Revenir à la rubrique : Santé

Saint-Denis : une semaine dédiée à la prévention des conduites addictives chez les femmes

Ecrit par T.L. – le mardi 7 octobre 2025 à 06H26

Les acteurs de la prévention et du traitement des conduites addictives et des comportements à risques se mobilisent cette semaine à Saint-Denis en investissant les lieux publics pour donner de la visibilité à leurs actions. Une grande journée de la prévention est organisée samedi au jardin de l'État.

Une semaine pour informer les femmes sur la prévention et le traitement des conduites addictives et les comportements à risques. Une semaine pour les convaincre de parler, de se confier, de frapper à la porte de l'une des associations ou structures de soins présentes à Saint-Denis.

Ce mardi 7 octobre, c'est le grand lancement de la semaine « Femmes et addictions », avec un parcours de la prévention au parc de la Trinité, un village bien-être et un spectacle de comédie musicale de l'artiste Stéphanie Thazar. Lundi, un point information sur les addictions était fourni aux usagers du téléphérique du Chaudron.

Lire aussi : Alcool et autres drogues : L’ARS veut une communauté territoriale de lutte contre les addictions

À La Réunion, 9 enfants naissent tous les jours en étant porteurs d'un syndrome d'alcoolisation fœtale et 12 plaintes sont enregistrées quotidiennement pour des violences, lesquelles concernent le plus souvent des femmes victimes de leur conjoint ayant consommé de l'alcool.

Faire tomber les barrières

« On refuse l'indifférence. La ville choisit la prévention, la solidarité et la fraternité », assure Marie-Annick Andamaye, élue de Saint-Denis en charge de la santé, qui relève des formations aux conduites addictives proposées aux personnels de la mairie et évoque des actions de prévention dans les quartiers ou lors de manifestations sportives.

Organisée par l'association les Maillons de l'espoir et le club d'Animation et de prévention de la ville, avec le soutien de l'ARS et de nombreux autres partenaires, la Semaine de la prévention des conduites addictives et des comportements à risques doit permettre de faire tomber quelques barrières, dont celles qui feinent la décision des femmes de demander l'aide.

« Un homme qui boit, ça passe, une femme qui fait la même chose, vous savez ce qu'on dit : c'est laid », résumé l'addictologue David Mété. Le poids du regard des autres, plus sévère que lorsqu'il s'agit d'un homme ayant pourtant les mêmes pratiques, ou la crainte de perdre la garde de ses enfants lorsqu'on est mère, font encore hésiter les femmes à entamer une démarche de soin.

Retard de diagnostic et injustices biologiques

Au retard de diagnostic induit s'ajoutent des « injustices biologiques », relève encore le Dr David Mété, en soulignant qu'une cirrhose peut se déclarer au bout de 13 ans chez une femme, contre 20 ans chez un homme.

L'association les Maillons de l'espoir, présente régulièrement sur le terrain avec des maraudes, a observé une forte augmentation des femmes dans le public suivi : de 8% en 2021, elles représentent 31% des personnes accompagnées en 2024. « On voit des femmes tôt le matin devant les boutiques, cela n'arrivait pas avant », avance Jean-Claude Fauchin, le président de l'association.

À retenir dans la programmation de cette Semaine de la prévention des conduites addictives : les organisateurs proposent un ciné-débat le 10 octobre (18h) au Ciné Palmes autour du film Des jours meilleurs et tiendront un village de la prévention le samedi 11 octobre au jardin de l'État.

Etiquettes : Alcool et addictions

Dans la même rubrique

0💬
Tri :