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“Ce sont des ladi lafé” : Patrice Selly réfute toute malversation dans le dossier de la ZAE Paniandy

Ecrit par P.M. – le vendredi 22 mai 2026 à 15H23
“Je le dis comme je le pense : aujourd’hui, c’est une espèce de cabale”, affirme Patrice Selly (photo Cirest).

L’ancien président de la Cirest et actuel premier vice-président chargé des affaires économiques dénonce des “on-dit” et des accusations sans preuve autour de l’attribution de terrains économiques par la Cirest à Bras-Panon. Patrice Selly assure que les procédures ont été respectées et défend également l’administration de l’intercommunalité, tout en n’excluant pas une éventuelle enquête interne.

Alors que des soupçons circulent autour de l’attribution de terrains économiques au sein de la Cirest, Patrice Selly, ancien président de l’intercommunalité et désormais premier vice-président chargé des affaires économiques, réfute fermement toute malversation. 

Lors d’un entretien, l’élu dénonce “des ladi lafé et des on-dit” destinés, selon lui, à “jeter l’opprobre” sur les élus, la collectivité et son administration. “Ce sont des ladilafé et des on-dit. Tout ça pour jeter l’opprobre sur les élus, sur une collectivité en particulier et sur une administration également”, affirme-t-il.

“Je ne vais pas répondre à des accusations qui n’existent pas”, poursuit-il, assurant n’avoir connaissance d’aucune plainte ni enquête officielle. “Moi, j’apprends les choses par la presse.”

“L’homme à abattre”

Patrice Selly estime faire l’objet d’attaques récurrentes depuis plusieurs années. “Ça fait un moment que je suis, pour certains dans la sphère médiatique et politique, l’homme à abattre’”, déclare-t-il.

“Ça dérange des gens de voir quelqu’un comme moi, issu d’un milieu modeste, qui a réussi professionnellement, politiquement, de couleur, arriver à avoir de telles responsabilités. Ça doit déranger certaines personnes”, poursuit Patrice Selly.

L’élu évoque, selon lui, un “contexte politique” autour de cette affaire, estimant que les accusations émergent dans un calendrier particulier, peu après l’installation de la nouvelle gouvernance de la Cirest.

“Je le dis comme je le pense : aujourd’hui, c’est une espèce de cabale”, affirme-t-il, évoquant également des tensions provenant “de la sphère politique des communes de l’Est”.

Une procédure “dans le respect de la réglementation”

L’ancien président de la Cirest revient sur la procédure d’attribution des terrains dans le cadre de l’extension de la zone d’activité de Paniandy, à Bras-Panon.

Selon lui, la collectivité avait choisi de recourir à un appel à manifestation d’intérêt (AMI), “bien qu’aucune obligation réglementaire ne l’impose dans le cadre d’attributions de foncier communautaire”.

“Il y a eu 115 dossiers déposés. Il n’y en a que 13 qui sont passés”, souligne-t-il, en évoquant un cahier des charges “très rigoureux”.

Patrice Selly reconnaît néanmoins que certains dossiers ont finalement été sortis du cadre de l’AMI pour être examinés directement en conseil communautaire.

“On a constaté que l’AMI était peut-être trop contraignant pour certaines entreprises, qui n’étaient pas en capacité de fournir les éléments demandés. Cela aurait privé des entreprises du territoire de se développer”, explique-t-il.

Pour l’élu, le but était d’éviter que la majorité des terrains ne reviennent à de grandes entreprises extérieures au territoire de l’Est.

“Il y avait beaucoup de demandes venant de l’Ouest, de grosses sociétés, et même hors territoire de la Cirest”, précise-t-il.

“Ce n’est pas moi qui instruis les dossiers”

Patrice Selly insiste sur le rôle de l’administration dans le traitement des candidatures.

“Ce n’est pas moi qui instruis les dossiers”, pointant la direction de l’économie de la Cirest, à l’origine du “cahier des charges, de la réception des dossiers, de leur notation et de la rédaction des rapports présentés aux élus”. Rappelons sur ce point que la note des services était justement absente pour les dossiers de février.

Interrogé sur la confiance qu’il accorde à ses équipes, il l’affirme tout en nuançant sa réponse : “Je n’ai pas dit que j’avais une confiance absolue. J’ai dit que ce sont eux qui traitent les dossiers.”

Concernant les entreprises attributaires, Patrice Selly assure que toutes étaient immatriculées, même si certaines étaient en cours de création au moment du dépôt de leur candidature. Il indique également que certaines structures ont été invitées à évoluer vers des sociétés commerciales afin d’éviter “toute spéculation foncière”.

“Extrêmement serein”

Face aux témoignages anonymes évoquant d’éventuelles tentatives de corruption, Patrice Selly affirme ne pas avoir connaissance de plainte. “C’est trop facile de dire : je ne porte pas plainte parce que j’ai peur d’être blacklisté. C’est trop facile de porter des accusations aussi graves sans preuve”, déclare-t-il.

À ses yeux, on “jette l’opprobre sur les élus, sur une collectivité en particulier et sur une administration également (...) Je ne vais pas répondre à des accusations qui n’existent pas. Sur des choses qui auraient été dites, qui se seraient passées…”.

L’ancien président de la Cirest assure aujourd’hui être “en colère, mais serein. Extrêmement serein”.

Interrogé sur une éventuelle enquête interne, il n’écarte pas cette possibilité : “Ce n’est pas exclu. J’en discuterai avec le président.”

Interrogée sur le sujet par le Quotidien, la Cirest affirme “qu’aucune situation de corruption ni de clientélisme n’a présidé à l’attribution des parcelles de l’extension” de la ZAE Paniandy. En précisant notamment que “toute cession d’immeubles ou de droits réels immobiliers donne lieu à une délibération motivée de l’organe délibérant et n’est pas soumise à concurrence”.

Etiquettes : Bras-Panon | Cirest | Patrice Selly

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