La Possession : Privée d’électricité depuis 12 jours, une sexagénaire contrainte de se passer de son respirateur

Depuis la levée de l’alerte rouge, Laetitia a sonné à toutes les portes, sans succès pour l’instant. “Tous les jours, j'appelle EDF pour qu’ils remettent le courant à ma maman, mais rien pour l’instant. Toute sa rue a retrouvé l’électricité, sauf elle”, s’alarme la jeune femme, désemparée devant l’inaction des autorités. “Elle doit dormir avec son respirateur un jour sur deux, à cause de problème d’apnée du sommeil, mais là elle doit faire sans. Je suis très inquiète”, poursuit Lætitia.
Dès le début du cyclone, Annie, âgée de 67 ans, s’est vue privée d’électricité, comme beaucoup d’habitants du quartier Pichette, dans les hauts de la Possession. Depuis, des interventions d’EDF ont permis de rétablir le courant aux riverains, sauf pour Annie.
Depuis, la vieille dame vit dans le fénoir, obligée de s’éclairer à la bougie. “Je l’ai prise chez moi le temps de l’alerte violette, mais elle a voulu retourner chez elle pour pouvoir s’occuper de ses animaux. Un camion d’EDF est déjà passé deux fois dans sa rue, mais jamais pour elle. Je suis même partie les voir et ils m’ont répondu qu’elle n’était même pas signalée comme sinistrée, alors même que j’appelle depuis la fin du cyclone. J’étais choquée de voir qu’on peut laisser les gens comme ça", explique sa fille.
“À chaque cyclone, on se sent abandonnés”
Si l’eau a rapidement été rétablie, Annie reste toujours privée d’électricité. “Ils sont venus pour redresser un poteau qui était penché, souligne Lætitia. Je suis obligée de lui apporter ses repas, car le contenu de ses frigos est gâté. Mais j’ai peur que sa maison prenne feu avec ces bougies. En plus, elle a des difficultés à se déplacer parce qu'elle marche avec des béquilles”.
La maison de famille est aussi fragile. “Le toit ne tient que grâce aux pierres qu’on a mises dessus, et ma mère n’a pas eu d’autre solution que de mettre une brouette dans la maison pour récupérer l’eau qui coule. Depuis des années, on fait des demandes auprès du Département et du CCAS de la commune, mais on n'a jamais reçu d’aide. On est dans une situation précaire, et à chaque cyclone, on se sent abandonnés”, lâche Lætitia, qui ne sait plus à quel saint se vouer. La jeune femme espère qu’une intervention rapide d’EDF va permettre de raccorder sa maman.


