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Fillette oubliée dans un bus scolaire : la STOI s'explique et sanctionne le chauffeur

Ecrit par P.M. – le samedi 22 août 2026 à 14H08
"C'est la première fois et on est en train de mettre les choses en place pour que ça soit la dernière fois que ça arrive", assure le directeur administratif et financer de STOI (capture d'écran).

Au lendemain de la découverte d'une fillette de trois ans oubliée dans un bus scolaire à Saint-Benoît, la STOI donne sa version des faits. Son directeur administratif et financier confirme qu'une mise à pied a été prononcée à l'encontre du chauffeur, indépendamment de la demande formulée par la Cirest. L'entreprise revient surtout sur l'organisation des contrôles à bord et assure qu'une dernière vérification par le conducteur sera désormais, de nouveau, systématique.

Après la réaction et les sanctions de la Cirest, la STOI (Société de Transport de l'Océan indien), qui assure une partie des lignes de transport scolaire de Saint-Benoît pour le compte de l'intercommunalité, donne à son tour sa version.

Son directeur administratif et financier, Benoît Molusson, a joint notre rédaction ce samedi matin "pour dire comment les choses se sont passées", après la découverte, la veille, d'une fillette de trois ans restée seule dans un bus après la tournée scolaire du matin, comme l'a révélé Zinfos974.

Le responsable indique que c'est toute l'entreprise a été choquée par cet incident, une situation qui, selon lui, ne s'était encore jamais produite au sein de la STOI. "C'est la première fois et on est en train de mettre les choses en place pour que ça soit la dernière fois", assure-t-il.

Lire aussi : Fillette de 3 ans oubliée dans un bus : deux agentes suspendues, la Cirest réclame une sanction contre le chauffeur

Le chauffeur mis à pied par la STOI

Dans son communiqué diffusé vendredi soir, la Cirest a annoncé, pour rappel, la suspension conservatoire immédiate des deux accompagnatrices de transport scolaire (ATS) présentes dans le véhicule. Toutes deux ont été retirées du service et doivent faire l'objet d'une mesure disciplinaire qui reste à définir.

L'intercommunalité avait également "formellement sommé" la STOI de prendre des "mesures disciplinaires équivalentes et immédiates" à l'encontre de son conducteur. Une sorte d'injonction peu appréciée du côté de la STOI : "On sait prendre nos responsabilités et ce que l'on a à faire", réagit son directeur administratif et financier.

Benoît Molusson confirme qu'une sanction disciplinaire, sous la forme d'une mise à pied, a été prononcée à l'encontre du chauffeur. Il tient cependant à préciser qu'il s'agit d'une décision prise en interne par la STOI au regard des faits, et non d'une mesure décidée par la Cirest.

La STOI souligne par ailleurs que le conducteur travaille depuis quinze ans pour l'entreprise et présentait jusque-là un parcours professionnel "irréprochable". "Il accuse le coup, il a accepté sa sanction et la comprend", indique Benoît Molusson.

Depuis l'incident, la société a rappelé à l'ensemble de ses chauffeurs "le règlement intérieur et l'obligation, même si la Cirest double les ATS, de revérifier tous les véhicules à chaque fin de service".

Qui devait effectuer le dernier contrôle ?

Au-delà de la sanction, la STOI pointe à son tour des "dysfonctionnements à différentes échelles" et apporte des précisions sur la répartition des contrôles à bord du véhicule, dont l'organisation aurait évolué à la rentrée.

Selon Benoît Molusson, la Cirest a renforcé la présence des accompagnateurs dans les bus et leur a confié le comptage des enfants.

"La Cirest a doublé les ATS en nous disant : c'est nous qui nous occupons des enfants, vous avez juste à regarder s'il reste des objets oubliés. Mais tout ce qui est enfants, c'est nous qui nous en occupons, avec un listing de montée dans le bus et de descente. Comment ont-ils pu cocher le fait que l'enfant soit descendue alors qu'elle était encore dans le bus ?", s'interroge-t-il.

La Cirest a indiqué de son côté que ces deux agentes concernées sont "dûment formées et titulaires des attestations réglementaires" et considère que l'incident résulte non pas d'un défaut de formation, mais d'un "manquement individuel grave et inexcusable aux procédures strictes de contrôle visuel en fin de ligne". 

Selon l'intercommunalité, cette obligation s'imposait à l'ensemble de l'équipage, soit aux deux ATS comme au conducteur de la STOI.

Une vérification désormais systématique par le chauffeur

Même jugement du côté de la STOI sur la gravité des faits. "C'est inadmissible ce qui s'est passé, que ce soit au niveau des ATS, du chauffeur et de l'école, qui aurait dû appeler la mère puisque l'enfant était absente", estime Benoît Molusson.

À la suite de l'incident, le responsable annonce que les chauffeurs procéderont désormais systématiquement, comme c'était le cas auparavant, à une dernière vérification de leur véhicule à l'issue de chaque tournée scolaire, en complément du contrôle effectué par les accompagnateurs, même si la société assure qu'elle n'a jamais donné aux chauffeurs de "consignes pour ne plus faire de contrôle systématique".

La Cirest a, de son côté, déclenché un contrôle renforcé du respect des protocoles de sécurité sur l'ensemble de son réseau de transport scolaire. Cet audit, commencé vendredi, doit se poursuivre lundi.

La porte du bus n'était pas fermée

Benoît Molusson revient également sur les circonstances dans lesquelles la fillette a été retrouvée et sur les minutes qui ont suivi.

Selon le responsable, le bus était stationné au dépôt de la STOI et sa porte n'avait pas été fermée, permettant une ventilation naturelle du véhicule. Après avoir découvert l'enfant à bord, le personnel de l'entreprise l'a immédiatement prise en charge. "Elle a été nourrie et hydratée", précise-t-il.

La petite fille allait bien et, une fois entourée par les salariés, s'est notamment mise à dessiner et à regarder des dessins animés.

Sans apporter de précision sur l'heure exacte de la découverte de l'enfant, le responsable indique que la STOI a immédiatement prévenu la Cirest. Selon son récit, l'intercommunalité aurait proposé d'envoyer une personne sur place sans la mère, ce que l'entreprise aurait refusé, souhaitant que l'enfant soit remise à sa mère ou, à défaut, aux gendarmes.

La mère est finalement venue récupérer sa fille au dépôt puis serait repartie accompagnée de sa sœur. Elle aurait alors fait savoir son intention de déposer plainte.

Un autre contrôle défaillant à l'école

Les investigations doivent désormais permettre de déterminer précisément comment les différents contrôles censés protéger les enfants ont pu successivement échouer.

La Cirest fait elle aussi état d'un autre maillon défaillant, celui de l'école, où un "quatrième contrôle" n'aurait pas été effectué au niveau de la classe de l'enfant : le croisement entre la liste des enfants transportés et leur présence effective en classe.

Entre le comptage des enfants à bord, la vérification attendue du conducteur et le contrôle de la présence de l'élève à l'école, c'est une succession de défaillances qui aurait pu avoir des conséquences bien plus graves. La STOI comme la Cirest assurent désormais vouloir tout mettre en œuvre pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise. 

Etiquettes : Cirest | École | Saint-Benoît | Transport

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