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Korbey d’or : K.O debout pour Sergio Toinette condamné 4 ans de prison avec mandat de dépôt

Le 12 avril dernier, l'ancien dirigeant de Korbey d'Or était jugé pour abus de biens sociaux, corruption et blanchiment. Six de ses proches étaient également poursuivis dans cette affaire d'infractions économiques et financières dont le montant des détournements et des tours de passe-passe entre la société de services à la personne et ses satellites fait tourner la tête. Petit exemple d'un florilège, les 457.000 euros d'espèces qui se sont volatilisées pour se retrouver sur le compte des dirigeants via une porteuse d'enveloppes. Ce vendredi, le tribunal correctionnel a condamné Sergio Toinette à 4 ans de prison avec mandat de dépôt.
Ecrit par I.S. – le vendredi 21 juin 2024 à 09H30

Déjà condamné pour abus de biens sociaux en 2021, Sergio Toinette, accompagné par six de ses proches, était de retour dans le prétoire de Champ-Fleuri en avril dernier dans cette affaire d’infractions économiques et financières pour un préjudice évalué à six millions d’euros. Korbey d'Or, société de services à la personne, placée en redressement judiciaire en 2017 puis liquidée le 31 août 2022, qualifiée de "machine à cash" par le liquidateur judiciaire Hirou, a été victime d'un florilège de malversations entre 2018 et 2022. Le Conseil départemental, financeur à hauteur de 90% de Korbey d'Or, s'est porté partie civile au procès et a demandé au tribunal que la société soit condamnée à lui verser un préjudice de six millions d'euros.

457.000 euros d’espèces provenant des paiements réalisés en liquide par les bénéficiaires ont été détournés au profit de Sergio Toinette, gérant et responsable administratif et financier qui menait grand train et "dont les agissements ont provoqué la mort de Korbey d'Or", selon le parquet. Autour de cette dernière gravitaient des sociétés occultes dont les proches de son dirigeant tiraient les ficelles. A l'image de Monique Sprenger poursuivie pour avoir été "porteuse d'enveloppes" ou la convention de trésorerie avec la holding Sygma dont Philippe Bénard était le président, « un montage de complaisance » ou encore Kréologik, dont Michel Pota était le gérant de fait, une société en charge de la formation des salariés qui surfacturait ses services et alimentait Korbey d’Or via des montages financiers.

Pour mémoire, 4 ans de prison ferme, 200.000 euros d’amende, une interdiction de gérer pendant 15 ans, la confiscation des parts sociales saisies au sein de Korbey d’Or ainsi que les objets de luxe acquis illégalement avaient été requis à l'encontre de Sergio Toinette, 48 ans.

Le tribunal a rendu son jugement ce vendredi :

Sergio Toinette est condamné à 4 ans de prison avec mandat de dépôt différé (malgré une relaxe sur certains chefs d'inculpation). Le président du tribunal a évoqué des faits extrêmement graves ainsi que l'ampleur des sommes concernées et une précédente condamnation pour l'intéressé sanctionné également par 50.000 euros d'amende, une interdiction de gérer pendant 15 ans, une inéligibilité pendant 5 ans et la confiscation des saisies et des scellés. L'ancien dirigeant devra payer à Korbey d'Or 1.224.212 euros de dommages et intérêts ainsi que solidairement avec Michel Pota 80.4433 euros .

Le Conseil départemental qui réclamait six millions pour le préjudice matériel ainsi que le préjudice d'image a été entièrement débouté de ses demandes par le tribunal.

Michel Pota est jugé coupable concernant ABS, pour corruption de Ben Mohamed et pour recel de blanchiment notamment concernant la société Kefashanti. Il est relaxé pour les faits de blanchiment concernant la société Narata. Le tribunal le condamne à 2 ans de prison avec sursis, une amende de 50.000 euros, une interdiction de gérer pendant 10 ans, ainsi qu'à une inéligibilité pendant 5 ans et la confiscation des scellés et des saisies.

Philippe Benard est relaxé.

Jocelyn Sophie est relaxé. Le tribunal ordonne cependant la saisie d'un véhicule provenant d'une activité occulte et d'un délit de corruption active.

Catherine Agustin Pota est condamnée pour recel d'abus de biens sociaux à 12 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende assortis d'une interdiction de gérer pendant 10 ans et d'une inéligibilité pour 5 ans, ainsi qu'à la confiscation des saisies et des scellés.

Monique Sprenger est relaxée pour abus de blanchiment et abus de biens sociaux. Elle est condamnée pour faux et usage de faux à 15.000 euros d'amende.

Ben Mohamed est condamné à 18 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour corruption passive. Il est relaxé pour blanchiment.

 

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