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Direct – Procès David Vital : à la barre, François Caillé reconnaît un "système" de fausses factures

Ecrit par E.L. et L.C. sur place – le mardi 10 février 2026 à 09H37
David Vital et François Caillé (Photo : Alexandre Robert)

Le procès de David Vital se poursuit ce mardi 10 février pour une deuxième journée d’audience devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. La veille, les débats ont été marqués par le rejet de la demande de renvoi formulée par la défense, malgré l’entrée tardive au dossier de Me Franck Berton, et par le choix de David Vital de garder le silence tout au long de l’audience.

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Le tribunal a notamment entendu plusieurs prévenus, dont le fils de David Vital, président de droit de la société Prométhée, ainsi que Joseph Bréma, ex-président du directoire d’Air Austral, appelé à s’expliquer sur une fausse facture de près de 38.000 euros. L’audience a également mis en lumière de nombreux flux financiers suspects, des accusations d’abus de biens sociaux, de fraude fiscale et de corruption...

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Les débats reprennent ce mardi matin. Zinfos974 assure le suivi en direct de cette deuxième journée d’audience :

18h30 - Fin d'audience au tribunal judiciaire, une nouvelle journée d'audience est prévue demain.

18h - Nelly Daroueche entendue sur le volet corruption

Nelly Daroueche est entendue à la barre sur le volet corruption. Interrogée par la procureure sur son appréciation des faits évoqués dans la journée, elle affirme ne pas avoir été informée des marchés concernés. « J’ai découvert qui était l’agent municipal hier », déclare-t-elle, à propos du fonctionnaire de la ville de Saint-Paul.

La magistrate revient ensuite sur ses déclarations faites en garde à vue. Elle explique avoir volontairement choisi de ne pas chercher à comprendre ce qui s’était passé. « Je ne voulais pas savoir », affirme-t-elle.

Sans apporter d’éléments nouveaux, elle maintient sa ligne de défense, indiquant avoir agi sur instructions et sous l’autorité de sa hiérarchie, sans initiative personnelle.

16h52 - François Caillé : « Ce sont des factures émises par des sociétés tierces. On les paye, et lui prend le cash. »

À la barre, François Caillé reconnaît l’existence d’un accord avec David Vital destiné à améliorer l’acquisition des marchés publics. « David Vital voulait du cash pour cette prestation. Je suis rentré dans le système des fausses factures. Une erreur ? Oui », admet-il, évoquant une « pression venue d’au-dessus ».

François Caillé décrit ce qu’il qualifie de « new deal » avec David Vital : un marché complémentaire, assorti d’une rémunération exclusive pour ce dernier. « Comment il cherchait ses informations, ça ne me regardait pas », explique-t-il, ajoutant que David Vital lui apportait des éléments lui permettant de progresser sur les marchés publics, notamment sur les appels d’offres où certains concurrents, comme le groupe Hayot, ne se positionnaient pas. « Voilà le pacte que j’ai passé avec lui », résume-t-il.

« Nelly ne sait pas. Tout le monde doit comprendre dans ce dossier qu’elle n’y est pour rien. »

Interrogé par la procureure sur le fonctionnement concret du système, François Caillé détaille : « Ce sont des factures émises par des sociétés tierces. On les paye, et lui prend le cash. » Il précise ne pas avoir signé ces factures lui-même. « Je donnais les ordres, Nelly s’occupait du reste », indique-t-il, tout en affirmant n’avoir jamais expliqué la nature frauduleuse de ces opérations à Nelly Daroueche.

Il insiste enfin lourdement sur ce point : « Nelly ne sait pas. Tout le monde doit comprendre dans ce dossier qu’elle n’y est pour rien. »

16h40 - François Caillé prend longuement la parole

À la barre, François Caillé prend longuement la parole pour apporter ce qu’il qualifie de « contexte ». Il revient sur la crise traversée par le groupe à partir de 2009, marquée par le retrait des banques et le placement de 52 sociétés en procédure collective. Un plan validé en 2011, suivi d’une période de redressement jusqu’en 2014. « En 2016, le groupe recommence à gagner de l’argent », explique-t-il.

