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St-Pierre : Deux jeunes filles violées dont une avec une arme sur la tempe

Jean-Daniel R., confronté à des accusations graves d'agressions sexuelles et de viols au sein de sa propre famille, sera jugé en septembre et risque jusqu'à 20 ans de prison. Les actes reprochés, d'une gravité extrême, auraient eu lieu sous des menaces, parfois armées, dans un contexte familial toxique. Malgré ses tentatives de disculpation, impliquant des complots et de fausses motivations attribuées aux victimes, l'évidence des preuves et les témoignages pèsent lourdement dans la balance. Sa détention provisoire est maintenue, soulignant la gravité des faits et la dangerosité perçue de l'accusé.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 20 mars 2024 à 16H07

Jean-Daniel R. l’affirme haut et fort : il n’a rien fait ! Éventuellement, il se souvient avoir bu un petit verre en compagnie de ses voisins, mais de là à avoir violé leur fille, ça jamais. Même refrain concernant sa belle-fille et sa propre fille, jamais "il n’a touché à ces gamines".

Pourtant, Jean-Daniel R., né en 1972 et mis en accusation, comparaitra en septembre prochain devant la cour criminelle pour les faits qui lui sont reprochés et pour lesquels il encourt 20 ans de réclusion criminelle. Les agressions sexuelles et les viols qu'il aurait commis l’ont été dans des circonstances effroyables : au domicile familial, en présence de son épouse et, parfois, avec des menaces aux victimes.

"Elle me provoquait, elle m’aimait", dit-il au sujet de l’une d’entre elles. Celle-ci aurait été abusée sexuellement, une arme à feu sur la tempe. "C’est un complot pour obtenir des bénéfices immobiliers parce que la prison pourrait permettre à certains de mettre la main sur mes terrains", se défend l’accusé.

Concernant d’autres jeunes victimes, elles se seraient vengées "par dépit amoureux". Jean-Daniel R. n’a pourtant rien d’un Don Juan. À la barre de la chambre de l’instruction ce mardi, c’est un quinquagénaire très ordinaire que l’on pourrait croiser à n’importe quel coin de rue qui comparait dans le cadre d’une prolongation exceptionnelle de sa détention provisoire. "Du très classique", commente le président de l’audience, alors que psychiatre et psychologue ont constaté les traumatismes des parties civiles. Jean-Daniel R. placerait le désir sexuel au centre de la vie de ses victimes, pratiquant ainsi l’inversion de culpabilité. Sa consommation d’alcool et une grande difficulté à se réinsérer dans la société sont mises en exergue par les spécialistes.

Son épouse est également poursuivie pour avoir été témoin de scènes sexuelles. Cette dernière aurait essayé d’acheter le silence de ses filles afin qu’elles se taisent. "Il faut laisser les victimes et les témoins en paix avant le procès, conseille l’avocate générale, sa belle-fille et sa fille étaient sous son autorité au moment des faits présumés".

La dangerosité criminologique du mis en cause est également pointée du doigt, tout comme le risque de réitération en l’absence d’une quelconque remise en cause et d’empathie du suspect. La chambre de l’Instruction annonce aujourd’hui que celui-ci restera en détention provisoire jusqu’à l'audience criminelle des 19 et 20 septembre.

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