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Délinquance astucieuse : 57.000 euros escroqués avec des chèques en bois

Ecrit par I.S – le lundi 3 février 2025 à 15H48
Des billets, de l'argent

Jugé en appel pour une escroquerie impliquant 18 victimes, Julien B., veilleur de nuit à Saint-Benoît, espère une peine allégée après sa condamnation à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire.

Julien B., 38 ans, veilleur de nuit dans une école primaire à Saint-Benoit, contestait ce jeudi devant la cour d'appel la peine infligée en mai 2024 par le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Le Bénédictin a écopé de 3 ans de prison dont 2 avec sursis probatoire pour une affaire d'escroquerie. "Des infractions astucieuses", précise le président de l'audience.

Dix-huit sociétés ont été victimes du petit manège du prévenu entre 2021 et 2022, finalement pas si malin que ça. 17 ont porté plainte et seulement cinq ont eu le courage d'aller au bout de leur démarche en se portant partie civile. Deux garages, un magasin de meubles bien connu des Réunionnais, un vendeur d'automobiles d'occasion et un magasin de bricolage ont été réglés avec des chèques sans provision.

Sous bracelet électronique, un ami garagiste lui prête son Kbis

Julien B. s'était procuré deux chéquiers appartenant à compagne. Trente-six chèques répertoriés par les enquêteurs portent leur signature, soit un montant total escroqué de plus de 57.000 euros. Le trentenaire s'était spécialisé dans l'achat de véhicules d'occasion et trompait les vendeurs grâce au Kbis et au tampon "emprunté" à un ami garagiste. "Il était à l'époque sous bracelet électronique" et ne pouvait "pas vraiment exercer", précise le mis en cause qui reconnait les faits qui lui sont reprochés. Mais ce dernier n'est pas disposé à en porter un lui aussi, raison pour laquelle il plaide sa cause accompagné de deux avocats.

Une arme a été retrouvée chez Julien B. qui explique au président qu'il est féru de chasse. La cour s'étonne que le chasseur n'ait pas pensé à demander un permis. Une Porsche et deux Mercedes ont également été retrouvées en perquisition au domicile de l'intéressé, ce qui permet à la représentante de la société de s'assurer que les victimes seront remboursées.

D'ordinaire moins souple dans ses réquisitions, Françoise Barbier-Chassaing se veut aujourd'hui magnanime. Elle propose à la cour de prononcer une peine de 3 ans de prison avec sursis probatoire malgré les précédentes condamnations de Julien B. qui a déjà eu affaire à la justice pour des chèques sans provision.

Les deux conseils sont soudain soulagés. Tous deux font valoir le salaire modeste de l'employé de mairie alors que le président fait remarquer à ses assesseurs que les prévenus employés par la collectivité bénédictine "ont des casiers longs comme le bras". Un ange passe dans le prétoire. La cour rendra sa décision le 17 avril prochain.

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