Rixe à Bras Fusil : Un jeune homme mis en examen et écroué

Des faits de violences se sont produits dans la nuit de samedi à dimanche dernier à Saint-Benoit dans le quartier de Bras Fusil où, selon les premiers éléments de l'enquête, une bande de jeunes venus de Saint-André se sont rendus à Bras Fusil dans le but de casser des voitures. Habitant ce quartier et apprenant qu'il va y avoir du grabuge, un jeune homme né en 2005 décide de ne pas rester sur place quand il reçoit un appel de sa mère lui disant que des jeunes sont en train de détériorer des voitures. Il revient sur place et constate que son véhicule a subi des dégâts.
Accompagné de son dalon, il prend sa voiture et poursuit les auteurs. Il finit sa course par un grave accident lors duquel son dalon est grièvement blessé. Hospitalisé, son ami est toujours dans le coma dans un état extrêmement préoccupant. Le conducteur est ensuite placé en garde à vue et déféré au tribunal pour être mis en examen.
Lors de l'audience devant le juge des libertés et de la détention (JLD) ce vendredi, la présidente a rappelé au mis en examen que la juge d'instruction avait demandé son maintien en détention provisoire. Invité à s'expliquer, le jeune indique que "ce soir-là, ce n'était pas mon but de créer un accident. Mon but était de quitter les lieux, pas être dans ce qu'il s'est passé". "Vous conduisiez un véhicule lors d'une course-poursuite pendant que le passager tirait des coups de feu sur la voiture de devant", lui rappelle la JLD.
Même ligne de conduite pour le parquet qui requiert son placement en détention provisoire afin d'éviter une réitération des faits mais également un risque de pressions, compte tenu du climat qui règne depuis les incidents du week-end. "Les faits se sont produits dans la cadre d'une rixe entre deux quartiers et aujourd'hui, il y a toujours des appels à des attroupements. Il donne une version fantaisiste et aujourd'hui encore, il vient dire qu'il ne voulait pas s'en mêler alors qu'il a fait demi-tour pour poursuivre la voiture", ajoute le parquet.
La défense du mis en examen, assurée par Mé Jean-Christophe Molière, rappelle que son client n'a pas de casier judiciaire. "Sa première préoccupation est l'état de santé de son ami qui est blessé. Il voulait s'extraire de là quand il apprend que des jeunes arrivent de Saint-André car lui, il habite Bras Fusil. Il revient quand on lui dit que sa voiture a été caillassée. Il est inconnu de la justice et il est inséré. Il est encore étudiant et n'a jamais fait parler de lui. Concernant les pressions, je vous ai fourni des documents qui prouvent qu'il peut être hébergé à Saint-Denis, loin de lieu de commission des faits", plaide la robe noire.
Compte tenu de la gravité des faits et du contexte de leur commission, la JLD, après délibération, ordonne le placement en détention provisoire du mis en examen.


