Colère agricole : une centaine de tracteurs dans Paris, le gouvernement hausse le ton

Des tracteurs ont investi le cœur de Paris jeudi matin, avant le lever du jour. Membres du syndicat Coordination rurale, les agriculteurs entendaient porter leurs revendications jusque dans la capitale, symbole d’un ras-le-bol persistant au sein de la profession. Certains engins sont parvenus jusqu’à des sites emblématiques, comme l’Arc de Triomphe ou la Tour Eiffel.
Selon le ministère de l’Intérieur, une centaine de tracteurs ont été recensés, dont une majorité bloquée aux portes de la capitale par les forces de l’ordre.
Mercosur, normes et gestion sanitaire au cœur de la colère
Les agriculteurs dénoncent notamment le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, qu’ils jugent porteur de concurrence déloyale. Ils critiquent également la gestion par l’État de l’épisode de dermatose nodulaire contagieuse, ainsi que la lourdeur administrative et les normes européennes, considérées comme excessivement contraignantes.
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Depuis l’hiver 2024, la profession multiplie les actions pour réclamer des simplifications administratives et un allègement des réglementations pesant sur l’activité agricole.
Face à cette mobilisation, la préfecture de police de Paris a pris un arrêté, en vigueur jusqu’à vendredi, interdisant tout rassemblement non déclaré à proximité de plusieurs sites sensibles. Sont notamment concernés Matignon, l’Assemblée nationale, l’Élysée, le ministère de l’Agriculture, le Sénat, mais aussi le marché de Rungis et l’Agence nationale de sécurité sanitaire à Maisons-Alfort.
Le gouvernement promet une réponse ferme
Le gouvernement a rapidement réagi. Sur franceinfo, sa porte-parole Maud Bregeon a averti que ces actions ne seraient pas tolérées.
"Bloquer partiellement l’A13 comme c’est le cas ce matin ou tenter de venir devant l’Assemblée nationale avec toute la symbolique que ça induit, c’est encore une fois illégal", a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que le ministre de l’Intérieur "ne laissera pas faire".
Alors que la tension reste vive, cette nouvelle mobilisation illustre le malaise profond d’une profession toujours en attente de réponses concrètes de la part de l’exécutif.


