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La Plateforme réunionnaise dévoile ses ambitions, mais pas ses candidats

Ecrit par Baradi Siva – le jeudi 14 août 2025 à 05H51

L'équipe de maires et responsables politiques rassemblés par Ericka Bareigts fait sa rentrée ce mercredi 13 août. La Plateforme réunionnaise présente son programme pour La Réunion, à l'orée d'une séquence politique déterminante : Municipales 2026, Départementales et Régionales 2028. Pas d'annonce officielle de candidature pour les élections aujourd'hui : l'objectif était de présenter la stratégie globale de défense des intérêts de La Réunion, notamment à l'approche du CLOM (Comité local Outre-mer).

C'est la rentrée pour une partie de la gauche. Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, a rassemblé les membres de la Plateforme réunionnaise pour présenter les axes de son projet pour La Réunion.

Mais les rangs étaient incomplets ce mercredi pour la reprise. L'édile bénédictin, Patrice Selly, hors département, était représenté par son premier adjoint, Ridwane Issa. Jacques Técher, maire de Cilaos, déjà absent lors de précédents rassemblements, n'est lui pas rentré à temps de ses vacances.

Municipales : les noms des candidats connus en fin d'année

Si les membres de la Plateforme réunionnaise ont bien présenté en détail leur programme pour une stratégie globale de développement de La Réunion pour les prochains mois, aucun ne s’est prononcé quant à une candidature aux Municipales.

Éricka Bareigts explique que "ce qui intéresse avant tout les Réunionnais, c'est le projet." Ce travail est mené depuis de longs mois via la Conférence péï qui s'est réunie à trois reprises. “L’incarnation des projets” sera un sujet pour la fin de l'année après consultation de toutes les formations politiques de la plateforme. Une stratégie qu’elle veut en opposition à un “autoritarisme”. La patronne du parti de la rose doit aussi répondre aux exigences nationales de la fédération socialiste qui validera officiellement les candidatures fin 2025.

Maurice Gironcel veut, lui, consulter ses militants avant de se prononcer sur son souhait ou non de rempiler à Sainte-Suzanne. Il organisera un grand meeting le 21 septembre. Mais une candidature sera-t-elle annoncée alors que le délibéré de l’affaire Sidélec - où il risque cinq ans d'inéligibilité immédiate - doit tomber quatre jours plus tard ?

Comme son homologue de Sainte-Suzanne, Olivier Hoarau a aussi une épée de Damoclès au-dessus de la tête après avoir fait appel de sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire du Cap Sacré Cœur. Le maire du Port veut consulter ses militants avant d'annoncer une candidature, mais n'a pas encore choisi de date pour un meeting. Il doit aussi composer avec son procès en seconde instance, dont le jour de la tenue n'est pas connu non plus.

À noter que la Plateforme de La Réunion compte bien un candidat officiel, Patrice Selly, maire de Saint-Benoît, qui avait annoncé dès l'année dernière sa volonté de briguer un nouveau mandat.

Les autres formations politiques sont, elles, déjà en ordre de marche avec Huguette Bello qui a sillonné La Réunion pour introniser plusieurs candidats durant les vacances et Jean-Jacques Morel qui commence à placer des représentants du RN autour de l'île. À noter que la nouvelle plateforme de centre-droit n'a pas encore choisi officiellement ses candidats pour les Municipales.

Les ambitions de la Plateforme réunionnaise

La Plateforme réunionnaise a présenté les grandes lignes d'un plan de résilience pour La Réunion. Les secteurs du bâtiment et de la canne font partie des piliers évoqués par Olivier Hoarau. Un appel est lancé au soutien à l'agriculture et à la construction. Un combat qui passera aussi par une réflexion autour des contrats aidés.

Ridwane Issa, représentant de Banian, a surtout évoqué le sujet de la sécurité, proéminent à Saint-Benoît. Il a aussi prôné l'égalité dans les règles d'attribution des prestations sociales entre La Réunion et Mayotte.

Maurice Gironcel a rappelé l'intention de la Conférence péi, organisée par la plateforme, de proposer une loi d'orientation pour La Réunion, "co-construite avec toutes les forces vives".

La Plateforme réunionnaise dépassera les consignes du CLOM

Éricka Bareigts a d'ailleurs insisté sur la "méthode" de réflexion menée à travers les trois éditions de la Conférence péi qui a permis de remettre une proposition au ministre des Outre-Mer. "On a demandé une Conférence territoriale élargie, mais on a eu un CIOM local. Mais on n'est pas satisfait parce que tout est limité et cadré, sur six thèmes", déplore la maire de Saint-Denis qui pointe du doigt l'absence de sujets comme la santé et la transition démographique dans le programme dicté par le gouvernement.

La patronne du PS réclame une réflexion globale : "Nous, on se demande quelle société pour La Réunion ?" Elle annonce que la Plateforme réunionnaise ne boycottera par le CLOM (Comité local des Outre-mer), mais maintiendra sa stratégie : "Nous allons dépasser les consignes et proposer des mesures qui utiliseront les fonds de l'État."

La Plateforme réunionnaise ne compte pas que des maires dans ses rangs, mais aussi des parlementaires. Audrey Bélim, sénatrice, s'est exprimée sur les travaux qui l'attendent. L'objectif est de continuer le combat contre les coupes budgétaires prévues par le gouvernement. Elle lance un nouvel appel à la collaboration transpartisane qui a permis, justement, l'adoption de la Loi Bélim sur l'encadrement des loyers.

Les sujets de la rentrée

Philippe Naillet, député, insiste aussi : "On ne veut pas que la Loi contre la vie chère soit un paravent pour les grands groupes, qui leur permettra de s'enrichir sur le dos des Réunionnais." Il appelle à ce que ce texte permette aussi une "bifurcation écologique". Parmi les propositions de la Plateforme réunionnaise : imposer la transparence aux grands groupes et ce par territoire, créer une autorité de la concurrence pour les Outre-mer et encadrer les prix pendant les périodes de crise.

Cette conférence de presse de rentrée était aussi l'occasion pour la Plateforme réunionnaise de rappeler ses positions sur d'autres sujets. Ses membres appellent à continuer le combat contre la Loi Duplomb et déplorent la gestion diplomatique par le gouvernement des violences à Gaza.

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