Edouard Philippe annonce sa candidature à la présidentielle de 2027

Dans une interview accordée ce soir au Point, Edouard Philippe, maire du Havre et président du parti Horizons, annonce qu’il sera candidat à la prochaine élection présidentielle.
Interrogé sur ce qu’il pensait de la dissolution et ce qu’il aurait fait au soir du 9 juin à la place d'Emmanuel Macron au vu des résultats aux législatives, il répond que "cette décision de dissoudre avait été pensée et exécutée. Mais, rajoute le maire du Havre, avant la décision de dissoudre, il y a eu, en janvier, la décision de changer de Premier ministre. J'avais recommandé au président de la République de conserver Élisabeth Borne, qui me paraissait accomplir sa mission avec loyauté et abnégation, jusqu'aux européennes. Après le 9 juin, il aurait pu, s'il l'estimait nécessaire, changer de Premier ministre pour changer de politique. Ce ne fut pas la décision du président de la République". Une façon adroite de tacler à la fois le président de la République avec lequel les relations sont loin d'être au beau fixe, et Gabriel Attal, un potentiel rival pour la prochaine présidentielle.
Sur les résultats des législatives, il estime que "les Français ont voulu exprimer un besoin d'autorité et de liberté. Le RN a de toute évidence gagné le premier tour dans une élection où les gens sont massivement allés voter. Le second tour a montré à l'inverse qu'il y avait une majorité très large de Français qui ne voulaient pas du RN. Les désistements ont pu surprendre, mais la très forte participation au second tour montre qu'un très grand nombre d'électeurs a voulu empêcher l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national".
Et il ajoute : "Au soir du second tour, trois sentiments ont prévalu : la déception des électeurs RN, le soulagement dans le bloc central – de LR à Renaissance, ils se voyaient laminés et ne l'ont pas été –, et l'enthousiasme de la gauche, qui prétend avoir gagné. Pour ma part, j'ai surtout vu le caractère ingouvernable d'une Assemblée sans aucune majorité nette. Le RN est le premier parti, mais le bloc le moins important ; le NFP rassemble 193 députés ; et entre le NFP et le RN, il y a un bloc central de 235 députés en incluant l'ex-majorité, les Liot et la Droite républicaine, dont 47 députés LR qui affirment ne pas vouloir participer à ce bloc, mais qui votent avec lui…".
Et il conclut sur ce point en mettant en garde : "Un grand nombre d'électeurs RN doivent avoir le sentiment qu'ils n'ont pas gagné l'élection législative en raison d'une union contre-nature entre des gens qui ne sont d'accord sur rien. À cette frustration s'ajoute celle des électeurs de gauche qui, de bonne ou de mauvaise foi, considèrent qu'ils ont gagné et que ce qui se passe depuis le 7 juillet constituerait une forme de déni démocratique, de coup d'État institutionnel. Lorsque près de deux tiers des électeurs ont le sentiment de s'être fait voler une élection, le péril n'est pas loin".
Et enfin, interrogé sur le meilleur Premier ministre selon lui entre Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand, il répond que les deux feraient pourraient occuper le poste : "Ils ont tous les deux une expérience politique solide. Je soutiendrai tout Premier ministre choisi dans un espace politique qui va de la droite conservatrice à la social-démocratie et qui inscrira son action dans cet espace politique en construisant les compromis pour avancer".


