"Au service du peuple" : Jean-Hugues Ratenon présente sa liste à Saint-Benoît

Jean-Hugues Ratenon a présenté ce mercredi sa liste "Reconstruire Saint-Benoît", sur laquelle on retrouve deux anciens élus de Patrice Selly, dont son ex-deuxième adjointe et premier soutien, Marie-Michèle Mariaye, mais aussi d’anciens élus de Jean-Claude Fruteau et de Bertho Audifax, aux côtés de jeunes et de nouveaux venus en politique, avec 85 % de candidats qui n’ont jamais exercé de mandat.
La liste revendique une représentation équilibrée des quartiers de Saint-Benoît, mais aussi des profils, avec des colistiers issus du monde ouvrier, associatif, de la fonction publique, de l’entreprise ou encore des demandeurs d’emploi.
La moyenne d’âge est annoncée à 45 ans, avec une présence marquée de jeunes "engagés". Parmi eux, plusieurs candidats affichent moins de 30 ans, dont Jérémy Vidot, 26 ans, ou Pamela Dijoux, 25 ans. Le plus jeune colistier, Roman Arginthe, 18 ans, étudiant à l’IRTS, figure en 27e position. Selon l’équipe de campagne, 18 % de la liste est issue de la "Convention des jeunes".
Une liste “engagée” et renouvelée
Jean-Hugues Ratenon insiste sur le renouvellement politique : 85 % des colistiers n’ont jamais exercé de mandat électif. Dans les 15 % restants, on retrouve d’anciens élus et figures bien connues de la vie politique bénédictine, dont Dominique Atchicanon, Tony d’Ambreville et Philippe Le Constant, anciens élus de Jean-Claude Fruteau, ou Marie-May Dugain, ancienne conseillère municipale de Bertho Audifax.
La liste compte également deux anciens proches de Patrice Selly : Marie-Michèle Mariaye, ex-deuxième adjointe, et Éric Caritchy, ancien élu de la majorité municipale en 2020.
En revanche, pas de présence sur la liste de Jean-Luc Julie, ancien adjoint à l’éducation de Jean-Claude Fruteau, ex-candidat aux municipales et directeur de la campagne de Jean-Hugues Ratenon.
Un programme construit “avec la population”
Dans son discours, Jean-Hugues Ratenon revendique une méthode fondée sur la concertation. Il rappelle que les premières propositions ont été mises en débat dès le meeting de septembre, à Sainte-Anne, avant d’être amendées à la suite de rencontres avec la population, des syndicats, des associations, des agents de la collectivité et des habitants des quartiers.
"Un programme, ça peut être modifié en fonction des événements, mais il doit rester fidèle à des principes et des valeurs", affirme-t-il, revendiquant une action municipale "au service du peuple et non au service des élus".
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Premier m3 d'eau gratuit, carnet de chèque alimentaire...
Parmi les propositions mises en avant figurent la gratuité des premiers mètres cubes d’eau, la gratuité de la cantine et du petit déjeuner pour les enfants, la création d’un pass seniors, d'un "carnet de chèque alimentaire" et de dispositifs d’accompagnement vers l’emploi comme un "chèque premier emploi sur les 3 premiers mois".
La liste défend également l’amélioration des déplacements, présentés comme un levier essentiel du développement communal, ainsi qu’une action renforcée sur le logement, notamment contre l’habitat insalubre et pour l’adaptation des logements au vieillissement et au handicap.
La démocratie participative constitue un axe central du projet, avec la mise en place de conseils de quartier dotés d’un budget participatif, un "dialogue permanent" avec les agents communaux pour lesquels un plan d’action est prévu dans les cent premiers jours de la mandature.
Jean-Hugues Ratenon dit vouloir faire de Saint-Benoît "une ville agréable, propre, bien éclairée et sécurisée 24h/24", pour "recréer les conditions pour attirer commerces, loisirs et professionnels de santé".

Marie-Michèle Mariaye : "Selly, un homme de paillettes"
Ancienne deuxième adjointe de Patrice Selly dont elle fut le premier soutien, Marie-Michèle Mariaye a expliqué les raisons de son ralliement à Jean-Hugues Ratenon. Elle dresse un portrait sévère de son ancien mentor politique, qu’elle qualifie d’"homme de chiffres et de paillettes".
"C’est facile d’annoncer des millions à la télévision, mais en termes d’aide réelle aux familles, est-ce que tout a été multiplié par sept ?", interroge-t-elle, mettant en cause la priorité donnée, selon elle, aux "événements festifs et aux effets d’annonce, au détriment de l’action sociale de proximité".
L’ancienne deuxième adjointe en charge du CCAS évoque également une rupture de dialogue et une absence de "liberté d’expression" au sein de l’exécutif municipal sortant. "Vous êtes libre de parler, mais libre de dire ce que je veux", résume-t-elle, en référence à ce qu’elle décrit comme une gouvernance verticale. Elle affirme avoir appris son retrait de délégation "dans la presse", sans entretien préalable.
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Éric Caritchy dénonce un "comportement malsain"
Ancien élu de la majorité sortante, Éric Caritchy explique lui aussi son départ par un désaccord sur les méthodes. "Quand je suis élu, je travaille pour la population. Je ne travaille pas pour un homme", affirme-t-il. Il évoque un climat de défiance et un fonctionnement qu’il juge incompatible avec le dialogue et la construction collective.
Toujours à la tête de la section PLR de Saint-Benoît, le DGS du CCAS de Saint-André dit retrouver dans la liste de Jean-Hugues Ratenon "des convictions et des valeurs" qu’il estime avoir "perdues dans la majorité actuelle". On se souvient qu’un désaccord était né entre lui et Patrice Selly au moment de désigner le candidat de la majorité aux législatives. "Ma décision va au-delà de ça, je me suis mis en retrait parce que tout simplement, j’estime que son comportement était malsain", tacle l’ancien membre de la majorité.
"Pas d’union avec le RN"
Interrogé, Jean-Hugues Ratenon exclut toute alliance en cas de second tour avec le Rassemblement national, représenté dans l’élection par Sabrina Ramin, tout en ouvrant les bras à ses électeurs au second tour, estimant que "l’objectif est de les ramener". Il est convaincu que "tous ceux qui ont voté contre Selly au premier tour feront de même au second".
Il se dit également confiant quant à une union des forces de gauche au second tour, malgré l’absence d’accord dès le premier tour avec Philippe Admeth.
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"Redonner le sourire à Saint-Benoît"
Convaincu que Patrice Selly sera battu au second tour, il affirme vouloir incarner "le maire du peuple", qui "ne laisse personne sur le bord du chemin" et redonne la parole à ceux "que l’on n’écoute pas suffisamment, je m’engage à être auprès des personnes qui vivent des minima sociaux mais aussi la classe moyenne qui s’appauvrit". Il pense aussi "aux chefs d’entreprises, l’argent qui arrive à Saint-Benoît est dépensé à 50 % et repart dans d’autres communes".
Le candidat veut faire de Saint-Benoît "une ville où il fait bon vivre, où les gens retrouvent le sourire, le goût de vivre. Où les gens n’ont pas peur de se réveiller le matin".


