Trafic de drogue à Mayotte: Le patron de la gendarmerie outre-mer à Paris met la pression sur le juge mahorais

L'affaire de trafic de drogue à Mayotte impliquant deux gendarmes et un policier du Groupe d'intervention régional et en lien direct avec la mort par overdose d'une jeune mahoraise, Roukia (lire : [Des policiers et gendarmes de Mayotte trafiquants de drogue]urlblank:http://www.zinfos974.com/Des-policiers-et-gendarmes-de-Mayotte-trafiquants-de-drogues_a30841.html ), a traversé les mers et commence à inquiéter en haut lieu. Hier, le Parisien publiait un article au titre évocateur autant que provocateur : ["Les Ripoux de Mayotte embarassent la gendarmerie"]urlblank:http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-ripoux-de-mayotte-embarrassent-la-gendarmerie-15-08-2011-1566102.php .
"Je me demande donc sincèrement s’il ne serait pas prudent de remettre à plus tard de telles convocations"
Le journal local y explique que le général de division Jean-Régis Véchambre, le patron de la gendarmerie outre-mer à Paris, a envoyé deux mails au juge d’instruction en charge de l'affaire sur l'île aux parfums, Hakim Karki. Dans le premier mail daté du 5 juillet, l'officier explique au juge d'instruction qu'il trouverait "prématuré" l'éventuelle convocation des deux gendarmes et du policier puisque deux enquêtes internes sont en cours.
Nouveau message le lendemain et alors que les convocations sont parties. "Je ne vous cache pas ma surprise", aurait écrit le général Véchambre. Ce dernier évoque l’atteinte à "l’image de la justice" ou la nécessaire "cohésion" qui doit régner entre les acteurs de la chaîne pénale face aux "défis majeurs de sécurité", concluant : "Je me demande donc sincèrement s’il ne serait pas prudent de remettre à plus tard de telles convocations", révèle le Parisien. Deux mails qui sonnent comme deux pressions directes envers un juge d'instruction.
"Un déni de justice innacceptable"
Parralèllement à cette révélation, hier, les avocats de la Défense ont publié un communiqué pour s'opposer au dépaysement de l'enquête à la Réunion. Début août, le procureur général de la cour d'appel de la Réunion, Denis Robert-Charreau, a annoncé son intention de demander à la Cour de cassation la délocalisation de l'enquête.
Pour Me Mansour Kamardine, l'avocat de la famille de Roukia, mais aussi Me Saïd Larifou, Me Nadjim Ahamada et Me Catherine Preaubert, une telle demande "sonne comme un déni de justice innacceptable" puisque une délocalisation aurait pour effet de "provoquer une inégalité et une discrimination devant la justice entre (leurs) clients, sans revenus, et les gendarmes eux aussi mis en examen dans cette affaire".
Les avocats de la Défense demandent au contraire "l'élargissement de la mission du juge d'instruction de Mayotte pour continuer ses investigations sur les faits nouveaux apparus à l'occassion de son instruction". La Cour de cassation se prononcera en septembre sur la délocalisation, ou non, de l'enquête.



