Viol et harcèlement moral d'un élève : le professeur d'Aïkibudo condamné à 12 ans de réclusion

Accusé de viol et de harcèlement moral sur un mineur, Alain T., un professeur d'Aïkibudo de Petite-Île, comparaît ce mardi matin devant la Cour criminelle pour des faits présumés survenus en 2022. Déjà condamné en 2011 pour des agressions similaires, le sexagénaire, décrit comme dangereux et manipulateur par les experts, risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.
Selon les experts qui se sont penchés sur son profil psychologique, Alain T. présente une dangerosité criminologique ainsi que des agissements pervers. Les spécialistes décrivent un homme incapable de se réinsérer dans la société sans présenter un risque de récidive. Le sexagénaire est également décrit comme un pédophile, un pygmalion, un homme ayant un ancrage profond dans la perversité sexuelle "qu'il tente de faire passer pour la normalité" selon le psychologue qui l'a examiné.
Un passé judiciaire inquiétant
Accusé d'avoir violé et harcelé moralement un de ses élèves, le professeur d'Aïkibudo de Petite-Ile a déjà été condamné en novembre 2011 par le tribunal de Melun, en Seine-et-Marne, pour avoir administré des substances nuisibles à un mineur et l'avoir agressé sexuellement. Un passé judiciaire qui ne va vraisemblablement pas jouer en sa faveur lors de son procès devant la cour d'assises qui débute ce mardi matin.
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Le sexagénaire est poursuivi, bien qu'il s'en défende, de faits qui se seraient produits de janvier à septembre 2022. Lors d'une de ses nombreuses demandes de remise en liberté au cours de sa période de détention provisoire, le professeur d'art martial a affirmé que l’adolescent plaignant avait été très insistant. « Il était constant dans ses demandes et j’ai baissé la garde. Je me suis laissé faire », a-t-il déclaré.
Inondé de textos et menacé
Plusieurs actes sexuels non consentis ont pourtant été révélés par l'élève. Au soutien de sa plainte, le jeune garçon aurait fourni des messages et des échanges qui prouveraient ses liens avec le mis en cause. Ce dernier l'aurait inondé de textos et l'aurait menacé de divulguer son homosexualité sur les réseaux sociaux. Des photos compromettantes seraient jointes à la procédure.
Selon Alain T., 63 ans, le jeune homme de 16 ans avait prévenu son coach que son âge le gênait. "Il rigolait", balaie d'un revers le mis en cause, inversant ainsi la culpabilité.
L'audience criminelle va durer deux jours. Cinq magistrats sont en charge de juger l'accusé, la cour criminelle étant la juridiction qui juge les crimes passibles de peines allant jusqu'à 20 ans.
Ce mercredi en fin d'après-midi. Alain T. a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle, la peine requise par le parquet général. Son avocat a déjà annoncé qu'il ferait appel de cette décision.


