Retailleau persiste et signe, malgré la tension au sommet de l’État

Après ses déclarations acerbes contre le macronisme, Bruno Retailleau assume pleinement sa ligne. Le ministre de l’Intérieur se dit fidèle à ses convictions, quitte à alimenter la crispation au sein du gouvernement.
Bruno Retailleau n’a pas l’intention de rétropédaler. Deux jours après avoir dénoncé dans Valeurs Actuelles la politique du « en même temps », qu’il juge responsable de « l’impuissance » de l’État, le ministre de l’Intérieur a réaffirmé ce jeudi sa position, en marge de la présentation d’un plan anti-mortiers à Paris. « Pour rien au monde, je n’abdiquerai mes convictions », a-t-il martelé devant la presse, revendiquant son droit à la liberté de ton, même depuis les bancs du gouvernement.
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Si la sortie a suscité une onde de choc au sein de l’exécutif, Retailleau n’entend pas faire marche arrière. « Tant que les décisions sont conformes à l’intérêt national, conformes à mes convictions, il n’y a pas de raison que je quitte le gouvernement », a-t-il précisé, tout en assurant qu’il continuerait de « faire son devoir à fond ».
L’affaire a toutefois crispé l’Élysée. Lors du conseil des ministres de mercredi, Emmanuel Macron a fustigé « la caricature parfois simpliste des choses » — une phrase que beaucoup ont interprétée comme un tir ciblé contre le ministre vendéen. Plusieurs membres du gouvernement, dont Élisabeth Borne, Marc Ferracci ou Agnès Pannier-Runacher, ont publiquement désapprouvé les propos de Retailleau.
Initialement prévu ce jeudi soir, un entretien entre le ministre de l’Intérieur et le chef de l’État a été annulé. À la place, Bruno Retailleau devrait être reçu par le Premier ministre François Bayrou. Un changement de programme qui en dit long sur le climat électrique au sein de la majorité recomposée.


