Chronique ordinaire au Péi des RSAstes

Alors que le prix du carburant n'a eu de cesse d'augmenter depuis des années dans le monde et particulièrement ici à la Réunion, complétement dépendante des hydrocarbures et de la voiture, à défaut de transports en commun performant comme en Métropole (train express régional, tramway, TGV, métro, bus...), que nous propose notre bon Préfet ? Un grand débat sur les énergies à la Réunion qui devrait durer 4 mois. Juste le temps que les élections soient finies.
Prendrait- on les gens pour des demeurés à ce point ? A n'en pas douter. "Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission", disait Clemenceau. De nos jours, on est moderne, on fait des Grands Débats, des Grenelles et autres États-Généraux, pour mieux ensevelir les problèmes six pieds sous terre. Car notre petite élite de profiteurs s'entend bien pour couper court à toutes velléités de changement. Bloquer ne serait pas responsable et aboutirait ni plus ni moins à tuer l'économie locale qui ne pourra jamais s'en relever il va s'en dire. 25 centimes de baisse serait toujours selon les mêmes, une utopie pour ne pas dire une hérésie. Dixit les Lalande, Robert, Dindar, Farreyrol, Savatier, FDSEA, MEDEF, Freedom et autres. Heureusement que ces gens là n'existaient pas en 40, lorsque le Général de Gaulle lança son appel à libérer le pays, sinon nous serions tous Allemands aujourd'hui. Mais à n'en pas douter, c'est ce qui nous attend si l'homme aux 500 milliard de dette supplémentaire est réélu, vu que l'Allemagne est pour lui et ses acolytes, le nouvel eldorado, où on peut payer ces cancéreux de l'assistanat à 1 euro de l'heure.
Il est vrai qu'il est beaucoup plus responsable, au delà du seul problème du coût du carburant, de laisser sur le carreau les quelques 140 000 chômeurs endémiques de l'ile, nos 110 000 illettrés, et nos quelques 52% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, devant supporter un cout de la vie de 30% plus cher en moyenne. Le problème est connu depuis toujours à la Réunion et dans les DOM, on ne compte plus les rapports d'officine diverses (Assemblée, Sénat, Cour des Comptes, Inspection générale, autorité de la concurrence etc) qui analysent depuis des années les mécaniques économiques de nos territoires. Les formes changent mais le fond reste. Le même, depuis qu'un jour Colbert a dit "Pas un clou ne sortira des colonies", nous avons été condamnés à être une économie de comptoir aux mains d'un État colonial et des quelques familles avec qui, il s'accoquine.
Serrez vous tous la ceinture car l'heure est grave, c'est la crise disent-ils. Pendant ce temps là les patrons du CAC 40 ont vu leur salaire en 2011 augmenter de 34% pour atteindre le niveau moyen annuel de 4,11 millions d’euros, soit 342 000 euros par mois, autrement dit 260 fois le smic. La compagnie pétrolière Total quand à elle annonce pour 2011 un nouveau bénéfice record de 12 milliard d'euros. Selon Thomas Porcher auteur de "L’indécence précède l’essence" paru le 16 février aux éditions Max Milo, TOTAL ne paie aucun impôt sur les bénéfices en France, où elle déclare des pertes. La pression fiscale qui s’exerce sur elle dans notre pays (charges sociales comprises) est de 8 % de ses profits… contre 26 %, en moyenne, dans une PME ! Si Total s’acquittait du même pourcentage auprès du Trésor, cela financerait la moitié du plan d’austérité !
Total à la Réunion c'est la SRPP. La SRPP c'est aussi l'État, qui lui a donné le monopole de l'approvisionnement en carburant sur l'île. Et devinez chez qui le Préfet, le Président de Région, la Présidente du Conseil général, les 24 Maires de l'ile, les 5 présidents de communautés d'agglomérations, la caisse de sécurité sociale, le parc national et autres administrations en tout genre, vont faire leur plein de véhicules de fonction, avec leur petite carte de carburant payée avec l'argent de nos impôts ? Dans les stations TOTAL bien sûr.
Roi Couillon énième


