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Le club des Aiglons d’Orient, pilier du sport dionysien depuis 1955, souffle ses 70 bougies

Ecrit par Samuel Irlepenne – le vendredi 17 octobre 2025 à 07H30
© Aiglons d'Orient

Depuis des décennies, les Aiglons d’Orient font vibrer Saint-Denis. Pour leurs 70 ans, ce club historique ouvre ses portes au public ce week-end, entre souvenirs, sport et célébration.

Fondé en 1955 par la communauté chinoise, le club omnisports des Aiglons d’Orient célèbre cette année ses 70 ans d’existence. Niché au cœur du centre-ville de Saint-Denis, à l’angle des rues Sainte-Anne et Jules Olivier, ce lieu emblématique a vu passer des générations entières de basketteurs et de pongistes réunionnais. Pour marquer cet anniversaire exceptionnel, le club ouvre ses portes les vendredi 17 et samedi 18 octobre 2025, de 10h à 19h, pour deux jours de fête et de découvertes sportives. Au programme : ateliers d’initiation, tournois, défis ludiques, distribution de goodies et une zumba géante pour clôturer la journée en musique et en énergie. L’événement est ouvert à tous et gratuit, une invitation à (re)découvrir ce monument du sport dionysien.

Une aventure née au cœur de la communauté chinoise

Les Aiglons d’Orient trouvent leurs racines dans la volonté de la communauté chinoise d’offrir aux Dionysiens un lieu dédié à la pratique du sport et à la convivialité. À l’époque, le club proposait deux disciplines principales : le basket-ball et le tennis de table, deux sports devenus au fil des décennies indissociables de son identité.

"C’est un lieu mythique, chargé d’histoire, qui appartient aux mémoires individuelles et collectives", rappelle la direction du club.

Aujourd’hui encore, l’âme des Aiglons continue de battre grâce à la transmission entre générations. Avec 175 licenciés en basket-ball et 165 en tennis de table, le club reste l’un des plus dynamiques de l’île.

"Les Aiglons, c’est un mode de vie"

Pour Richard Allane, président du club depuis 2021, les Aiglons d’Orient représentent bien plus qu’une structure sportive. "Les Aiglons, c’est une grande partie de ma vie, de mon enfance", confie-t-il. "Au début, j’étais plutôt casanier. C’est ma mère qui m’a dit un jour : arrête de regarder la télé et va faire un sport ! (rires). C’est comme ça que je suis venu ici, avec des amis d’école, pour jouer au tennis de table."

Soixante-dix ans après sa création, le club conserve cette dimension familiale et inclusive. "Certains de nos adhérents ont vu leurs parents, voire leurs grands-parents y jouer. Les Aiglons, c’est un club familial avant tout. On aime se retrouver ici, on se sent bien. Il y a une vraie âme dans ce lieu", poursuit-il.

"Il y a une vraie âme dans ce club" indique Richard Allane, président des Aiglons depuis 2021

Entouré d’une équipe passionnée, Richard Allane insiste sur la force du collectif : "Je ne réalise pas encore le poids de l’histoire, mais c’est un honneur de représenter ce club. Nous souhaitons continuer à transmettre les valeurs que nos anciens ont défendues. Ce que je souhaite, c’est une longue vie aux Aiglons et que cet esprit de famille perdure."

Jean-Marc Lacaille, mémoire vivante du basket réunionnais

Difficile d’évoquer les Aiglons d’Orient sans parler de Jean-Marc Lacaille, figure incontournable du basket réunionnais. Ancien joueur, dirigeant, éducateur et formateur, il a traversé plus d’un demi-siècle d’histoire du club. "Je suis arrivé aux Aiglons après mon service militaire. Beaucoup de clubs voulaient me recruter, mais j’ai choisi les Aiglons, parce que c’était près de chez moi. Je sentais que j’avais quelque chose à y faire", raconte-t-il.

À son arrivée, le club compte une poignée de joueurs. Il s’investit aussitôt dans la formation, recrute, structure et fait grandir la section basket, jusqu’à la mener à de nombreux titres de champion de La Réunion.

L’ambiance, à l’époque, était électrique. "Dans les années 60 et 70, Saint-Denis comptait six ou sept clubs de basket. Les soirs de match, il y avait 500 à 600 spectateurs, parfois même les CRS pour encadrer la foule (rires) !", se souvient-il. "Les gens venaient de toute la ville pour voir les Aiglons jouer. C’était un club respecté et redouté."

Sous son impulsion et celle d’autres figures emblématiques comme Alexandre Ah-Sing, Marcel Ha-Sum ou encore Maurice Fong-Kiwok, sans oublier le soutien indéfectible de Georges Chane-Lock dit "Ah-Foune", les Aiglons deviennent une référence du basket réunionnais. Le club brille par sa formation des jeunes, alimentant les sélections locales.

Mais au-delà des résultats, l’esprit du club reste celui de la famille et du partage : "Les Aiglons, c’est un club où on se sent bien. Les gens viennent, ils restent. Il y a toujours eu une entraide entre les présidents, les joueurs et les bénévoles. On faisait des boums, des soirées brochettes, des moments conviviaux. On vivait le sport ensemble, dans la simplicité et la sincérité."

Un héritage tourné vers l’avenir

Aujourd’hui, le club continue de miser sur la formation et sur les échanges internationaux pour nourrir sa dynamique. Des partenariats existent avec la Chine, les îles de l’océan Indien et la métropole, afin d’aguerrir les jeunes aux exigences du haut niveau. Objectif : préparer la prochaine génération d’espoirs réunionnais, notamment pour les Jeux des Îles de l’océan Indien.

Pour marquer comme il se doit ses 70 ans, les Aiglons d’Orient organisent deux grandes journées portes ouvertes les 17 et 18 octobre 2025. Au programme : des ateliers et tournois de basket-ball, mêlant initiations, matchs amicaux et compétitions de 3x3, mais aussi des animations autour du tennis de table, avec des démonstrations d’équilibre, de jonglage et des séances de découverte pour petits et grands. 

Les visiteurs pourront également participer à des mini-challenges pour tenter de remporter des goodies aux couleurs du club. Les festivités se clôtureront chaque soir par une grande séance de zumba, de 19h à 20h, dans une ambiance conviviale et festive.

Soixante-dix ans après sa création, les Aiglons d’Orient demeurent un symbole vivant du sport réunionnais. Un lieu où se mêlent mémoire, transmission et passion, et où chaque génération trouve sa place. "Ce que je souhaite, c’est que le club continue longtemps à faire rêver les jeunes et à rassembler les familles", conclut Richard Allane.

© Aiglons d'Orient
Jean-Marc Lacaille, Marcel Ha-Sum et Richard Allane © Aiglons d'Orient
© Aiglons d'Orient
Etiquettes : Basketball | Sport

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