Savoirs fondamentaux, langage, intelligence artificielle : les ambitions du recteur pour la rentrée scolaire 2026

À la veille d’une rentrée scolaire qui concernera 214.000 élèves à la Réunion, le recteur Rostane Mehdi évoque les grands enjeux de l’académie, traversée par la crise provoquée par la baisse des financements par l’État des contrats PEC et en proie à la question des téléphones portables et de l’intelligence artificielle dans les établissements.
« Je veux saluer l’engagements des communes qui ont fait des efforts ». Interrogé par un journaliste ce lundi 17 août sur les conséquences de la baisse du nombre de contrats PEC alloués au fonctionnement des écoles, le recteur Rostane Mehdi a fait part de sa reconnaissance envers les collectivités qui tenteront d’empêcher, avec leurs propres moyens, une année scolaire 2026-2027 en mode dégradé dans les écoles des 24 communes de l’île.
À titre d’exemple, si la ville de Sainte-Marie a choisi de financer (sans réelle certitude d’équilibrer cette dépense dans son budget) l’embauche de 135 CDD pour un million d‘euros afin de compenser la perte de ses contrats PEC, la ville de Saint-Joseph a, pour sa part, pris le parti de ne plus financer les activités périscolaires pour garantir le bon accueil des enfants dans les écoles.
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Malgré 1.797 élèves en moins que lors de la rentrée de l'année dernière, la mission ne s’annonce pas plus aisée pour autant pour les 22.919 agents de l’Éducation nationale mobilisés à partir du18 août. Le cap fixé par le ministère, « Instruire et protéger », sera décliné avec les moyens dont dispose l’académie de la Réunion, où les violences n’épargnent pas les familles en proie, plus encore que dans l’Hexagone, à de fortes difficultés sociales.
Former aux compétences et à la citoyenneté
« Protéger et instruire sont les deux conditions d'une même ambition », a fait valoir ce lundi matin Rostane Mehdi lors d’une conférence de presse de rentrée au collège Jules-Reydellet à Saint-Denis. Le recteur a insisté sur le rôle de l’instruction, laquelle doit permettre d’acquérir des compétences, mais aussi de former des citoyens éclairés, capables de raisonner scientifiquement dans un monde où la théorie d’une planète Terre plate gagne du crédit au sein de la population.
L’acquisition des savoirs fondamentaux devient donc, plus encore qu’hier, le socle sur lequel se bâtit l’éducation des enfants. Parmi ce savoir figure le langage, avec « l’enseignement du vocabulaire qui devient un enseignement à part entière », pour permettre à l’élève de « disposer d'un lexique qui permet de comprendre, de nommer les choses avec précisions et donc d'exercer la plénitude de sa capacité de raisonnement ».
Avec l’arrivée prévue en 2028 de la spécialité langue régionale au baccalauréat, l’académie de la Réunion entend montrer qu’elle appréhende le sujet de longue date, avec 258 écoles engagées dans l’enseignement du créole, 8.000 élèves de primaire sensibilisés ainsi que 40 collèges et 7 lycées.
213.952 élèves dans les salles de classe
Dictée quotidienne, enseignement « explicite » de la grammaire, quart d’heure de lecture, nouveaux programmes de mathématiques, tests d’aptitude physique ou lutte contre les drogues figurent parmi les grands thèmes mis en avant par le recteur pour cette rentrée scolaire qui ramènera 213.952 élèves dans les salles de classe. Selon les projections du rectorat, ils seront 24.600 de moins dans 10 ans, principalement en raison de la baisse du nombre de naissances dans l’île.

Ce mardi 18 août, environ 9.500 élèves porteurs d’un handicap prendront le chemin d’un établissement scolaire primaire ou secondaire. Rostane Mehdi indique que 100 millions d’euros sont consacrés chaque année par l’État à l’école inclusive à la Réunion, et que si « 93,5% des besoins sont satisfaits », il ne s’en « contente pas ». Pour preuve, un inspecteur dédié à l’école inclusive dans le second degré vient d’être recruté par l’académie.
Apprendre aux élèves à gérer l'intelligence artificielle
Autre préoccupation, « l’irruption de l’IA dans la vie scolaire », avec les craintes qu’elle fait peser sur la tentation chez les enfants et adolescents d’abandonner, par facilité, la réflexion personnelle et le travail d’apprentissage de la mémoire. Rostane Mehdi a annoncé la mise en place d’un comité restreint chargé d’établir une gouvernance académique sur ce dossier mouvant de l’intelligence artificielle.
Plutôt que d’interdire son utilisation, l’académie préfèrerait responsabiliser les élèves et les aider à faire un bon usage de l’IA, déjà omniprésente dans leur vie de tous les jours. Même approche pour le téléphone portable dans les lycées : son utilisation sera interdite principalement dans les salles de classe et les couloirs, mais acceptée dans certaines zones dédiées. Reste aux établissements concernés à délimiter ces zones et à inscrire ce fonctionnement dans leur règlement intérieur, souligne le rectorat.