Début 2018, François Caillé dit rencontrer un cadre de Peugeot, qui l’aide alors à acquérir des véhicules à crédit pour soutenir l’activité. Ce dernier lui aurait fait remarquer son manque de maîtrise des marchés publics. Constatant qu’il perd systématiquement les appels d’offres, François Caillé indique en avoir parlé à David Vital. Celui-ci lui évoque alors l’agent municipal de Saint-Paul, et une rencontre est organisée. L’agent lui explique, selon François Caillé, les raisons de ses échecs sur les appels d’offres.

« À aucun moment il n’a été question de rémunération, c’était amical », affirme-t-il. Il explique que le groupe applique ensuite ces conseils, se met à niveau, et décroche son premier marché à Saint-Paul en 2018, puis d’autres dans plusieurs collectivités, « sans avoir besoin de verser une rémunération à qui que ce soit ».

Poursuivant son propos, François Caillé évoque la période des Gilets jaunes en 2018, durant laquelle plusieurs points de vente du groupe sont dégradés. Il indique que David Vital lui aurait proposé son aide pour trouver « des gars » afin d’assurer la protection des sites. Ces personnes auraient été payées en espèces, par l’intermédiaire de David Vital. François Caillé reconnaît que ces paiements auraient été rendus possibles par la fabrication de liquidités via de fausses factures, précisant toutefois que ces éléments ne figurent pas au dossier.

Il ajoute enfin que Nelly Daroueche, ex-directrice générale du groupe, « était dans la boucle ».

(photo Pierre Marchal / Anakaopress)

L’agent municipal de Saint-Paul évoque une contrepartie de 5 000 euros en espèces, ainsi qu’un voyage à Maurice. Il ne reconnaît toutefois pas avoir perçu l’argent liquide.

Dans la foulée, les magistrats donnent lecture des auditions de David Vital, appelées à la barre dans le cadre des marchés de la ville de Saint-Paul. Il est ainsi indiqué qu’il aurait remis 5 000 euros en espèces et un voyage à Maurice à l’agent municipal, en lien avec ce marché. Selon ces déclarations versées au dossier, « c’était convenu entre lui et moi », François Caillé n’en ayant pas eu connaissance.

Il est également rapporté que, toujours selon ces auditions, l’agent municipal était présenté comme « la clé pour faire attribuer les marchés », et qu’il aurait agi « de bon cœur ».

15h03 - informations confidentielles, flux financiers et dettes non remboursées


L’agent municipal de Saint-Paul poursuit ses déclarations. Il reconnaît avoir transmis des informations à David Vital concernant le marché de 2022, malgré les interrogations soulevées à l’audience sur le caractère confidentiel de ces éléments.

Il revient sur l’entretien qu’il a passé pour intégrer le Groupe Caillé. Il admet ne pas avoir été « fin », expliquant avoir insisté sur ses relations politiques et sur les facilités accordées dans le cadre des appels d’offres. « David m’a dit que c’était une formalité », rapporte-t-il à la barre.

L’agent municipal reconnaît explicitement avoir livré des informations confidentielles. Les débats s’élargissent alors aux flux financiers. Il est question d’un virement de 8 000 euros effectué depuis son compte personnel vers la société VELEC. En février 2023, un chèque de 2 000 euros émis sur son compte est rejeté.

Le tribunal évoque également des dépôts en espèces à hauteur de 25 000 euros, effectués sur son compte entre 2018 et 2020. L’agent municipal indique par ailleurs avoir prêté 30 000 euros à David Vital, n’en ayant récupéré que 11 000 euros à ce jour. Il affirme avoir menacé David Vital de réclamer le remboursement du solde, sans jamais obtenir restitution intégrale des sommes avancées.

14h38 — appels d’offres modifiés, réunions discrètes et informations transmises

L’audition de l’agent municipal de Saint-Paul se poursuit autour des marchés publics de 2021 et 2022. Concernant le marché du 30 septembre 2021, le témoin explique que deux lots devaient faire l’objet de modifications. Le marché est finalement déclaré infructueux, les délais n’ayant pas été respectés. Les offres sont jugées irrégulières.

Il indique qu’une réunion s’est tenue dans un hôtel, alors qu’il était en arrêt maladie. Les participants auraient cherché à savoir ce qu’il adviendrait de l’appel d’offres.

S’agissant du marché 2022, l’agent municipal explique en avoir assuré un suivi « de loin », toujours en arrêt maladie. Le lancement intervient en avril 2022. La procureure souligne que des échanges entre David Vital et François Caillé montrent qu’ils savaient en amont qu’un marché allait être ouvert.

