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Kenya tuée par un jet de galet : l'attitude des accusés choque

Ecrit par N.P. – le jeudi 21 novembre 2024 à 15H04
Le 30 septembre 2023, la jeune femme de 25 ans était grièvement blessée par un jet d'un galet avant de succomber à ses blessures (DR)

Le procès des quatre mineurs jugés pour avoir participé au jet mortel de galet au Port en septembre 2023 continue ce jeudi. Les proches de la victime, Kenya, se sont exprimés après l'audition des suspects. Ils déplorent une absence d'émotions et de regrets. Les peines maximales ont été requises à l'encontre des accusés.

Ce jeudi marque le deuxième jour du procès des quatre mineurs accusés d'avoir participé aux jets de galet, dont celui qui a coûté la vie à Kenya, 25 ans, sur la quatre voies du Port.

Les proches de la victime sont présents et déplorent un manque d'émotions des adolescents jugés. Le procureur de la République a requis 9 et 10 ans de prison pour les deux principaux accusés, 18 mois de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans et demandé pour les deux autres mineurs. Une obligation de soins et de suivis est aussi souhaitée. Les peines maximales ont été réclamées par le Parquet.

Les accusés n'ont exprimé aucune émotion au moment de l'annonce des réquisitions.

La sœur de la victime est arrivée à La Réunion pour assister à l'audience. Elle s'est exprimée ce matin avec beaucoup de difficulté.

"C'est lourd pour la famille. Je n'ai pas l'impression que les enfants regrettent, ou aient conscience de ce qu'ils ont fait. Ce sont des dangers publics", déclare-t-elle avant d'ajouter : "Ce sont des assassins, ils ont tué quelqu'un."

"Quelque part, on se dit que les parents ont des responsabilités", lance-t-elle.

Lire aussi : Un procès chargé d'émotions au tribunal pour enfants

Le mari de Kenya abonde dans ce sens : "La responsabilité des parents, c'est une grosse partie. Aujourd'hui, les parents soutiennent à fond leurs enfants. Je ne comprends pas pourquoi ils n'étaient présents avant pour éviter la tragédie. J'ai aussi cinq enfants, j'ai toujours été présent pour eux."

Maître Jean-Jacques Morel défend la sœur de Kenya. Il déclare : "Il y a un problème de déresponsabilisation. On n'est pas dans un jeu vidéo. On a l'impression qu'ils considéraient qu'ils étaient dans un jeu. Mais c'était un jeu mortel, une roulette russe qui devait conduire à tuer et ça, ils ne pouvaient pas ne pas l'imaginer."

"Il n'y a pas eu de larme de versée. La commandante de police a expliqué que jamais, ils n'ont exprimé la moindre émotion. Il y a une question de déficience d'éducation", déplore-t-il.

Maître Georges-André Hoarau, qui défend les intérêts de l'un des accusés, a lui affirmé qu'il plaiderait l'importance de faciliter la réinsertion des jeunes. Au sujet du manque d'émotion des suspects, il évoque une aseptisation de la jeunesse à cause des écrans.

Lire aussi : Mort de Kenya tuée par un jet de galet : quatre mineurs jugés aujourd'hui devant le tribunal criminel pour enfants

Lucas Candessoussens sur place

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