Smur pédiatrique implanté dans le Nord : les maires de la Civis demandent à l’ARS de revoir sa décision

Les six maires de la Civis contestent le choix d’implanter le futur Smur pédiatrique régional sur le site Nord du CHU. Dans un courrier daté du 9 octobre, ils dénoncent un manque de concertation et réclament le retour à deux antennes, à Saint-Pierre et à Saint-Denis. L’Agence régionale de santé et le Centre hospitalier universitaire défendent une équipe unique disponible en permanence pour toute l’île, accompagnée d’un renforcement des urgences pédiatriques du Sud.
Les assurances données en septembre n’ont pas apaisé les inquiétudes des élus du Sud. Dans un courrier adressé au directeur général de l’Agence régionale de santé, les six maires de la Civis expriment leur « vive inquiétude » et leur « profonde indignation » face à l’organisation retenue pour le futur Smur pédiatrique.
David Lorion, Juliana M’Doihoma, Mathieu Hoarau, Serge Hoareau, Éric Ferrère et Laïla Nassibou demandent de suspendre toute décision concernant une implantation unique et de rétablir les deux antennes initialement envisagées, au Nord et au Sud, avec des moyens équitablement répartis.
Leur courrier intervient après l’annonce commune de l’ARS et du CHU, le 30 septembre, d’un Smur pédiatrique régional implanté sur le site Nord et mobilisable sur l’ensemble de La Réunion, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
De deux équipes à une implantation unique
Le 17 septembre, les deux institutions rappelaient qu’« il n’existe aujourd’hui aucun SMUR pédiatrique Sud susceptible d’être “supprimé” ». Elles indiquaient alors privilégier deux équipes réparties entre les sites Nord et Sud du CHU, tout en précisant qu’aucun arbitrage définitif n’avait été rendu.
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Le choix annoncé le 30 septembre retient finalement une autre organisation. Selon l’ARS et le CHU, le projet initial prévoyait deux équipes fonctionnant chacune douze heures par jour, cinq jours par semaine. Les travaux menés avec les professionnels ont conduit à privilégier « une équipe spécialisée permanente, disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et tous les jours de l’année ».
L’implantation dans le Nord est justifiée par l’organisation du Samu 974, auquel la future unité sera rattachée, les conditions nécessaires à cette permanence et la mobilisation de l’hélicoptère sanitaire.
« Une annonce faite à la dernière minute »
Les maires de la CIVIS contestent aussi la manière dont cet arbitrage a été annoncé. Selon leur courrier, l’ARS leur avait assuré qu’une décision de cette importance ne serait pas envisagée sans concertation préalable avec les élus.
Ils affirment que David Lorion, maire de Saint-Pierre et président de l’intercommunalité, a été informé par téléphone du projet d’implantation unique quelques heures avant la conférence de presse. « Une annonce faite à la dernière minute ne saurait tenir lieu de concertation avec les élus », écrivent-ils.
Les signataires jugent également la répartition des moyens inéquitable. Ils estiment que les financements, véhicules et recrutements seraient concentrés dans le Nord, tandis que le Sud ne serait doté que d’une infirmière. « Elle place l’ensemble du Sud dans une situation critique face à l’urgence pédiatrique, où chaque minute compte pour la vie d’un enfant », dénoncent-ils.
L’ARS annonce aussi des renforts dans le Sud
Le communiqué du 30 septembre présente toutefois les près de 2,8 millions d’euros de financements pérennes comme une enveloppe destinée à l’ensemble du plan, comprenant le Smur spécialisé et le renforcement des urgences pédiatriques du CHU Sud. Il n’en détaille pas la répartition financière ni le nombre de postes.
Dans le Sud, l’ARS annonce deux mesures : renforcer l’accueil et l’orientation infirmière 24 heures sur 24, ainsi que la présence médicale, notamment aux heures de plus forte activité.
Les deux institutions soulignent que les passages aux urgences pédiatriques du CHU Sud sont passés de 10.110 en 2020 à 18.809 en 2025, soit une hausse de 86 % en cinq ans.
Concernant les interventions, les Smur territoriaux existants doivent continuer à assurer la réponse de proximité. La future équipe pédiatrique apportera une expertise supplémentaire pour les urgences pédiatriques et néonatales complexes ou graves, sur décision de la régulation du Samu. Les déplacements pourront s’effectuer par voie terrestre ou par hélicoptère, lorsque les conditions médicales, opérationnelles et météorologiques le permettent.
Les élus réclament les études et la répartition des moyens
Les maires demandent désormais une réunion sans délai avec l’ARS, la communication des données et études ayant fondé ce choix, ainsi que la répartition précise des moyens financiers, matériels et humains prévus pour chaque site.
Faute de réponse satisfaisante, ils annoncent vouloir poursuivre leur mobilisation auprès des parlementaires et saisir les instances nationales.
De leur côté, l’ARS et le CHU prévoient un comité de suivi associant le Samu et les équipes concernées. Il devra évaluer le déploiement du dispositif, les délais d’intervention, la couverture des différents territoires et la sécurité des prises en charge.


