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Précarité et répression : 29 travailleurs malgaches envoyés en prison à l'île Maurice

Ecrit par L.G. – le lundi 13 avril 2026 à 11H55
Certains secteurs sont en pénurie de main-d'oeuvre (photo d'illustration)

Ces dernières semaines, plusieurs opérations de police ont conduit à l’interpellation de dizaines de ressortissants malgaches en situation irrégulière à l'île Maurice. Une vague de contrôles qui met en lumière la vulnérabilité de cette main-d’œuvre étrangère, souvent exposée à des conditions précaires et à des risques d’expulsion.

Pas moins de 29 travailleurs malgaches en situation irrégulière ont été arrêtés à l'île Maurice entre le 15 mars et le 7 avril, relate la presse mauricienne. Ils risquent l'expulsion et pourraient faire l’objet d’une interdiction de retour sur le territoire mauricien.

Dans le détail, 10 Malgaches ont été interpellés à Rivière-des-Anguilles. Le 22 mars, six femmes ont été appréhendées à Quatre-Bornes. 12 autres travailleurs malgaches ont été interpellés — dont 5 femmes — le 1er avril à Camp-Levieux.

Selon les chiffres des autorités mauriciennes, 64.165 travailleurs étrangers étaient recensés au 27 mars 2026, dont 50.234 titulaires de permis valides. Mais 6.926 autres, parmi lesquels des Malgaches, vivent sur le territoire avec des permis expirés.

La situation des travailleurs originaires de Madagascar à Maurice suscite une inquiétude croissante. Entre promesses d’emploi non tenues, durcissement des contrôles et multiplication des arrestations, les conditions de vie de nombreux expatriés malgaches apparaissent de plus en plus fragiles.

Au cœur du problème, des filières de recrutement douteuses. Certaines personnes auraient payé jusqu’à 1,5 million d’ariary (environ 200 euros) pour obtenir un emploi à Maurice. Mais une fois sur place, plusieurs travailleurs se retrouvent sans travail, voire abandonnés, livrés à eux-mêmes dans un pays où ils ne disposent ni de ressources ni de statut légal.

Plusieurs secteurs non pourvus

Cette situation les expose à une double peine : la précarité sociale d’un côté, et le risque d’arrestation ou de rapatriement de l’autre. Certains pourraient même faire l’objet d’une interdiction de retour sur le territoire mauricien, aggravant encore leur situation.

Pourtant, le recours à la main-d’œuvre étrangère reste essentiel pour l’économie mauricienne. Le pays fait face à un manque de travailleurs dans plusieurs secteurs clés, comme la construction, l’hôtellerie ou encore l’agriculture. Cette demande explique l’augmentation constante du nombre de permis de travail délivrés ces dernières années.

Les autorités mauriciennes ont ainsi engagé une réforme de leur système de permis de travail afin de mieux encadrer l’emploi des étrangers et de limiter les abus. L’objectif affiché est de renforcer la transparence et de mieux protéger les travailleurs migrants.

Mais sur le terrain, les difficultés persistent. Associations et observateurs dénoncent des pratiques abusives, un manque d’information et une insuffisante protection des travailleurs malgaches, souvent attirés par des perspectives d’emploi meilleures que dans leur pays d’origine.

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Face à ces dérives, des discussions sont en cours entre Antananarivo et Port-Louis pour améliorer l’encadrement du recrutement et garantir des conditions de travail plus dignes. L’enjeu est de taille : éviter que cette migration économique, pourtant porteuse d’opportunités, ne se transforme en piège pour des milliers de travailleurs en quête d’un avenir meilleur.

Etiquettes : Madagascar | Maurice

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