La Sogecore répond d'une tentative d'escroquerie au jugement

La tension était palpable dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Saint-Denis. Une nouvelle fois, les frères Moussajee et la Sogecore se retrouvaient devant un tribunal, mais pour cette fois répondre de tentative d'escroquerie au jugement. "Les petits Moussajee", comme ils se définissent, ont assigné Amir Meralli Ballou, le PDG de la Sogécore, devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour avoir "induit en erreur les juges", a souligné l'avocat des Moussajee, Me Pierre Olivier Lambert.
"Nous reprochons une tentative d'escroquerie au jugement. Dans les différentes procédures menées depuis six ans, pour récupérer une partie de l'argent due par la Sogécore pour les Moussajee, elle n'a pas hésité à indiquer, à de nombreuses reprises au juge, des mensonges pour obtenir gain de cause", explique Me Lambert. Des données suffisamment graves pour que les Moussajee poussent une nouvelle fois la Sogécore dans les tribunaux. Conséquence de ces "mensonges", de nombreux jugements auraient été rendus en défaveur des frères Moussajee, notamment sur les saisies conservatoires qui n'ont pas été "validées", souligne Me Pierre Olivier Lambert.
Une version que conteste "vigoureusement" l'avocat de la Sogécore, Me Gilles Lambert, au moment de plaider. "Les juges ne sont pas des béotiens (…). Un juge doit toujours contrôler, mesurer, vérifier les éléments (…). Dire si oui ou non, les éléments sont pertinents", explique-t-il, avant de s'en prendre directement à Salim Moussajee. "Ce monsieur a été mainte fois condamné pour des dénonciations calomnieuses. C'est ça le poison", lâche-t-il. L'avocat de la Sogécore réclame au final 10.000 euros de préjudice moral et 10.000 euros de préjudice financier à l'encontre des frères Moussajee pour ce procès qu'il qualifie de "spectacle".
De son côté, Me Pierre Olivier Lambert est confiant. "Les Moussajee vont obtenir gain de cause, ils ont été dupés, trompés par la Sogécore. Il faut donc condamner cette société. Sur le côté financier, c'est symbolique, le principal passe par la condamnation. En terme d'image, ils ont tenu à montrer qu'ils se battraient tous les jours et sur tous les plans (…)", ajoute-t-il avant de conclure que la Sogécore a "sciemment donné des documents en leur donnant une autre interprétation pour obtenir gain de cause. Il s'agit d'une escroquerie au jugement".
Le délibéré de l'affaire aura lieu le 12 juin prochain.


