Saint-Joseph : un SDF condamné à 6 ans pour un coup de couteau entraînant une infirmité permanente

Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre a jugé ce mercredi 9 juillet un SDF qui a donné un coup de couteau à un autre sans-abri en janvier 2024 à Saint-Joseph. Après une requalification des faits, le tribunal l’a déclaré coupable et l’a condamné à 6 ans de prison ferme.
C’est une pulsion de colère aux conséquences lourdes. Le 6 janvier 2024, Mickaël O., sans domicile fixe, donne un coup de couteau au niveau de la carotide de Loïc*, également sans-abri, dans un squat de Saint-Joseph. Le conflit entre les deux hommes tourne autour de Lisa*, l’ex-compagne de Loïc qui est à présent avec Mickaël. Un drame qui s’est joué sur fond d’alcool puisque l’auteur des coups avait été interpellé avec 3 g d’alcool ce jour-là, vers 17 h.
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Le pronostic vital de la victime est engagé, mais elle survit par miracle. Cependant, les conséquences sont lourdes puisque Loïc a également fait un AVC au moment du coup de couteau. Il se retrouve avec une infirmité permanente avec une perte de contrôle de la partie gauche de son corps. Il a également des problèmes psychologiques avec des pertes de mémoire et des difficultés à se situer dans l’espace et le temps. La CGSS, par la voix de son avocat, a précisé que pour le moment, le total des soins s’élève à 457 126 euros. Elle se constitue partie civile.
Un geste motivé par des tensions personnelles
Pour expliquer son geste, Mickaël affirme durant le procès que Loïc l’insultait depuis plusieurs jours avec des propos racistes et des insultes sur sa compagne et sa mère. De plus, il dit que Loïc lui aurait volé l’argent de son RSA qu’il avait mis dans le portefeuille de Lisa.
L’expertise psychiatrique va indiquer que Mickaël n’a pas de maladie mentale et qu’il n’a aucune dangerosité psychiatrique, mais donne un avis défavorable au vu de sa personnalité. Son casier judiciaire ne comporte qu’une seule mention pour tentative de vol en réunion, ce qui a étonné les magistrats pour quelqu’un qui a passé 18 ans à vivre dans la rue.
“Il n’y a pas de bagarre, pas d’insultes, pas de provocation, simplement une discussion. Tous les faits se cristallisent ce jour-là. Pourquoi ? Parce qu’il était jaloux que la victime parle à sa copine. C’est sur le coup de la jalousie qu’il a agi”, argue Me Ingrid Geray pour la partie civile.
Un débat autour de la qualification des faits
De son côté, le vice-procureur demande une requalification des faits de violences aggravées à violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, faisant passer le quantum de 7 à 10 ans de prison. “La victime ne vivra plus jamais comme avant. C’est un crime qui a été, par opportunité, correctionnalisé, au lieu d’être renvoyé aux Assises. Cela grâce à ce sacrosaint principe d’individualisation de la peine. Alors on va individualiser la peine : je demande 10 ans de prison ferme !”
“Si on parle d’opportunité ici, c’est celle de la requalification des faits dès que l’on a parlé de l’infirmité. Ce jour-là, il y a eu un coup de couteau, mais il y a également eu un AVC. On ne connaît pas le lien de causalité sur ce qui a provoqué l’hémiplégie.” La défense rappelle également “qu’après le coup, il réalise son geste et fait les premiers soins. C’est probablement ce qui l’a sauvé. C’est donc qu’il n’avait pas l’intention de le tuer.”
Finalement, le tribunal estime qu’il y a bien un lien de causalité entre le coup de couteau et l’infirmité et requalifie les faits. Il est condamné à 6 ans de prison ferme et doit déjà verser 2 400 euros de frais d’avocat à la victime. Le reste des dédommagements pour la victime et la CGSS sera décidé lors d’un renvoi sur intérêts civils.
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