Un SDF agressé par une bande… pour une chaîne en argent

Lundi, un jeune récidiviste d’une vingtaine d’années a été condamné à deux ans de prison ferme pour un vol avec violence. Le 27 août dernier, El-Had A. M. avait agressé un sans domicile fixe avec l’aide de quatre complices.
Les agressions en meute se suivent et se ressemblent avec la triste constatation que les autorités peinent à les enrayer. La semaine passée, un ressortissant allemand a été pris à partie dans le secteur de l’hôtel Radisson à Saint-Denis par une bonne demi-douzaine de mineurs qui en voulaient à son argent. Il semble qu’il n’y ait pas eu de poursuites en dépit de quelques arrestations. Idem pour une autre victime qui n'aurait pas été identifiée. Ceci pour dire qu’il convient d’être prudent dans les rues de Saint-Denis à la nuit tombée et de changer de trottoir si vous croisez un groupe d’excités, le cas échéant.
Le problème ne se pose d’ailleurs pas seulement en pleine nuit ou entre chien et loup dans la ville préfecture. L’audience de comparution immédiate de ce lundi 1er septembre l’a une fois encore démontré. Le 27 août dernier, un SDF se balade au beau milieu de l’après-midi avec sa sacoche sur lui. Rue Roger Payet à Sainte-Clotilde, il est abordé par un groupe de plusieurs jeunes gens, trois mineurs et deux jeunes majeurs.
Frappé avec sa propre sacoche
El-Had A. M. et sa petite troupe l’encerclent. D’emblée, l’homme se fait arracher sa sacoche, lestée d’un gros mousqueton en métal, par un des mineurs. Celui-ci s’en sert pour le frapper violemment à la tête, provoquant une plaie sanguinolente. Le chef de bande, El-Had A. M., en profite pour le saisir par le col et le dépouiller de la chaîne en argent pendue à son cou. Un autre pointe un couteau sur lui en menaçant de le tuer.
Bien que cerné, le SDF parvient à prendre la fuite. Il part en trombe jusqu’à la station-service Engen toute proche pour échapper à ses poursuivants qui se lancent à ses trousses. Il est évidemment en panique et tente de se dissimuler avant d’être frappé à nouveau, comme le prouvent les images des caméras de vidéo-surveillance.
Un soi-disant litige pour une paire de baskets
Interpellés par les policiers de la Bac, les suspects racontent une version à dormir debout. Ils auraient d’abord cherché à lui vendre des comprimés d’ecstasy contre son gré. Le vol de la chaîne ? El-Had A. M. le conteste jusqu’à ce que les policiers la retrouvent en sa possession tout comme la sacoche d’ailleurs, conservée par un des mineurs.
Finalement, le prévenu explique que la victime lui devait une somme de 450 euros pour l’achat d’un téléphone. Il est encore question d’une paire de baskets qui lui aurait été dérobée. « C’est pour ça que je lui ai demandé sa chaîne… », ajuste-t-il à la barre. A l’écouter, il n'aurait même pas usé de violence.
« La justice a déjà tout fait pour lui… »
Le problème pour El-Had A. M. est qu’il a déjà été condamné à trois reprises par la justice, notamment pour vol avec violence. Il est sorti de prison pour la dernière fois en mars dernier. Avant cela, il a déjà bénéficié de la clémence des juges avec un travail d’intérêt général de 210 heures qu’il n’a jamais effectué.
Pour la vice-procureure de la République, il s’agit « encore d’un fait de violence sur la voie publique sur fond de trafic de stupéfiants ». La magistrate souligne son statut de récidiviste. Elle rappelle aussi que « la justice a déjà tout fait pour lui… sursis probatoire, travail d’intérêt général, bracelet électronique ». Sans que cela porte ses fruits. Pour ces faits qu’elle estime « inacceptable », elle requiert donc deux ans de prison ferme et l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.
L’avocate de la défense estime que la peine demandée est « disproportionnée même si ce qu’il a fait est effectivement inacceptable ». Elle plaide pour « un sursis probatoire avec des obligations qui auraient plus de sens pour le suivre ». Peine perdue. Le tribunal suit les réquisitions du ministère public à la lettre.


