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Chikungunya : la menace monte dans l’Hexagone avec 225 cas recensés

Ecrit par Gaëtan Dumuids – le jeudi 22 mai 2025 à 11H33

Alors que La Réunion entre en phase de décroissance de son épidémie de chikungunya, la situation sanitaire dans l’Hexagone retient l’attention des autorités. Les cas importés de chikungunya et de dengue se multiplient, faisant craindre une possible transmission locale, favorisée par la présence du moustique tigre dans 81 départements.

Depuis le 1er mai, date de début de la surveillance renforcée des arboviroses dans l'Hexagone, 152 cas importés de dengue et 225 cas importés de chikungunya ont été recensés, selon le dernier bulletin de Santé publique France daté du 21 mai 2025. Aucun cas de transmission autochtone n’a toutefois été identifié à ce jour.

Lire aussi : Chikungunya : les autorités redoutent une propagation de l'épidémie de La Réunion vers l'Hexagone

Mais cette situation sanitaire n’est pas sans alerter les autorités. Le ministère de la Santé a publié un communiqué le 15 mai dernier, soulignant un « risque particulièrement accru d’importation et de circulation du virus du chikungunya dans l'Hexagone ». Cette alerte fait suite à l'augmentation notable des cas importés, notamment depuis La Réunion.

Des cas importés en nette augmentation

En Île-de-France, 19 cas de chikungunya en provenance directe de La Réunion ont été détectés entre le 1er et le 13 mai, un chiffre qui dépasse déjà le total annuel enregistré en 2024. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce sont 18 cas qui ont été recensés, dont 10 également liés à La Réunion.

Ces chiffres sont à mettre en lien avec l’épidémie qui touche l’île depuis le début de l’année. Selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France hier, près de 188.600 consultations pour symptômes évocateurs de chikungunya ont été enregistrées depuis janvier, dont 49.400 cas confirmés. Douze décès sont officiellement attribués à la maladie, tandis que 35 autres, dont celui d’un nourrisson, sont encore en cours d’investigation.

Une situation en amélioration à La Réunion

La bonne nouvelle vient toutefois de l’évolution de l’épidémie sur l'île. Après un pic d’activité atteint en semaine 16, La Réunion est entrée dans une phase de décroissance. Le nombre de consultations en médecine de ville, de passages aux urgences et d’hospitalisations pour motif de chikungunya diminue semaine après semaine. La part d’activité aux urgences pour cette pathologie est ainsi passée de 4,1 % en semaine 19 à 3,1 % en semaine 20.

Une menace encore théorique, mais bien réelle

Reste que la menace d’une transmission autochtone dans l'Hexagone n’est pas écartée. Le moustique vecteur, l'Aedes albopictus, est désormais implanté dans 81 départements sur 96, créant un terrain propice à la transmission locale dès lors qu’un cas infecté est présent. L’Anses évalue d’ailleurs la probabilité d’une épidémie d’arbovirose dans les cinq prochaines années en France continentale à un niveau situé entre 6 et 7 sur 9, soit un risque élevé.

Les autorités appellent donc à la vigilance, notamment auprès des voyageurs de retour des zones touchées, qui doivent se protéger des piqûres pendant les quinze jours suivant leur retour. L’élimination des eaux stagnantes, milieu de ponte du moustique tigre, reste également un geste barrière essentiel.

Alors que l’été approche dans l'Hexagone, avec des températures favorables à la prolifération des moustiques et à la circulation des virus, les conditions sont réunies pour que des cas isolés puissent déboucher sur des transmissions locales. Une situation que la France hexagonale espère éviter, mais pour laquelle elle se prépare activement.

Lire aussi : Chikungunya : La Réunion poursuit sa phase de décroissance épidémique

Etiquettes : Chikungunya

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