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"Il n’est pas seulement mort, ils l’ont éliminé" : aux assises, la douleur des proches d’Assani Inzoudine, victime de l’incendie meurtrier du Tampon

Ecrit par Sébastien Gignoux – le mercredi 2 septembre 2026 à 17H28
Assani Inzoudine est décédé dans l'incendie volontaire de son appartement le 23 septembre 2022 au Tampon (DR).

Face aux dénégations des deux accusés, les proches d’Assani Inzoudine, tué dans l’incendie de son appartement du Tampon en 2022, ont dépeint à la cour d’assises « quelqu’un de bien, de trop gentil. »

Les photos défilent sur les écrans disposés sur les murs de la salle d’audience. Assani Inzoudine, 37 ans, y apparait toujours vêtu de blanc « sa couleur préférée », son éternel foulard noué sur la tête « pour tenir ses oreilles qu’il trouvait grandes », raconte avec émotion Sounia, sa sœur aînée.

Invitée à témoigner au troisième jour du procès des meurtriers de son frère, tué dans l’incendie de son appartement en septembre 2022 au Tampon, la jeune femme vient brosser mercredi 2 septembre à la cour d’assises de La Réunion le portrait de celui qui se faisait appeler « Teddy ».

"Un papa poule"

« C’était quelqu’un de bien. Il était gentil, trop gentil, jamais agressif, toujours à rendre service à la famille et aux amis », décrit-elle. « C’était un papa poule aussi, qui amenait ses enfants à l’école, jouait avec eux. »

Consciente cependant des difficultés rencontrées par le couple souvent alcoolisé qu’il formait avec Adeline Racaye, ce qui leur avait valu le retrait de la garde de leurs trois enfants, elle avait plusieurs fois tendu des perches à sa belle-sœur. « Je lui disais qu'il fallait qu’elle arrête de boire, sinon elle ne pourrait même plus leur rendre visite. Je lui proposais mon aide pour meubler l’appartement, mais elle ne donnait jamais suite », poursuit la sœur ainée de Teddy.  

"De l'huile bouillante sur le torse"

Si le casier d’Assani Inzoudine porte trace d’une condamnation à du sursis pour des violences sur conjoint remontant à 2017, c’est un autre épisode de violences exercées par Adeline envers lui que retient sa famille. « Un jour, elle a jeté de l’huile bouillante sur le torse de Teddy, qui a été brûlé au troisième degré. Quand elle m’a ouvert, j’ai vu la haine dans son regard. Mais lui a toujours refusé de déposer plainte. Il la protégeait », affirme Sounia.

S’agissant des faits, l’incompréhension le dispute à la colère. « Il n’est pas seulement mort, ils l’ont éliminé » lâche-t-elle, émue. « Mon grand-père qui travaillait à la morgue n’avait jamais vu ça : le corps tenait dans un sac, il n’y avait presque plus rien », détaille la sœur de Teddy, qui a refusé de voir les photos « pour que ces images ne me hantent pas. »

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Une famille en quête "de vérité"

Concernant leur cousin Ibrahim, l'autre accusé du procès, elle dénonce « une trahison », alors qu’Assani l’avait accueilli sous son toit. « Ce que je veux de ce procès, c’est la vérité », termine-t-elle.

Difficile de savoir si les proches de Teddy l’obtiendront, alors qu’Adeline Racaye s’est emmurée dans ses dénégations lors de la suite de son interrogatoire ce mercredi matin. « Je n’ai pas mis le feu, en fait », répète-t-elle quand Me Séverine Ferrante, partie civile, s’étonne que ses pieds n’aient pas été brûlés lorsqu’elle aurait traversé, nue, l’appartement en proie à l’incendie. « Vous seule avez évoqué le charbon et le pétrole, et vos brûlures au visage font penser à un retour de flammes », observe l’avocate saint-pierroise.

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« Vous avez parlé d’une fuite de gaz au début, puis vous avez dit que vous dormiez alors que l’expert a noté un départ de feu sur votre lit », embraye l'avocat général à l'adresse de l'accusée. « Aujourd’hui, vous avez perdu la mémoire. Vous donnez le sentiment de quelqu’un qui ment, Madame, et les jurés en tireront sûrement les conséquences », assène le magistrat. Réquisitoire et plaidoiries sont attendus jeudi.  

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