Kenya tuée par un jet de galet : procès chargé d'émotions au tribunal pour enfants

Quatre mineurs sont jugés ce mercredi 20 novembre 2024 pour avoir causé la mort de Kenya, une automobiliste tuée par un jet de galet depuis le pont du rond-point de la Rivière des Galets.
Le tribunal pour enfants se penche ce mercredi sur l'affaire d'un jet de galet mortel. Quatre mineurs sont jugés suite au décès de Kenya, 25 ans, tuée en septembre 2023 alors qu'elle circulait sur la quatre voies du Port. La jeune automobiliste a été mortellement touchée au visage.
Deux des adolescents, âgés de 14 et 15 ans au moment des faits, sont jugés pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les deux autres, âgés de 15 ans, sont poursuivis pour coups mortels.
L'avocat de l'un des principaux accusés, le bâtonnier Maître Georges-André Hoarau assure que son client n'était pas l'instigateur des jets de galet : "C'est un dossier difficile. Pour mon client, il était suiviste. Il a suivi, il a eu tort de le faire. Il a son rôle, mais ce n'est pas le meneur, ce n'est pas lui qui a eu l'idée de tout cela. Je pense qu'il y aura une peine différente entre les deux."
Maître Georges-André Hoarau souligne que les accusés ont "échappé à [la qualification] d'assassinat" : "Ils encourent 20 ans. Ils n'auront pas ce maximum, c'est sûr. Ils bénéficieront de l'excuse de minorité, à savoir qu'ils auront la moitié de la peine qu'ils auraient eu s'ils étaient majeurs."
"Une absence inquiétante de prise de conscience"
L'avocat des parties civiles déplore la réévaluation des poursuites dans cette affaire : "Compte tenu de l'excuse de minorité et la qualification que j'ai combattue parce que pour moi, c'est de l'assassinat et pas des coups mortels, ils encourent 10 ans de prison."
Il s'insurge aussi face à des accusés qui restent en grande partie muets et qui se rejettent la faute de la mort de l'automobiliste : "Il y a eu un défaut de verbalisation de la part des mineurs qui sont aujourd'hui jugés. Beaucoup de mutisme, beaucoup d'excuses qui ne tiennent pas la route."
Maître Cyril Trangin se déclare surpris et inquiet après avoir entendu les adolescents accusés : "On voit une absence totale de prise de conscience qui est préoccupante pour l'avenir quelle que soit la peine."
Il détaille : "Leurs personnalités et traits de caractère sont particulièrement inquiétants pour l'avenir ; et la manière dont ils s'expriment pour la première fois devant la partie civile me surprend et est inquiétante."
"C'est la première fois que je vois les assassins de ma femme."
"Ils ne savent rien, ils ne savent pas. J'espère qu'aujourd'hui, la justice va trancher", déclare Damiano, le mari de Kenya. Il exprime lui aussi son inquiétude au sujet des accusés : "Quelqu'un qui a déjà tué, qui a déjà eu le goût du sang, il continuera après."
Le mari de l'automobiliste tuée explique que ce procès est douloureux pour lui : "C'est la première fois que je vois les assassins de ma femme." Il ajoute : "Cela m'a pris du temps d'oublier certaines choses, d'arriver de nouveau à dormir. Mais aujourd'hui, ça recommence, comme l'année dernière, avec les flashs de ce qu'il m'est arrivé."
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Isabelle Serre sur place


