Kenya tuée par un jet de galet : neuf ans de prison pour deux des mineurs

Les quatre mineurs accusés d'avoir participé à un jet mortel de galet au Port ont été condamnés un an après le décès de Kenya. Les deux suspects principaux ont été condamnés à neuf ans de prison chacun. Leurs deux acolytes qui les auraient accompagnés, mais n'auraient pas lancé de projectiles, écopent de 18 mois de prison assortis d'un sursis probatoire de trois ans.
Le tribunal pour enfants a statué sur le sort des quatre mineurs impliqués dans la mort de Kenya, une automobiliste de 25 ans tuée par un jet de projectile depuis le pont du rond-point de la Rivière des Galets au Port. Tous mineurs au moment des faits, ils ont été condamnés ce jeudi 21 novembre.
Les deux principaux suspects, âgés de 14 et 15 ans au moment des faits, étaient accusés d'avoir lancé le galet qui a tué Kenya, étaient poursuivis pour violences ayant entraîné la mort. Ils écopent de neuf ans de prison.
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Deux autres jeunes, âgés de 15 ans lors de cette journée dramatique, auraient eux accompagné leurs camarades sans jeter de galet. Ils ont été condamnés à 18 mois de prison assortis d'un sursis probatoire de trois ans. Ils sont donc ressortis libres du tribunal.
Tous ont interdiction de se fréquenter, d'entrer en contact avec les victimes et ont obligation de réparer les dégâts.
"Après 9 ans, ils sortiront. Kenya ne reviendra plus."
Chenilla, la sœur de Kenya, s'exprime avec beaucoup d'émotion suite à la condamnation des accusés : "C'est mieux que rien, c'est juste", déclare-t-elle.
La jeune femme rappelle que les actes des adolescents ont eu une conséquence immuable : "Kenya ne reviendra plus jamais. Eux, n'iront que 9 ans en prison. Après 9 ans, ils sortiront. Kenya ne reviendra plus jamais."
Informée de l'intention des accusés de faire appel, elle se dit prête à revenir à La Réunion pour assister à l'audience.
"Justice a été faite"
"On est content que Justice ait été faite presque à la hauteur de ce qu'on a perdu. Mais cela ne pourra jamais faire revenir Kenya. J'ai compris qu'il y aura appel. Ce n'est pas grave, je suis un combattant", déclare Damiano, le mari de Kenya.
Il commente la peine à laquelle les principaux accusés ont été condamnés : "Neuf ans, c'est déjà une punition pas très chère pour l'acte qu'ils ont commis."
Une prise de conscience au moment de la condamnation
Me Aaeza Cadjee, avocate de l'un des accusés, réagit à la condamnation de son client : "C'est une sanction très lourde pour un jeune de 14 ans au moment des faits. Il accuse le coup. On réfléchit à la possibilité de faire appel."
Elle révèle que l'adolescent qu'elle défend s'est rendu compte de la gravité des faits commis durant le procès : "Je pense qu'il a eu une prise de conscience soudaine lorsqu'on lui a expliqué les neuf ans de prison et surtout lorsqu'il a eu sa mère dans les bras. Je pense qu'il l'a réalisé difficilement à la barre."
Au moins un des accusés fera appel
L'avocat de l'un des protagonistes principaux de l'affaire, maître Georges-André Hoarau, affirme qu'il fera appel dès vendredi matin.
Il s'insurge contre la peine de neuf ans prononcée à l'encontre de son client : "On ne peut pas mettre à des primo-délinquants, jeunes de surcroît, le maximum d'emblée."


