaires ont montré leur opposition au gouvernement répressif face à l’opposition représentée par Andry Rajoélina, dit "TGV", maire déchu d’Antananarivo.
Depuis, l’accès au camp est bloqué. "Nous ne répondons plus aux ordres de nos supérieurs, nous répondons à notre cœur. Nous avons été formés pour protéger les biens et les personnes, pas pour tirer sur les gens. Nous sommes avec la population" a déclaré un soldat à un journaliste de l’AFP.
Depuis vendredi, Marc Ravalomanana a donné l’ordre aux militaires d’arrêter TGV. Ils ont voulu le cerner dans sa résidence à Ambatobe, mais des milliers de partisans pro-TGV ont fait barrage. Les militaires ont quand même survolé la résidence en hélicoptère, mais n’ont pas pu savoir si le protagoniste était bien à son domicile. Et comme ce dernier avait appelé les étudiants à venir le soutenir, l’armée avait bloqué ce même vendredi la sortie de l’Université d’Antananarivo.
"Tous les jours, le centre ville (puis les quartiers périphériques plus tard dans la journée) est immobilisé et occupé par les militaires habillés en "robocop", avec lances-grenades et des armes que je ne connais pas mais qui tuent tous les jours" déclare un habitant d’Antanarivo. "Et n'importe qui, c'est à dire le marchand de pistaches qui rentre chez lui, l'étudiante qui est dans sa chambre, le gosse de 12 ans (fils de gendarme !), ... Tous les jours, il y a trois ou quatre morts. Et je ne compte pas les blessés dans un état pitoyable, soignés comme on peut le faire ici en cas d'urgence. Dans la nuit, on entend les explosions, le jour aussi, bien sûr. Il y a un couvre-feu toutes les nuits. Les enfants vont rester à Tana, car l'école fonctionne encore".
A l’heure actuelle la mutinerie semble se limiter à ce camp. Ni le président Marc Ravalomanana, ni son opposant Andry Rajoélina ne sont clairement localisés, mais seraient en lieu sûr dans la capitale...


