Une fillette battue avec un câble de téléphone à Saint-Denis, sa belle-mère condamnée

Jugée pour violences habituelles sur sa belle-fille de huit ans, une jeune mère de famille résidant le chef-lieu a été condamnée à six mois de prison avec sursis.
L’information préoccupante est remontée d’une école élémentaire de Saint-Denis jusqu’à la brigade des mineurs du STPJ en février dernier. Se confiant à l’équipe enseignante, une fillette de huit ans révèle avoir été frappée dans le dos et sur les jambes à coup de câble de recharge de téléphone par sa belle-mère pour avoir « fait pipi au lit. »
"Lésions récentes, anciennes et semi-anciennes"
Et il ne s’agit visiblement pas d’un fait isolé. Examinée par un médecin, la fillette présente « des lésions récentes, mais aussi des lésions anciennes et semi-anciennes », à des stades de cicatrisation différents révélant que la victime a fait l’objet de ce genre de corrections à plusieurs reprises et sur une période étendue.
Constatant également « la détresse psychologique » de la mineure, le parquet délivre aussitôt une ordonnance de placement provisoire. L’enfant explique que sa belle-mère, maman de deux autres petits enfants nés du remariage de son père, la bat régulièrement depuis sa venue de Mayotte en 2024. Ou en tout cas, la petite fille reçoit des coups de câble et des gifles « quand je fais des bêtises », précise-t-elle.
"Je ne suis pas agressive"
Le père, souvent en déplacement, dit n’avoir rien vu. La belle-mère, 27 ans, est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour violences habituelles sur mineur par personne ayant autorité, après avoir reconnu « deux ou trois » épisodes de violences.
« J’ai mal réagi », confirme-t-elle à la barre ce vendredi 28 août, tout en minimisant la fréquence des scènes. « Je ne comprends pas, je ne suis pas agressive. Je regrette », poursuit la prévenue.
« Mais, avez-vous subi des violences dans votre enfance, de la part de vos parents ? On vous frappait avec des objets ? », questionne la présidente. « Non, pas du tout », répond la jeune femme, qui indique attendre un nouvel enfant.
Violences "ancrées dans son quotidien"
« Il y a quand même beaucoup de cicatrices, des hématomes. Ces violences étaient ancrées dans son quotidien », plaide l’avocate mandatée par l’Arajufa dans l’intérêt de la mineure. « Depuis qu’elle est en famille d’accueil et a changé d’école pour ne plus voir ses demi-frères et sœurs, elle va beaucoup mieux et reprend peu à peu confiance envers les adultes », ajoute-t-elle.
Pour le parquet, « le travail en commun de la justice, la police, l’Education nationale et l’Aide sociale à l’enfance a permis d’aboutir à une mesure de protection et une réponse pénale rapidement. » « Même si elle reconnait à demi-mots ces soi-disant violences éducatives, le dossier témoigne d’un fonctionnement régulier », reprend la procureure, en réclamant contre la jeune mère six mois de prison avec sursis et la participation à un stage sur la responsabilité parentale.
Réquisitions suivies par le tribunal, invitant la prévenue « à réfléchir sur la manière d’élever des enfants. »


