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Biodiversité : comment le Gecko poussière d'or s'infiltre au cœur de nos forêts péi

Ecrit par Zinfos974 – le dimanche 23 août 2026 à 07H13
Samantha Levang, CC BY 2.0 , via Wikimedia Commons

Arrivé à La Réunion dans les années 1970, le Gecko poussière d'or ne se contente plus du confort des jardins urbains. Dans une publication scientifique parue dans la revue internationale Herpetology Notes (publiée le 3 juillet 2026), des herpétologues et naturalistes de l'île révèlent que ce lézard exotique colonise désormais la flore indigène et endémique. Une étude de terrain 100 % péi qui met en garde contre une menace grandissante pour nos espèces locales.

Pour mesurer l'ampleur du phénomène, ce sont des équipes d'experts et de passionnés bien connus à La Réunion qui se sont mobilisés. Les données ont été récoltées entre 2025 et 2026 lors de suivis continus sur le terrain par les associations Nature Océan Indien (Petite-Île), Nature & Patrimoine des Mascareignes (Villèle) et l'AHPAM, en collaboration avec l'Université Paul Sabatier et l'Université Ben Gourion du Néguev.

C'est au cœur du jardin botanique du Domaine du Café Grillé, à Saint-Pierre, que les chercheurs locaux ont concentré leurs observations. Le constat dressé par ces acteurs de terrain est sans appel : le squatteur s'est parfaitement acclimaté à la végétation péi.

Lire aussi : Biodiversité : un élevage temporaire pour relancer la reproduction du gecko vert de Manapany

Du Vacoa au Bois d'éponge : une adaptation redoutable sous l'œil des chercheurs

Au total, l'équipe locale a répertorié l'usage de 21 espèces de plantes natives et endémiques par le Gecko poussière d'or (Phelsuma laticauda). Loin d'être déstabilisé par ces arbres qu'il ne connaissait pas à son arrivée, le reptile y a rapidement pris ses habitudes : il s'en sert pour se déplacer, se chauffer au soleil, s'abriter et se nourrir.

Nectar, sève, ou insectes perchés sur le Bois d'éponge (Polyscias cutispongia) : le Gecko poussière d'or exploite toutes les ressources disponibles. Les observateurs ont même comptabilisé jusqu'à 14 individus rassemblés simultanément sur un seul palmier en fleur. Plus inquiétant encore pour la flore péi, des preuves de reproduction ont été relevées au cœur même des Vacoas (Pandanus utilis).

Vers une compétition fatale pour nos geckos endémiques ?

Cette grande flexibilité écologique observée par les scientifiques pose un problème majeur : la concurrence directe avec notre faune locale. Dans les secteurs suivis, le Gecko poussière d'or partage désormais le même territoire que le Gecko vert de Manapany (Phelsuma inexpectata), une espèce emblématique de La Réunion fortement menacée d'extinction.

Si une cohabitation temporaire reste observée grâce à un partage de l'espace (le nouveau venu ayant une nette préférence pour les Vacoas), la pression s'accentue. À terme, la colonisation des milieux naturels par cette espèce exotique risque d'entraîner une compétition pour la nourriture et les abris, au détriment de nos geckos péi. Pour les auteurs de l'étude, ces observations de terrain soulignent l'urgence de renforcer la surveillance et la gestion proactive de cette prolifération sur l'île.

Le lien vers l'article (en anglais)

Etiquettes : Biodiversité | Saint-Pierre

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