Assassinat de Shana : "Ça ne me rendra pas ma fille", dit son père après la condamnation du second accusé à trente ans de réclusion

Digne jusqu’au bout, Mickael Alicalapa a accueilli sans effusion le verdict condamnant le second assassin de sa fille Shana à la peine maximale. En souhaitant juste que cette condamnation ait valeur d’exemple.
Il est 15h30 ce lundi 10 novembre lorsque la cour d’assises des mineurs rend son verdict contre le second accusé du meurtre avec préméditation de Shana, 15 ans, le 16 septembre 2023 à Saint-Pierre. Pour « ce crime d’une gravité extrême » souligne la présidente, l’accusé âgé de 16 ans au moment des faits est condamné à la peine de 30 années de réclusion criminelle. L’excuse de minorité a été levée, conformément aux réquisitions de l’avocate générale.
"Jugé comme un adulte"
« C’est le verdict que j’attendais. La cour a prononcé trente ans, ça veut dire qu’elle l’a jugé comme un adulte. C’est ce qu’on voulait » a commenté Mickael Alicalapa, le père de Shana une fois l’audience levée.
Mais cette peine, le maximum prévu par la loi s’agissant d’un mineur, ne console pas pour autant les proches de Shana. « Je ne pense pas que ça apaise car ça ne me rendra pas ma fille », explique le père de la victime, qui souhaite surtout que le verdict ait valeur d’exemple.
"Que les autres parents voient"
« On voulait que justice soit rendue aussi pour que les autres parents voient, que les adolescents voient qu’on ne peut pas faire n’importe quoi », ajoute-t-il.
Une sentence tombée le jour de ses 19 ans et accueillie d’un simple hochement de tête par l’accusé, cheveux bruns courts et veste de sport noire sur les épaules. Jusqu’au bout de ces quatre jours de procès, à aucun moment celui-ci n’aura exprimé de regrets ou formulé d’excuses auprès de la famille de sa victime.
"Pas de regrets, pas de pardon"
Les proches de Shana n’y comptaient pas de toutes façons, abasourdis par le détachement affiché par l’accusé tout au long des débats. « Pas de regrets, pas de pardon, il a été comme ça tout au long du procès, parlant peu, même quand il a eu la parole en dernier » relève Mickael Alicalapa. « Sa maman a essayé sur la fin de demander pardon, mais elle aurait pu le faire avant », reprend-il.
Au terme de ces deux procès, l’incompréhension prédomine toujours face à la cruauté dont ont fait preuve les jeunes assassins. « On reste sur notre faim, sans avoir compris pourquoi il a fait ça » explique le père de Shana, conscient que « le plus dur ça va être le retour, quand on sera sortis de la bulle du procès et qu’on va réfléchir à tout ça. »
La peine maximale pour les deux assassins de Shana
Pour les avocats de la partie civile, « ce verdict est un pas vers l’apaisement dans leur souffrance, car les deux accusés ont pris la peine maximale envisageable pour leur âge au vu de l’atrocité des faits qu’ils ont commis » a réagi Me Catherine Moissonnier.
« Nos clients sont restés dignes tout au long de cette deuxième épreuve du procès », ajoute Me Julien Barre. « Ils n’ont qu’une envie maintenant c’est de passer à autre chose et essayer d’oublier ces deux individus, dont celui-ci qui est resté de marbre tout au long du procès. »
Reste à savoir si le second condamné pour l’assassinat de Shana exercera son droit d’appel. Ou si, comme sa complice, il acceptera cette sentence sans demander à être rejugé. Il a dix jours pour le faire.
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