Interrogé sur un lien éventuel avec ces échanges, le fonctionnaire ne répond pas clairement. Il indique en revanche que David Vital l’a rencontré pour lui proposer de quitter la mairie et d’entrer au Groupe Caillé. Une réunion à trois a lieu. S’il pense d’abord qu’il s’agit d’un échange autour d’un emploi, la discussion porte également sur le marché à venir.

Malgré cela, l’agent municipal reconnaît avoir transmis des informations à David Vital concernant l’appel d’offres de 2022. Il explique avoir ensuite passé un entretien pour intégrer le groupe Caillé, au cours duquel il a insisté sur ses relations politiques et sur les facilités accordées dans le cadre des appels d’offres. « David Vital m’a dit que c’était une formalité », rapporte-t-il à la barre.

David Vital (photo Pierre Marchal / Anakaopress)

14h07 - L'audience a repris, un agent municipal de Saint-Paul est à la barre

Un agent municipal de la ville de Saint-Paul est appelé à la barre. Il explique avoir occupé, entre 2018 et 2022, les fonctions de directeur logistique et des moyens. À ce titre, il était chaque année susceptible de lancer un appel d’offres pour le parc automobile de la commune. Il indique établir seul le cahier des charges, analyser les offres et attribuer les notes.

Le fonctionnaire reconnaît un premier contact avec David Vital en 2018, précisant que ce dernier intervenait, selon lui, pour le Groupe Caillé. Les échanges étaient téléphoniques et d’ordre professionnel. Des rendez-vous ont eu lieu en amont de marchés, notamment avant l’appel d’offres du 10 août 2018. Il affirme ne pas se souvenir avoir transmis d’informations précises sur ce marché.

Concernant ce dossier, il indique que si la partie obligatoire du marché a été livrée dans les délais, une autre partie de la commande est arrivée en retard. Un retard qu’il n’a pas signalé. « David Vital m’a dit que ça arrivait », explique-t-il, reconnaissant qu’aucune pénalité n’a été appliquée. Il admet également ne pas avoir voulu « se fâcher avec le grand patron d’un groupe ».

L’agent municipal reconnaît par ailleurs des échanges plus personnels avec François Caillé, notamment pour l’achat d’un véhicule. Interrogé par la procureure, il confirme avoir bénéficié d’une remise commerciale. À la question d’une éventuelle contrepartie, il répond d’abord négativement avant de concéder, après insistance : « Oui, on peut dire ça comme ça », évoquant un échange de bons procédés.

Les débats se concentrent ensuite sur le marché de 2020. L’agent explique que David Vital l’a contacté au sujet de la vente de masques Covid-19, lui demandant si un marché allait être ouvert. Il lui aurait répondu que cela n’était pas envisagé avant les élections. Peu après, un marché automobile de près de 900 000 euros est lancé à l’automne 2020.

Il reconnaît avoir transmis à François Caillé les lots de l’appel d’offres, puis, le 7 octobre, d’avoir envoyé un nouveau lot à David Vital alors même que l’appel d’offres n’était pas encore publié. Face aux questions de la procureure sur une rupture d’égalité entre les candidats, le fonctionnaire hésite avant d’admettre que ces informations ont bien été communiquées. Il justifie ces transmissions par la volonté de « faire aboutir ce marché… pour le groupe Caillé ».

Des échanges entre David Vital et François Caillé, mentionnant l’appel d’offres de Saint-Paul avant sa publication, sont également évoqués à l’audience.

12h05 - L'audience est suspendue jusqu'à 13h30

(Photo Alexandre Robert)

11h30 - Stations-service, espèces et contrats de complaisance

L’audience se poursuit avec l’audition du gérant d’une station-service. À la barre, il reconnaît avoir encaissé quatre chèques émis par la société Prométhée, pour un montant total de 12 300 euros, ainsi qu’un virement destiné à David Vital. Il explique l’existence d’une fausse facture, destinée à permettre un règlement par le groupe Caillé.

Le témoin évoque également un pari de 15 000 euros sur la victoire de Didier Robert aux élections régionales, ainsi que des parties de cartes régulières avec David Vital. Il indique par ailleurs que la rémunération versée à ce dernier aurait servi, notamment, à faciliter l’embauche de son épouse dans une société, mais aussi à rémunérer David Vital pour des travaux d’agrandissement d’une contre-allée au sein de sa station-service.

