"Je ne peux avouer des actes que je n’ai pas commis" : après les nouvelles révélations des Jours, la réponse de Luc Rosello

Mis en cause dans une enquête publiée par Les Jours, l’ancien directeur du Centre dramatique national de l’océan Indien sort du silence. Dans un texte transmis à la presse, il conteste point par point les accusations et dénonce un "tribunal médiatique". Un document dense, offensif, censé rebattre les lignes (ou pas) d’un dossier déjà explosif à La Réunion.
Dans une affaire où les mots pèsent lourd et les silences encore davantage, Luc Rosello choisit désormais de parler. Frontalement. Comme un homme "blessé". Pas dans une salle d’audience, mais dans un droit de réponse adressé à la rédaction des Jours, à l’origine des nouvelles révélations.
Un texte de trois pages, transmis à plusieurs médias locaux, où l’ancien directeur du CDNOI conteste frontalement les accusations d’inceste et de violences sexuelles portées contre lui.
D’emblée, le ton est donné. "Je ne peux avouer des actes que je n’ai pas commis", écrit-il, part le biais de son conseil, Me Valérie Rabearison, refusant de "plaider [sa] défense devant une multitude de témoignages anonymes". Dans le viseur, une enquête qu’il juge partiale, accusée de s’appuyer sur des récits orientés et de s’inscrire dans une forme de "tribunal médiatique", alimenté selon lui par les réseaux sociaux.
Reste que ces faits d'inceste et de viol ne datent pas d'hier, ses filles ayant lancé une procédure judiciaire en octobre 2023.
Récits "inventés" ou "manipulés"
Luc Rosello ne se contente pas de nier. Il attaque. Il met en cause la méthode journalistique, évoquant des témoignages ignorés car ils "n’avaient rien de négatif ou de ‘monstrueux’ à lui révéler". Il conteste également les accusations formulées par plusieurs protagonistes, dont Frédérique Cheynet et son entourage, dénonçant des récits "inventés" ou "manipulés".
Luc Rosello : "Je réfute avec fermeté les allégations portées contre moi par Frédérique Cheynet, ses filles, ses ami.es, et l'ensemble de cette communauté d'aPinités diverses qui, soit inventent totalement des situations abjectes, soit manipulent et détournent de simples vérités en les contorsionnant, pour compléter toujours plus par des crimes ou des délits imaginaires, mon costume de prétendu "monstre incestueux à faire tomber", car il abuserait d'un pouvoir d'emprise démesuré et serait protégé par l'omerta d'un système professionnel et/ou institutionnel, voire même judiciaire."
Le texte revient aussi sur des éléments précis de l’enquête. L'ancien directeur cite notamment le cas d’un licenciement transformé, selon lui à tort, en rupture conventionnelle, ou encore des soupçons d’irrégularités financières qu’il balaie en bloc. "Toutes les sommes obtenues dans le cadre de mes fonctions l’ont été dans la stricte légalité", affirme-t-il.
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À l’appui de sa défense, il invoque un rapport d’inspection de 2023 saluant la qualité de son travail, y compris en matière de ressources humaines.
Mais au-delà de la ligne de défense classique, c’est un récit plus personnel qui affleure. Celui d’un homme qui se dit isolé, pris dans un engrenage médiatique et social. Il évoque ainsi "un effacement programmé et irréversible de l’homme, du père et du professionnel", et remercie ceux qui continuent, en privé, à lui témoigner du soutien sans oser s’exprimer publiquement.
Des "failles"
Luc Rosello reconnaît des "failles", sans lien avec les accusations. "Je ne suis pas un homme parfait", concède-t-il, évoquant des maladresses ou des manques de courage, mais rejetant catégoriquement toute responsabilité pénale ou morale dans les faits dénoncés.
Dans une formule qui résonne comme un pari sur l’avenir, il conclut en appelant à laisser la justice trancher. "J’attends simplement le jour où la vérité parlera d’elle-même, dans l’enceinte de la Justice".
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Ce droit de réponse ne clos évidemment rien. Il ajoute une voix supplémentaire dans un dossier déjà fragmenté, où s’opposent récits, perceptions et stratégies.
Parole libérée des victimes présumées ? Défense vigoureuse du mis en cause ? Une chose est certaine, l’affaire du CDNOI continue de se jouer sur plusieurs scènes à la fois, judiciaire, médiatique et intime.
Jusqu'à son potentiel procès devant la justice, le metteur en scène reste présumé innocent.
Luc Rosello : "Je ne porterai pas plainte pour diffamation et pour dénonciation calomnieuse contre vous. Je n'en ai pas l'énergie. Et je ne suis pas l'homme responsable de vos dysfonctionnements. Je m'autoriserai juste à vous conseiller la lecture du livre "Faire justice" d'Elsa Deck Marsault."


