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Possible annonce du gouvernement Barnier avant ce soir

Alors que Michel Barnier semble aborder la dernière ligne droite des négociations en vue de la désignation de son futur gouvernement, je souhaiterais en préambule mettre deux chiffres en exergue. Ça fait 65 jours que le gouvernement de Gabriel Attal a démissionné, plus de deux mois pour ceux qui ne sauraient pas compter, et 14 jours que le président de la République a confié à Michel Barnier le soin de constituer un nouveau gouvernement.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le jeudi 19 septembre 2024 à 18H52
Michel Barnier

 

 

Deux réflexions à ce point de la discussion. Gabriel Attal et ses ministres ont explosé le record du gouvernement resté en exercice le plus longtemps après avoir démissionné, détenu jusque-là par celui d’Edouard Philippe à l’été 2020 avec 32 jours.

Et cette absence de ministres de plein exercice n’a pas l’air de poser de problèmes particuliers à la population. Au contraire. Mis à part quelques ténors politiques, surtout du NFP, c’est presque un non-sujet et beaucoup pensent au contraire que ce n’est pas plus mal que ceux qui sont en place, les « démissionnaires » comme on les qualifie dans la presse, se contentent de gérer les affaires courantes.

Dès ce matin, les services de Matignon avaient fait savoir à la presse que le Premier ministre entamait sa « dernière journée de consultations », en vue de former un gouvernement, en recevant, séparément, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat, Gérard Larcher.

En fin de matinée, on apprenait toujours, en provenance de Matignon, que Michel Barnier avait convié à 15 heures les formations politiques susceptibles de participer à un gouvernement en vue de la « formation rapide » de son équipe. C’est-à-dire les représentants du camp présidentiel (Renaissance, Horizons et MoDem), du groupe LIOT et des Républicains.

Dans le même temps, la presse était informée que le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), où siègent les députés communistes et des élus d’outre-mer, n’avait pas été convié à cette fameuse réunion.

Enfin, en début d’après-midi, à l’heure où j’écris ces lignes, on apprenait que Matignon n’excluait pas l’annonce d’un gouvernement dans la soirée. A la suite de quoi Michel Barnier pourrait s’entretenir dans la foulée avec le président Emmanuel Macron.

Cette possible annonce du nouveau gouvernement est une relative surprise dans la mesure où les négociations semblaient dans l’impasse hier soir.

D’abord avec l’Élysée. Michel Barnier avait rencontré à deux reprises le président de la République et, selon plusieurs sources, les discussions se sont déroulées dans un climat très tendu. Certains même, à l’instar du Figaro, évoquaient une « crise sévère au sommet de l’exécutif ».

Alors même qu’Emmanuel Macron avait promis de ne pas interférer dans le choix des ministres, Michel Barnier se serait heurté à l’inflexibilité du président de la République qui aurait insisté pour imposer les noms de certains ministres sortants. À l’instar par exemple de celui de Gérald Darmanin au Quai d’Orsay. Michel Barnier s’est braqué et hier soir, Paris bruissait de rumeurs de démissions du Premier ministre.

L’autre pierre d’achoppement est le nombre jugé exorbitant de ministres Les Républicains pressentis dans le futur gouvernement par rapport à ce que le parti pèse réellement dans l’opinion (6,57% au premier tour des dernières législatives) et dans l’hémicycle (47 députés sur 577).

Les discussions ont achoppé également sur l’intention prêtée à Michel Barnier de vouloir augmenter les impôts. Le premier à avoir dégainé est Gérald Darmanin qui avait affirmé hier matin qu’il était « hors de question » de soutenir un gouvernement qui augmenterait la fiscalité. Et Gabriel Attal avait enfoncé le clou peu après.

Enfin, les représentants du camp présidentiel reprochent au nouveau Premier ministre sa méthode. On leur propose des postes de ministres, et donc de monter à bord d’une galère où il n’y aura que des coups à prendre et des électeurs à perdre, sans leur avoir jamais parlé du programme. À aucun moment, Michel Barnier n’a exposé ses positions sur des points importants comme les hausses d’impôts, la hausse des salaires, la modification ou le retrait de la réforme des retraites. Ni sur la manière dont il compte s’y prendre pour résorber l’énorme déficit de la France.

Tous ces désaccords sont à l’origine de la rumeur de démission probable de Michel Barnier de son poste de Premier ministre.

À croire que la nuit a porté conseil et surtout qu’Emmanuel Macron a pris conscience qu’il n’avait pas d’autre joker que l’ancien commissaire européen dans sa poche et que le vote du budget était d’une urgence absolue.

Mais surtout qu’en cas de blocage prolongé, la seule solution pour s’en sortir était la démission du président de la République.

D’où le revirement de ce matin.

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