L’audience se poursuit avec l’audition d'une gérante d'une autre station-service. Elle reconnaît avoir perçu 167 000 euros par chèques, en contrepartie de retraits en espèces. Pour justifier ces mouvements bancaires, elle indique avoir signé un contrat de prestation de service, admettant que son intérêt résidait dans les commissions perçues, estimées à près de 15 000 euros. Elle explique avoir cédé aux sollicitations de David Vital, qu’elle décrit comme « un beau parleur ».

11h06 — Les chèques sans ordre de VELEC au cœur des débats


L’audience reprend avec l’examen des chèques sans ordre émis par la société VELEC. Les débats portent sur une série de cinq chèques, pour un montant total de 201 000 euros. À la barre, il est expliqué que David Vital aurait demandé expressément que ces chèques soient établis sans bénéficiaire désigné. Les remises se faisaient lors de rendez-vous, chez David Vital ou à Duparc, pour des montants atteignant 180 000 euros sur un an et demi, David Vital fixant lui-même sa commission.

L’audition se poursuit avec un représentant de société, entendu sur ces flux financiers. Il évoque notamment un chèque de 7 700 euros en 2023, expliquant que David Vital fixait les montants et réclamait de plus en plus d’avances. Le témoin parle d’un climat assimilé à du « chantage », affirmant que David Vital lui faisait comprendre que, sans lui, « il n’aurait plus sa place ». Un contrat de prestation de service signé et antidaté est également évoqué. Interrogé par la procureure sur une éventuelle manœuvre de couverture, David Vital ne répond pas. La magistrate souligne alors : « Vous n’êtes pas le seul dans ce dossier à dire avoir peur. »

Il apparaît également que ces chèques ont servi, en partie, à financer l’achat d’un véhicule du groupe Caillé, acquis en 2023 pour un montant de 44 070 euros, réglé par des chèques émis par différentes sociétés.

La parole est ensuite donnée à Nelly Daroueche, pour évoquer ce dossier automobile. Elle indique qu’un protocole d’accord a bien été rédigé pour ce véhicule, sans qu’elle n’en ait été à l’origine ni signataire. Elle décrit un fonctionnement assimilé à du leasing : un prêt du véhicule dans un premier temps, puis un délai accordé à David Vital pour le régler. Le dossier a ensuite été transmis au service contentieux. Elle précise que le véhicule a été réglé en partie par 17 chèques, issus de différentes sociétés, une pratique qu’elle qualifie de non courante, présentée comme une faveur accordée à David Vital par le Groupe Caillé.

À la question de la procureure — « Personne ne se pose la question de l’origine de ces fonds ? » — Nelly Daroueche répond : « C’est le dossier David Vital… Tout le monde sait dans le groupe que c’est François Caillé qui s’en occupe. »

Dans la foulée, François Caillé est à nouveau appelé à la barre. Il affirme ne pas avoir été informé de ce protocole, indiquant que cela relevait, selon lui, du rôle du directeur général de la branche concernée. « Je n’ai été alerté de rien », assure-t-il, précisant que Nelly Daroueche ne lui a évoqué ce dossier qu’au moment des gardes à vue.

10h26 — Nelly Daroueche reconnaît avoir exécuté une fausse facture « par loyauté »


Nelly Daroueche, ex-directrice générale du Groupe Caillé, est appelée à la barre. Nommée en 2019, elle a démissionné de ses fonctions en août 2025 mais conserve son contrat de secrétaire générale, rôle qu’elle exerce encore aujourd’hui.

Interrogée sur la fausse facture émise par la société VELEC, réglée par le groupe Caillé, elle affirme ne pas connaître cette entreprise et reconnaît d’emblée le caractère frauduleux du document. « J’ai bien conscience que c’est une fausse facture », déclare-t-elle, expliquant qu’elle interrogeait systématiquement François Caillé lorsque les dossiers concernaient David Vital. « Vital, c’est un dossier de François Caillé, je n’interviens pas », insiste-t-elle, tout en précisant qu’elle ne souhaitait pas voir ce type de pratiques au sein du groupe.

