Procès du financement libyen : le parquet requiert la condamnation de Nicolas Sarkozy en appel

Le parquet général de la cour d'appel de Paris a requis ce mardi 12 mai la condamnation de Nicolas Sarkozy pour l'ensemble des faits pour lesquels il est jugé au procès libyen en appel, y compris la corruption et le financement illégal de campagne.
Près de deux mois après l’ouverture du procès en appel du dossier du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007, le parquet général a demandé ce mardi 12 mai la condamnation de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy.
« Il a bien existé un accord entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi aux termes duquel, en récompense des fonds versés par le régime libyen, Nicolas Sarkozy et Claude Guéant devaient entamer des démarches qui visaient la levée du mandat d'arrêt visant Abdallah Senoussi », le beau-frère de Kadhafi, a lancé ce mardi 12 mai l'avocat général Damien Brunet, qui avait déjà demandé la veille la condamnation de l'ex-président pour association de malfaiteurs.
Sarkozy, "l'instigateur"
Lors de cette première journée de réquisitoire, les avocats généraux ont dressé un tableau particulièrement sévère du dossier, évoquant des faits situés « au plus haut niveau de gravité que la République puisse connaître ». Selon l’accusation, l’ancien chef de l’État aurait été « l’instigateur » de rencontres organisées avec des dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi afin d’obtenir un soutien financier illégal pour sa campagne présidentielle de 2007.
Le parquet a également requis la condamnation de plusieurs autres prévenus, parmi lesquels Claude Guéant, Brice Hortefeux, l’intermédiaire franco-libanais Alexandre Djouhri ainsi que l’ancien dignitaire libyen Béchir Saleh.
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Au cœur du dossier figure le soupçon d’un « pacte de corruption » noué dès 2005 entre des proches de Nicolas Sarkozy et le régime libyen de Mouammar Kadhafi. En échange d’un financement occulte de la campagne présidentielle de 2007, des contreparties diplomatiques, économiques et judiciaires auraient été envisagées. Tous les prévenus contestent ces accusations.
En première instance, en 2025, Nicolas Sarkozy avait été relaxé des faits de corruption et de financement illégal de campagne, mais reconnu coupable d’association de malfaiteurs. Il avait alors été condamné à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé, avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire dans l’attente du procès en appel.
Le parquet général avait initialement requis sept ans de prison, 300.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité contre l’ancien président lors du premier procès. Les réquisitions détaillées des peines dans ce procès en appel doivent être formulées demain, mercredi 13 mai.


