Violences conjugales : condamné et averti en avril, il réitère en mai et finit écroué en juillet

Un homme comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences conjugales en récidive. Sous le coup d'une interdiction de contact avec sa compagne, qui est aussi sa victime, il réitère des violences à son encontre à peine un mois après sa dernière condamnation.
Le 31 mai dernier, une jeune femme dépose plainte au commissariat de Malartic pour des faits de violences. Elle explique que son compagnon l’a giflée et menacée de mort à plusieurs reprises. Elle indique qu’ils vivent à Saint-André et qu’elle est venue se mettre à l’abri chez une amie. Le dossier est transmis au commissariat de l’Est, qui interpelle et place le mis en cause en garde à vue. La jeune femme décrit une scène violente où elle a été tirée par les cheveux, giflée et menacée de mort avec un couteau. Toute la scène se passe dans le salon, à proximité de leur bébé de quelques mois dont elle s’occupe.
Le bébé est né le 17 avril dernier, jour où le mis en cause s’est vu notifier une peine de dix mois de prison avec sursis probatoire, ainsi qu’une interdiction de contact avec la mère de son enfant. Ces faits datent de janvier 2025. Ils concernaient déjà des violences à son encontre, alors qu’ils étaient séparés.
À la barre, Jean-Pascal C. nie les faits en bloc. Comme il l’explique, « elle m’a utilisé et piégé parce qu’elle veut que j’aille en prison ». Sauf que l’enquête de voisinage corrobore les déclarations de la victime, qui s’est réfugiée chez sa voisine en pleurs et en état de stress. « Elle pleure sur commande », affirme même le prévenu, en parfait accord avec sa ligne de défense. Concernant le non-respect de l’interdiction de contact, il assure qu’ils se sont remis ensemble le 17 avril, à la naissance de l’enfant. Elle avait besoin qu’il vienne à la maternité pour signer la reconnaissance de paternité qu’il avait anticipée. Ensuite, et par « bonté d’âme », il l’a reprise chez lui, car elle n’avait pas de logement.
« Le seul défaut de la victime est sans doute de mal choisir ses partenaires »
« Cette jeune maman de 23 ans est fragile et dépendante de lui. Elle est déjà reconnue victime de lui le 17 avril par le tribunal et n’a aucun intérêt à mentir. Les faits sont corroborés par le voisinage, qui assure qu’il fait régner un climat de terreur dans le quartier », fustige la partie civile. Pour sa part, la procureure estime que « le seul défaut de la victime est sans doute de mal choisir ses partenaires ». La magistrate enfonce le clou en citant les propos du prévenu en garde à vue, attestant que « c’est une croqueuse d’hommes qui envoie tous ses compagnons en prison ». Elle requiert dix mois de prison, la révocation de cinq mois du sursis en cours et le maintien en détention.
Pour la défense, « il n’est ni une brute, ni violent de nature, cela ne correspond pas à ce que je connais de lui ». L’avocate assure qu’il n’avait pas l’intention de « braver son interdiction de contact », affirmant au contraire que son client a « simplement eu un geste d’humanité envers la mère de son enfant ». L’homme de loi insiste en indiquant au tribunal que « c’est le troisième conjoint qu’elle envoie en prison ». Forte de ces remarques, la défense demande la relaxe du prévenu. « Le tribunal vous déclare coupable », indique la présidente, qui prononce une peine de huit mois de prison, la révocation de cinq mois du sursis en cours ainsi que le maintien en détention.