Questionnée par la procureure sur son rôle concret, Nelly Daroueche reconnaît avoir servi d’intermédiaire. « Depuis le début, il se sert de moi comme intermédiaire », lâche-t-elle. À la question directe du ministère public — « À quoi vous servez ? » — elle répond sans détour : « À faire en sorte de payer rapidement la facture sans poser de questions. » Poussée plus loin, elle admet avoir agi par loyauté envers son supérieur hiérarchique : « Oui, j’étais tellement loyale à François Caillé que je n’avais plus mon libre arbitre. »

Sur David Vital, son jugement est sévère. Elle le décrit comme « quelqu’un de filou », ajoutant qu’il ne lui faisait « pas peur, mais presque » et qu’elle ne lui faisait « pas confiance ». Concernant une autre facture litigieuse, liée à la société FBO, elle affirme ne pas connaître ce dossier et indique avoir cherché à s’en écarter : « Le dossier Vital, je m’en débarrasse. »

Avant la suspension de l’audience à 10h43, Nelly Daroueche reconnaît enfin qu’elle savait qu’il s’agissait de fausses factures au moment où elles arrivaient. « Je ne voulais pas avoir affaire à ça », conclut-elle, précisant que le contrat de prestation devait, selon elle, s’achever avec cette dernière facture.

Nelly Daroueche (photo Pierre Marchal / Anakaopress)

10h — François Caillé reconnaît toutefois avoir signé cette fausse facture, évoquant « une erreur ».


À la barre, David Vital affirme que la société Etheves était « parfaitement au courant » du système évoqué par le témoin entendu plus tôt dans la matinée. Il évoque une première rencontre au cours de laquelle un chèque de 75 000 euros lui aurait été signé. David Vital revient également sur sa relation avec le Groupe Caillé, assurant avoir travaillé avec le groupe dans le cadre de contrats de prestation.

Interrogé plus avant, David Vital se montre toutefois plus réservé. « Là, ça a débordé », lâche-t-il, refusant d’entrer davantage dans les détails.

Dans la foulée, François Caillé est appelé à la barre. Il décrit une relation ancienne avec David Vital, débutée avec son père. « Je l’ai connu petit, son père me l’a présenté », explique-t-il. En 2018, le groupe Caillé contractualise avec David Vital pour des prestations liées à l’automobile et à la grande distribution, incluant notamment la location de locaux et de terrains.

Selon François Caillé, David Vital rendait compte de son activité une fois par mois, sans que cela ne soit formalisé par écrit. Après un reporting oral, il donnait son accord pour le paiement mensuel. Le contrat est ensuite modifié lorsque David Vital passe par la société Prométhée. « La prestation était réelle », insiste-t-il, évoquant un contrat de 2 750 euros par mois avec véhicule, soit 35 850 euros par an. Il reconnaît une relation amicale avec David Vital, qu’il décrit comme « un garçon sympathique ».

La procureure recentre alors les débats sur le volet VELEC, société spécialisée dans les travaux électriques. François Caillé affirme n’avoir « strictement aucun lien » avec cette entreprise. Concernant la fausse facture de 2023, il indique qu’elle correspondait à une prestation sur neuf mois, finalement interrompue. Il explique cette rupture par les difficultés personnelles traversées par David Vital, notamment liées à son divorce. François Caillé reconnaît toutefois avoir signé cette fausse facture, évoquant « une erreur ».

Il ajoute enfin que David Vital demandait chaque année une revalorisation de sa rémunération, des demandes auxquelles le groupe n’a jamais donné suite.

9h27 – Tribunal judiciaire de Saint-Denis


La deuxième journée du procès de David Vital s’ouvre avec l’audition, en qualité de témoin, du responsable financier de la société Etheves. À la barre, ce dernier revient sur le système de fausses factures et reconnaît avoir servi d’intermédiaire à partir de 2021.

Selon son témoignage, des échanges ont eu lieu avec David Vital autour d’un supposé reliquat que la société devait encore régler. Un montant évalué à environ 400.000 euros sur quatre ans, que David Vital justifiait par une clause contractuelle liée à la validation de prestations. Le témoin affirme toutefois n’avoir jamais reçu de document officiel allant dans ce sens.

Toujours à la barre, le responsable financier explique que David Vital lui aurait proposé des compensations en contrepartie de ces « factures », évoquant notamment des paiements en liquide – à hauteur de 3.700 euros – ou encore une montre. Interrogé par la procureure sur le caractère suspect de ces propositions, le témoin esquisse un sourire et lâche : « C’est un jeu de débile », assurant ne pas y avoir pris part.

Pour rappel, le responsable financier a déjà été condamné en CRPC en première instance. Le contrat initial évoqué dans ce dossier concerne un cinéma situé à Saint-Paul.

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