Tentative de meurtre sur Morgane : L'inquiétante personnalité du suspect principal

Si le huis clos du procès de l'affaire ne permet pas de connaître ce qui va se dire sur la personnalité de Jérôme* ce mardi 6 février, les histoires autour de l'inquiétant adolescent circulent dans tout Saint-Pierre et plus particulièrement à Terre-Sainte. Bien que personne n'aurait pu imaginer un tel passage à l'acte, certains ne sont pas surpris que ce soit lui qui ait commis cet acte de barbarie.
La première chose qui marque ceux qui l'ont côtoyé est son intelligence. Considéré comme HPI, haut potentiel intellectuel, il était un élève brillant. C'est ce statut d'élève modèle qui fait que bon nombre d'enseignants ne prenaient pas en compte les alertes de ses camarades, notamment des jeunes filles. Pourtant, lorsque les profs l'interrogeaient, il avait l'habitude de ne pas répondre et de fixer le professeur.
Autre point qui aurait pu sonner l'alerte auprès du corps enseignant était son goût pour la scarification. Avec un ami à lui, ils utilisaient les lames des taille-crayons et se scarifiaient avant de passer du gel hydroalcoolique sur les plaies "parce que c'est cool".
Du harcèlement à la tentative de meurtre
Comme indiqué hier lors de la première journée d'audience, il avait passé l'année scolaire à harceler Sandra*, une fille de sa classe, qui a été convoquée comme témoin. De nombreuses fois, il venait se frotter contre elle dans les couloirs du collège et la suivait jusqu'à chez elle à la sortie des cours.
Il y a eu également l'épisode du brevet blanc où il a terminé rapidement son épreuve, mais est resté en classe pour fixer la jeune fille. Obligé de sortir de la salle par l'enseignant, il va rester dans le couloir à l'attendre. Pratiquement chaque jour, elle recevait des invitations de contact sur les réseaux sociaux qu'elle refusait systématiquement.
Malgré les alertes de Sandra et de sa mère, les professeurs ne pensaient pas que ce bon élève pouvait être dangereux et répondaient qu'il était juste amoureux d'elle. Les camarades de classe étaient beaucoup plus conscients du potentiel de dangerosité de Jérôme.
En décembre 2021, soit quelques mois avant les faits, il avait déclaré devant une partie de sa classe qu'il "voulait savoir ce que ça faisait de tuer quelqu'un". Ce à quoi un camarade va lui répondre qu'il est un psychopathe. Jérôme va alors répondre qu'il "n'est pas psychopathe, mais sociopathe" avant d'expliquer la différence entre les deux.
Le passage à l'acte
Si les faits décrits plus haut peuvent laisser de prime abord penser qu'il s'agit d'un adolescent qui veut faire son intéressant devant les autres, son passage à l'acte prouve que les inquiétudes autour de lui étaient fondées. Après son interpellation, les enquêteurs vont découvrir qu'il avait minutieusement préparé la tentative de meurtre.
Durant sa garde à vue, il va même se targuer d'avoir mis en erreur les policiers. Une attitude de défiance et de mépris qu'il semble garder durant le procès.
Mais malgré son intelligence et son élaboration du plan "parfait", il n'avait pas pris en compte un élément : que ses camarades qu'il a impliqués dans son plan machiavélique puissent avoir des sentiments et des remords. C'est ce qui va le faire tomber puisque Thomas* finira par avouer à sa mère la terrible agression sur Morgane.
Néanmoins, nombreux sont les proches du dossier qui pensent que ce n'est que partie remise et qu'il recommencera à sa sortie de détention.
*Prénoms d'emprunt


