À La Réunion, une nouvelle enquête relance les accusations d’inceste et de violences sexuelles visant un ancien directeur du Centre dramatique national de l'océan Indien

Une enquête du média Les Jours met en cause l’ancien directeur du Centre dramatique national de l’océan Indien. Accusé par ses deux filles et plusieurs ex-collaboratrices, il conteste les faits. L’affaire, déjà révélée en 2023, fait l’objet d’une information judiciaire toujours en cours.
Après les révélations visant le metteur en scène et réalisateur Vincent Fontano, le milieu culturel de La Réunion se retrouve de nouveau dans la tourmente.
Une nouvelle enquête publiée par le média d’investigation Les Jours relance une affaire sensible dans le secteur. L’ancien directeur du Centre dramatique national de l’océan Indien, Luc Rosello, est accusé d’inceste par ses deux filles et visé par plusieurs témoignages d’anciennes collaboratrices dénonçant des violences sexistes et sexuelles au travail.
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Dans cette enquête publiée jeudi 30 avril, qui relancent les informations de Zinfos974 divulguées en 2023, Les Jours évoquent un système d’emprise et de comportements inappropriés au sein de la structure qu’il dirigeait depuis 2017. Une ancienne salariée décrit "quelqu’un d’imprévisible, manipulateur, jamais dans une parole authentique", tandis qu’une autre évoque une "descente aux enfers" professionnelle.
Plusieurs témoignages font état de propos humiliants, de pressions et de situations de harcèlement, dans un climat qualifié "d’anxiogène" par des salariés et relayé à l’époque par des signalements syndicaux.
Fellation et actes sexuels forcés
L’enquête des Jours revient également sur des accusations anciennes. En 2013, une première plainte pour agression sexuelle sur mineure avait été déposée par l’une des filles de Luc Rosello, avant d’être classée sans suite faute de preuves. Mais en 2023, les deux sœurs ont déposé une nouvelle plainte pour viols et agressions sexuelles sur mineures, relançant la procédure judiciaire, comme l'avait précisé Zinfos974 à l'époque.
Ces premiers éléments, notamment des accusations d’inceste portées par ses filles, avaient contribué à médiatiser le dossier.
Dans leurs déclarations, citées par Les Jours, les plaignantes évoquent des faits remontant à leur enfance. L’une d’elles affirme que son père l’aurait contrainte à des actes sexuels alors qu’elle était âgée de 5 ans. Sa sœur rapporte également des viols, dont "une fellation forcée". L’enquête judiciaire est toujours en cours, l’avocate des plaignantes dénonçant une procédure "anormalement longue".
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Les investigations journalistiques mettent aussi en lumière le fonctionnement interne du CDNOI. Dès 2020, un collectif d’artistes et la CGTR avaient alerté sur des "conditions de travail anxiogènes", des "licenciements nombreux" et un "comportement malveillant du directeur". Malgré ces signalements, le mandat de l’intéressé avait été renouvelé en 2021.
Les Jours évoquent également d’autres témoignages, notamment celui d’une ex-compagne décrivant une "relation très toxique" marquée par des violences psychologiques et physiques, ainsi qu’un "système d’emprise" durable. Plusieurs anciennes collaboratrices dénoncent par ailleurs des comportements déplacés et des abus de pouvoir dans le milieu culturel local.
Luc Rosello "conteste fermement"
Contacté par l’intermédiaire de son avocat, Luc Rosello "conteste fermement" l’ensemble des accusations et affirme vouloir "réserver ses explications" à la justice, invoquant la présomption d’innocence.
Depuis, l’ancien directeur a quitté ses fonctions. Selon des documents consultés par nos confrères des Jours, il aurait perçu une indemnité transactionnelle d’environ 95.000 euros lors de son départ, une somme issue de fonds publics qui suscite (là encore) des interrogations.
Plusieurs témoins évoquent un "entre-soi" et un climat pouvant freiner la prise de parole. "Si Luc Rosello a pu rester en place aussi longtemps, c’est qu’il y a un système", estime une ancienne salariée citée par le pureplayer national.
L’enquête judiciaire se poursuit désormais pour établir les faits et déterminer d’éventuelles responsabilités.


