Hommage à Lyhanna : à Saint-Denis, une mobilisation citoyenne pour la protection des enfants

Délais à rallonge, classement sans suite des affaires... Des associations d'accompagnement de victimes se sont rassemblées pour demander une meilleure protection des enfants.
Une minute de silence a été observée sur le parvis du tribunal de Champ-Fleuri, à Saint-Denis ce lundi après-midi. Tous étaient là pour rendre hommage à Lyhanna, jeune collégienne retrouvée morte le jeudi 4 juin dans le Gers, mais aussi à toutes ces "petites" victimes, partout en France. Successivement, les associations d'accompagnement et de défense des victimes ont pris le micro.
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Parmi elles, la présidente de l'association EPA (Écoute-moi, protège-moi, aide-moi), Jessy Yong Peng. Face à une foule de 200 personnes, elle a ouvert les prises de parole : "On a voulu organiser cette mobilisation citoyenne devant le tribunal. C'est symbolique. On n'en veut pas à nos magistrats", débute-t-elle. Cette mobilisation est à l'initiative d'une association dans l'Hexagone, relayée jusqu'à notre île. Concernant les violences faites aux enfants, Jessy Yong Peng précise : "c'est normal qu'on se mobilise [...] On est très en colère. Au-delà de ça, on se demande : quelle est la solution pour que cela ne se reproduise plus jamais ?"

8000 enfants concernés à La Réunion
Concernant les chiffres à La Réunion, Jessy Yong Peng embraye : "Il y a environ 8 000 enfants concernés par des soupçons de maltraitance", selon les chiffres du Département de La Réunion. Une situation plus que "préoccupante" sur notre territoire. "C'est une faute de moyens, sans doute une faute de formation. C'est un échec", déplore Audrey Coridon du collectif Stop VIF Protégeons nos enfants.
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Au cœur de cet hommage, l'objectif était d'alerter les décisionnaires afin de décupler les moyens mis à disposition des acteurs pour la protection des enfants. En commençant par appliquer la CIVIISE 1 (Commission indépendante sur l'inceste et les violences faites aux enfants), créée en 2022 par Emmanuel Macron.
Il s'agit d'une série de mesures visant à lutter contre toutes les formes de violences commises à l'encontre des enfants, déclinées en quatre axes : le repérage des enfants victimes, le traitement judiciaire, la réparation incluant les soins et la prévention des violences sexuelles. "On demande l'application des mesures de la Civiise 1", conclut Jessy Yong Peng.
Peu de procureurs en France
Ce rassemblement a, en plus de réunir diverses associations (Colosse aux pieds d'argile, CEVIF, etc.), des travailleurs sociaux, des élus de différentes mairies (Saint-Denis et Sainte-Marie, entre autres), la présidente de Région Huguette Bello, des avocats et surtout des citoyens. Un rassemblement similaire s'est produit devant le tribunal de Saint-Pierre et un autre à l'Étang-Salé.

Dans l'Hexagone, la mobilisation prévue devant le siège du ministère de la Justice a été interdite par la préfecture.
La mort de Lyhanna a suscité une vive émotion dans toute la France et de l'indignation : le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs généraux "une mobilisation générale" et assure que "70 000 plaintes" doivent être révisées d'ici le 14 juillet.
Une position qui semble crisper, puisque la France accuse un retard : notre pays compte par exemple quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne pour 100 000 habitants.


