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Logement social : l’État réunit la filière et confirme une LBU à 43,4 millions d’euros

Ecrit par Zinfos974 – le vendredi 21 août 2026 à 09H49
Photo d'illustration

Deux jours après la nouvelle charge d’Huguette Bello contre la baisse des crédits du logement social, la préfecture a réuni mercredi les acteurs de la filière à Saint-Denis. L’État confirme le relèvement de la Ligne budgétaire unique (LBU) de 26,9 à 43,4 millions d’euros et annonce un appel à projets pour développer des habitats « innovants et durables ». Une rallonge significative, mais qui laisse les crédits très en dessous de leurs niveaux de 2024 et 2025.

La réunion était particulièrement attendue. Mercredi 19 août, le préfet de La Réunion a rassemblé à l’Orangerie, à Saint-Denis, les acteurs du logement à l’occasion d’un séminaire consacré au financement et à la production de logements. Une rencontre qui intervient alors que la diminution des crédits de l’État cristallise depuis plusieurs mois les inquiétudes de la filière.

Le sujet avait encore été remis sur la table la veille par Huguette Bello. Dans un communiqué diffusé mardi, la présidente de Région estimait que, malgré la rallonge annoncée par l’État, « le compte n’est toujours pas bon ».

Le constat dressé par la collectivité est particulièrement préoccupant : plus de 50 000 ménages sont en attente d’un logement à La Réunion et 150 000 Réunionnais seraient concernés par le mal-logement. En parallèle, seuls 1 739 logements sociaux ont été livrés en 2024.

Une rallonge de 16,5 millions d’euros confirmée

C’est dans ce contexte que la préfecture confirme désormais officiellement l'augmentation des moyens consacrés à la Ligne budgétaire unique, principal outil de financement du logement social en Outre-mer.

Les autorisations d’engagement pour La Réunion passent ainsi de 26,9 millions à 43,4 millions d’euros, soit 16,5 millions d’euros supplémentaires.

Cette rallonge a été obtenue après plusieurs mois de mobilisation. La baisse initialement envisagée des crédits avait provoqué une levée de boucliers sur l’île, avec notamment une manifestation le 20 mai, un courrier adressé au Premier ministre puis une motion cosignée par les acteurs du logement et déposée en préfecture le 24 juin.

Mais si l’enveloppe de 43,4 millions marque une nette amélioration par rapport aux 26,9 millions initialement prévus, elle demeure très éloignée des crédits mobilisés les années précédentes : 85,65 millions d’euros en 2024 et 78,5 millions en 2025.

C’est précisément ce que dénonçait Huguette Bello à la veille du séminaire. « Aucun acteur local, aussi engagé soit-il, ne pourra compenser un désengagement significatif de l’État », avertissait la présidente de Région, qui demande toujours un renforcement de la LBU.

Lire aussi : Logement social : Huguette Bello demande à l’État de renforcer ses crédits

L’État veut « réinterroger le modèle actuel »

De son côté, la préfecture met en avant la nécessité d'élargir les sources de financement. Le séminaire avait ainsi pour objectif de présenter les dispositifs mobilisables au-delà de la seule LBU et de réfléchir collectivement aux moyens de soutenir la production de logements dans un contexte budgétaire contraint.

L’État estime que la situation impose de « réinterroger le modèle actuel », avec une mobilisation allant au-delà des seuls bailleurs sociaux.

Parmi les pistes évoquées figurent l’optimisation des ressources financières, les partenariats public-privé, l’évolution des modèles architecturaux et constructifs, la maîtrise des coûts de construction ou encore le développement de matériaux locaux et biosourcés.

Une orientation qui fait directement écho au débat engagé avec la Région. Huguette Bello avait justement prévenu qu'une réflexion collective sur le modèle ne devait pas occulter, selon elle, le problème immédiat du niveau des crédits : « Une telle démarche ne saurait masquer en aucun cas le problème grave et urgent auquel nous sommes confrontés : la baisse importante de la LBU ».

Un appel à projets lancé en septembre

La principale nouveauté annoncée mercredi par le préfet concerne le lancement d’un appel à projets baptisé « Habitats innovants et durables à La Réunion ».

Mené en partenariat avec les collectivités et les opérateurs intéressés, le dispositif doit permettre d’expérimenter de nouvelles solutions pour produire davantage de logements abordables, tout en réduisant les coûts de construction et d’exploitation.

L’ambition est également de favoriser l’émergence de filières locales de matériaux et de savoir-faire et de contribuer à l’insertion professionnelle. L’appel à projets doit être lancé en septembre 2026, pour une sélection des lauréats attendue au deuxième trimestre 2027.

Le séminaire a par ailleurs permis de présenter plusieurs évolutions nationales susceptibles de concerner La Réunion, notamment le troisième programme de renouvellement urbain porté par l’ANRU et inscrit dans le projet de loi « Relance logement ». Une enveloppe prévisionnelle de 5 milliards d’euros est annoncée à l’échelle nationale.

Reste donc une équation qui n'est pas réglée par la réunion de mercredi. Si l’État a quasiment doublé l’enveloppe initialement envisagée pour la LBU réunionnaise, les moyens restent nettement inférieurs à ceux des deux années précédentes, alors même que la demande de logements sociaux demeure massive. Entre recherche de nouveaux modèles de financement et demande d’un engagement budgétaire accru de l’État, le bras de fer sur les moyens du logement à La Réunion est loin d’être terminé.

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