“Votre quotidien va se transformer” : le renouvellement urbain accélère à Saint-Benoît

Après plusieurs années d’études, de concertation, de relogements et de premières opérations sur l’habitat, le renouvellement urbain de la Rive Droite franchit un nouveau cap à Saint-Benoît. La première pierre des travaux d’aménagement du secteur Beaulieu a été posée ce mercredi matin. Un chantier de plus de 2 millions d’euros qui donne le coup d’envoi des grands aménagements du NPNRU.
À Beaulieu, le renouvellement urbain est déjà visible. Ouvriers et engins de chantier sont à pied d’œuvre depuis des mois dans le cadre des opérations menées par la SHLMR, notamment autour de la résidence Europe.
Des familles ont été relogées, des bâtiments démolis et les travaux de réhabilitation et de résidentialisation se poursuivent. À Europe 1 et 2, 142 logements sont concernés par la réhabilitation et 146 par la résidentialisation, pour une livraison prévue à la mi-2027.
Mais ce mercredi matin, c’est une nouvelle étape qui s’est ouverte. La première pierre posée rue Raymond-Barre donne le coup d’envoi du premier grand chantier d’aménagement des espaces publics du NPNRU (renouvellement urbain) de la Rive Droite. Pendant neuf mois, plus de 2 millions d’euros vont être investis pour transformer les abords de l’école et les espaces de vie du quartier.
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“Votre quotidien va se transformer”, a lancé le maire Patrice Selly. Rue Raymond-Barre requalifiée, parvis sécurisé devant l’école, mail piéton entre Europe et Fragrance, aire de jeux, city-stade, stationnements et nouveaux aménagements paysagers : cette première tranche doit modifier le visage et les usages du quartier.
« Notre projet de renouvellement urbain de la Rive Droite quitte les cartons d’étude pour devenir un chantier bien réel, sous vos yeux, dans votre quotidien », a résumé le maire Patrice Selly.
La maîtrise d’ouvrage est assurée par la ville, avec la SHLMR comme mandataire et un financement associant l’ANRU, la commune et le bailleur.

Plus de 52 millions d'euros d'investissements
Une phase plus visible qui intervient après plusieurs années de préparation. La convention du NPNRU a été signée en 2020 et le projet est entré dans sa phase opérationnelle en 2023. Études, concertation avec les habitants, relogements, démolitions et premières réhabilitations ont depuis préparé le terrain.
L’avenant à la convention signé en février 2025 a ensuite permis de renforcer considérablement le soutien de l’ANRU. Sa participation atteint désormais 24,57 millions d’euros. Au total, le renouvellement urbain de la Rive Droite représente 52 millions d’euros d’investissement, dont 41 millions pour les opérations conventionnées.
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Le périmètre est à la mesure de l’enveloppe : 165 hectares couvrant les secteurs de Labourdonnais, Beaulieu et Beaufonds, près de 8 000 habitants et environ 3 000 logements. Le programme ne porte pas seulement sur l’habitat. Il doit également transformer les équipements publics, les mobilités, les espaces de loisirs et plus largement le cadre de vie.
Un point souligné par le sous-préfet de Saint-Benoît, Fabrice Bonicel : « Le renouvellement urbain, ce n’est pas simplement construire, démolir ou réaménager des espaces. C’est transformer un quartier dans toutes ses dimensions : son habitat, ses espaces publics, ses équipements, ses mobilités, son environnement, mais aussi son attractivité et les perspectives qu’il offre à ses habitants ».

Le renouvellement du parc de logements déjà engagé
Le NPNRU a produit ses premiers effets sur le bâti. Trois des quatre opérations de démolition prévues sont achevées : 54 logements à Europe 1, 69 à Labourdonnais 22 et deux à Atalante. La démolition de Labourdonnais 21 doit suivre, les 32 logements concernés ayant été entièrement libérés après le relogement des occupants.
Les réhabilitations et résidentialisations avancent elles aussi. À Atalante, 94 logements ont été livrés en juin 2025. Les opérations concernant 85 logements à Alphée et 110 à Amiral Bouvet ont également été achevées en 2025. Après Europe 1 et 2, les interventions doivent se poursuivre à Antiope, puis à Fragrance.
Pour Patrice Selly, ces opérations constituent le travail de fond sur lequel repose désormais la suite du programme. « Trois démolitions sont aujourd’hui achevées [...] et plusieurs centaines de logements ont déjà été réhabilités et livrés à leurs habitants. Ce travail de fond, souvent invisible, est le socle sur lequel nous bâtissons aujourd’hui. »
Mail piéton, parvis et "forêt urbaine tropicale"
La nouvelle étape se joue donc autour des espaces publics. La rue Raymond-Barre doit être requalifiée tandis qu’un nouveau parvis sera aménagé devant l’école de Beaulieu afin de sécuriser les déplacements des élèves.
Un mail piéton doit également relier les résidences Europe et Fragrance. Une aire ludique comprenant des jeux, un city-stade et un espace de street workout est prévue, ainsi que de nouvelles places de stationnement et des aménagements paysagers.
L’enjeu est de recomposer les circulations et les usages entre les logements, l’école et les espaces de loisirs, plutôt que de réaliser un équipement isolé.
« Votre quotidien va se transformer », a promis Patrice Selly aux habitants en détaillant les différents aménagements.
Cette première tranche sera suivie courant 2027 d’une seconde intervention aux abords de la résidence Fragrance et de la rivière des Marsouins. La commune annonce notamment la création d’une « forêt urbaine tropicale », présentée comme un espace de fraîcheur et de biodiversité destiné à participer à l’adaptation du quartier au changement climatique.

Nouvelle école Les Girofles et nouveau pôle culturel
Dans le secteur de Labourdonnais, parmi les opérations les plus importantes figure la nouvelle école Les Girofles. Elle doit compter 25 classes élémentaires et une cour végétalisée de 1 200 m². La consultation des entreprises doit précéder un démarrage prévisionnel des travaux début 2027, pour une livraison à la rentrée 2029.
Sur le volet culturel, Patrice Selly a également annoncé la constitution, à terme, d’un véritable pôle autour du théâtre Les Bambous, de la MJC et du nouveau Bisik. Ce dernier doit disposer d’une salle de concert de 500 places pouvant prétendre au label Scène de musiques actuelles, ainsi que, dans un second temps, d’une école municipale de musique. Une salle multi-activités doit également remplacer le dojo actuel
22 opérations sur 24 engagées d’ici fin 2026
Le calendrier doit désormais s’accélérer. Sur les 24 opérations conventionnées avec l’ANRU, 22 doivent être engagées d’ici la fin de l’année, représentant 94 % des subventions mobilisées. L’ensemble doit être conduit à son terme entre 2029 et 2030.
Pour Fabrice Bonicel, la réussite dépendra notamment de la continuité du travail entre l’État, la commune, l’ANRU, les bailleurs et les autres partenaires. « Un projet de cette ampleur ne peut réussir que s’il repose sur une mobilisation collective. »


