Derrière la violence des Black blocs : les prémices d'une lame de fond transformatrice

1) La violence des Black blocs
Un black bloc n'est pas un groupe ou une organisation officielle, mais une tactique d'affrontement qui consiste à former un groupe compact et solidaire dont les participants portent des vêtements et des masques noirs pour préserver leur anonymat et ainsi créer un désordre jusqu'au-boutiste.
Cet anonymat renforcé par l'effet de groupe permet de transgresser des tabous face à un monde jugé injuste, où le jeune avec son identité affaiblie par son histoire où s'additionnent échecs , voire toutes formes humiliations..., en arrive à s'arc-bouter contre une société jugée injuste, voire néfaste.
Il ne s'agit pas dans mes propos de légitimer ce phénomène touchant une jeunesse à L'ABANDON face à ceux qui auront eu la chance d'être " bien nés" avec des parents affectueux, à l'aise financièrement et culturellement et qui auront profité d'une école qui ne fera que confirmer ces différences.
La crise est profonde ! Tellement profonde que nos cerveaux risquent d'avoir recours à de vielles recettes tant le malaise de cette jeunesse aura été ignorée. De surcroît, cette jeunesse de l'affrontement semble susciter des effets d'entraînements.
2) Une lame de fond transformatrice ?
Restons attentif aux mouvements lycéens. Il semblerait qu'une lame de fond se dresse face aux incohérences sociétales de notre civilisation matérialiste et capitaliste.
Lorsque nous étions tous dépendants les uns des autres, où il n'y avait pas de propriété privée alors que nous étions reliés vitalement, ce contexte fut pertinemment décrit dans l'ouvrage : "Âge de pierre, âge d'abondance" publié en 1972 par l'anthropologue américain Marshall Sahlins où il révolutionne la vision traditionnelle de l'économie primitive où le don et la réciprocité étaient la règle : "L'échange de dons servait avant tout de ciment social et de mécanisme de paix plutôt que de transaction marchande".
De nos jours, où "tout peut s'acheter et se vendre...", les lycéens, ceux en souffrance, semblent avoir atteints un niveau de frustration et de stress qui, si mes suppositions se confirment, notre Societe devrait être portée par une lame de fond transformatrice de la PULSION DE VIE de cette jeunesse qui refuse ce contexte.
Restons attentif !
Frédéric Paulus


