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Bruno Retailleau enterre le macronisme et provoque la colère du camp présidentiel

Ecrit par N.P. – le mercredi 23 juillet 2025 à 07H43
Capture d'écran France 2

En affirmant que le macronisme « s’achèvera avec Emmanuel Macron », Bruno Retailleau a déclenché une vague de réactions au sein de la majorité. Plusieurs ministres dénoncent une tentative de division au sein du gouvernement de coalition.

Le président des Républicains, également membre du gouvernement, affirme que le macronisme « n’est ni un mouvement politique ni une idéologie », mais qu’il repose « essentiellement sur un homme », Emmanuel Macron. « Je ne crois pas au “en même temps” », a-t-il ajouté, critiquant le positionnement central revendiqué par le chef de l’État, qu’il accuse de favoriser l’inaction.

Retailleau, qui doit rencontrer le président de la République jeudi à l’Élysée, précise que sa participation au gouvernement n’est pas synonyme d’adhésion au macronisme. Il affirme agir au nom de « l’intérêt général » et pour empêcher l’arrivée au pouvoir d’une « gauche mélenchonisée ». Il se revendique d’une « droite utile, mais pas docile », souhaitant peser dans les décisions gouvernementales avec ses « convictions de droite ».

Borne voit rouge

Le ministre a par ailleurs réaffirmé que La France insoumise constitue selon lui « la pire menace politique », davantage encore que le Rassemblement national. Il appelle à la mise en place d’un « cordon sanitaire » contre LFI lors des municipales de 2026, et plaide pour une large coalition de droite, sans pour autant clarifier une éventuelle alliance avec l’extrême droite.

Ces déclarations ont suscité un tollé au sein de la majorité. La ministre Élisabeth Borne a réagi sur X (ex-Twitter), accusant Retailleau de vouloir « diviser le socle commun » et "d’affaiblir les remparts contre les extrêmes ». Elle défend une vision du macronisme comme « une idéologie ET un parti politique », et appelle à « un respect mutuel » entre partenaires gouvernementaux.

"Petit calcul politique"

Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, a elle aussi pris la parole pour défendre le projet présidentiel, qualifié de « choix de l’action face au populisme ». De son côté, le parti Renaissance a dénoncé des propos « inacceptables » de la part d’un ministre, estimant qu’une telle fonction implique « une responsabilité particulièrement lourde » et qu’aucun « petit calcul politique » ne peut être toléré.

Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a assuré que « le macronisme ne s’arrêtera pas », affirmant qu’il appartient à la majorité de « le porter et le revendiquer ». Même tonalité du côté de Marc Ferracci, ministre de l’Industrie, qui a rappelé que « de nombreux Français » se reconnaissent encore dans ce projet politique, et que « le manque de respect n’est pas la meilleure manière de bâtir un projet rassembleur ».

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