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Carburants : les 11 millions de litres de sans-plomb non conformes stockés à la SRPP s'apprêtent à quitter La Réunion

Ecrit par J.D. avec A.R. – le vendredi 24 avril 2026 à 18H10
Photo d'illustration : Alexandre Robert

L’affaire des 11,2 millions de litres de sans-plomb impropres à l’utilisation entre dans sa phase opérationnelle. Depuis ce vendredi au Port Ouest, le carburant stocké au dépôt pétrolier du Port est en cours de chargement sur un navire, rapportent nos confrères d'Imaz Press. Une opération sensible, encadrée par l’État.

La manœuvre a débuté ce vendredi 24 avril au Port Ouest. Après plusieurs semaines de préparation, les 11,2 millions de litres d’essence SP95 déclarés non conformes et stockés au dépôt pétrolier du Port sont en cours de réexpédition par voie maritime vers un site industriel extérieur au territoire. Le navire TG Aries, battant pavillon panaméen, a été mobilisé pour cette opération, avec une destination annoncée : Singapour.

(Photo Alexandre Robert)

Sur place, un important dispositif de sécurité a été déployé. Des pipelines temporaires ont été installés afin de permettre le transfert du carburant depuis les cuves de stockage vers le quai d’embarquement. Une configuration inhabituelle : les installations portuaires réunionnaises sont historiquement conçues pour décharger les navires vers les réservoirs terrestres, non pour effectuer le chemin inverse.

C’est en mars dernier que Zinfos974 avait révélé cette information, à la lecture d’un arrêté préfectoral resté discret. On y apprenait qu’un lot de 11.200 m³ de SP95, soit 11,2 millions de litres, avait été jugé impropre à la distribution après analyses. À l’échelle locale, le volume est loin d’être anodin : il représente près d’un mois de consommation de sans-plomb à La Réunion, selon les données de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus.

Lire aussi : La SRPP contrainte de renvoyer plus de 11 millions de litres de carburant impropres à l’utilisation

Pas d'installation locale pour traiter le carburant impropre

Faute d’installation locale capable de retraiter ce type de produit, la seule issue retenue consistait à réexporter le carburant hors de l’île. L’arrêté préfectoral du 10 mars autorisait donc, à titre exceptionnel, la mise en place d’une canalisation temporaire longue d’environ 1,1 kilomètre, avec un débit maximal de 300 m³ par heure.

Compte tenu de la nature hautement inflammable de l’essence, les autorités avaient imposé un encadrement renforcé : détecteurs de gaz, moyens anti-incendie, surveillance permanente et durée d’exploitation limitée à dix jours, incluant montage, essais, transfert puis démontage du dispositif.

(Photos Alexandre Robert)

Après nos révélations, le Comité des importateurs d’hydrocarbures (CIH) avait confirmé que le lot concerné avait été détecté puis isolé dès la fin 2025. L’organisation assurait également que « cette opération de réexportation est intégralement prise en charge par le fournisseur » et qu’elle « n’aura aucun impact sur les consommateurs », ni sur les prix, ni sur la continuité d’approvisionnement de l’île.

Lire aussi : Carburant non conforme : le CIH se veut rassurant sur l’absence d’impact pour les consommateurs

Etiquettes : Carburants | SRPP

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