Accident de canyoning à Langevin : un moniteur jugé après une chute sur un client

L’accident s’est produit le 15 août 2024 à la cascade de Grand Galet, à Langevin. Alors qu’il aidait un client à se propulser dans un toboggan naturel, un moniteur de canyoning a été déséquilibré et a chuté du haut de la cascade, atterrissant sur la victime.
La pratique du canyoning n’est pas sans risque, mais pour la défense comme pour le parquet, il y a faute par imprudence ou maladresse.
Ce jour-là, Eric, guide de montagne dans l’Hexagone, s’essaye au canyoning dans la rivière Langevin. Le parcours, long d’environ 600 mètres, comporte sept obstacles avec des hauteurs maximales d’environ 7 mètres. L’accident survient au sixième obstacle.
Alors que le moniteur place ses pieds de part et d’autre du toboggan pour donner de l’élan à Eric, il est déséquilibré, tombe sur la pierre, glisse puis finit par atterrir sur lui dans l’eau, en bas de la cascade. La collision occasionne une entorse cervicale et plusieurs fractures au guide de montagne.
Les consignes de sécurité transmises
Prévenu et victime s’accordent pour dire que les consignes de sécurité ont été transmises avant chaque obstacle, que la victime avait accepté une impulsion plus forte que le reste du groupe pour obtenir davantage d’élan, que le moniteur a appelé les secours, prodigué les premiers soins et est resté auprès d’Eric jusqu’à leur arrivée.
La pierre d'achoppement dans ce dossier concerne la présence d’un anneau de sécurité planté à proximité du toboggan, identifié par les gendarmes lors des constatations menées dix jours après l’accident.
"Il y avait des conditions de sécurité à prendre et elles ont été ignorées", affirme l’avocat de la partie civile, Me Guillaume De Géry. En ce qui concerne la situation de son client depuis l'accident: "il a de la chance d’être sur ses deux jambes et de continuer à travailler de manière réduite" souligne l'avocat.
Du sursis requis
Le litige civil concernant la perte de salaire de l’accompagnateur de montagne porterait sur une somme comprise entre 5.000 et 9.000 euros.
Pour le parquet, la faute revient au moniteur "qui va chuter par son imprudence et causer ces blessures. Le rôle de la victime n’est pas en cause". Le ministère public met en avant la présence de l’anneau, "point d’ancrage et système facilitateur du canyoning", et requiert 1.000 euros d’amende avec sursis.
"Est-ce qu’en ne se longeant pas, il aurait causé un accident ?", interroge la défense du moniteur de canyoning. "Il n’y a pas d’obligation réglementaire", répond Me Nathalie Cintrat, avant d’ajouter : " Le risque zéro en la matière n’existe pas."
La décision des juges a été mise en délibéré au 12 mars.


