Hosman Gangate accusé de viol : "Un calvaire aggravé par la consommation d'alcool" selon les victimes

Ce mardi matin, Hosman Gangate, costume sombre et chemise blanche, a souhaité être extrait de sa cellule afin d'assister à l'audience de la chambre de l'instruction où sa demande de remise en liberté a été publiquement étudiée. Quatre plaignantes, dont deux se sont portées partie civile, dénoncent de façon "concordante" un agresseur sexuel exerçant une emprise. Les plaignantes, des compagnes ou des relations passagères, racontent les violences psychologiques et sexuelles qu'elles auraient subies. Une personnalité pathologique dont le comportement serait aggravé par une importante consommation d'alcool.
Le dossier ouvert à l'instruction devrait se poursuivre dans les semaines qui viennent avec des confrontations avec les intéressées alors que le mis en cause réfute les faits reprochés. Bien que le parquet général se soit positionné contre un placement sous contrôle judiciaire en évoquant notamment le fait que le directeur de la ligue réunionnaise de football n'avait "pas bougé d'un pouce dans son positionnement', ce dernier a souhaité prendre la parole en fin d'audience. Il a reconnu des "dysfonctionnements" et regretté "les douleurs provoquées" tout en pointant du doigt "une affaire disproportionnée". Il a réitéré ses excuses "aux femmes qu'il a fait souffrir" et mis en avant les 36 séances effectuées avec un professionnel afin "de ne pas reproduire les mêmes erreurs".
Les pressions et les menaces ont été au centre des débats. D'un côté, les investigations tendraient à prouver que le fils du détenu aurait tenté d'entrer en contact avec certaines plaignantes afin de les décourager. Selon le parquet, Hosman Gangate aurait lui-même tenté d'intercéder sur le cours de l'enquête directement auprès des gendarmes afin de savoir ce que les victimes supposées avaient déclaré. Le quinquagénaire a indiqué à la cour qu'il subissait lui-même des menaces en détention et qu'il "avait peur", raison pour laquelle il effectue sa préventive à l'isolement.
Côté expertise psychologique, la partie risque d'être serrée pour l'expert péi du football. Dangerosité criminologique, perversité, manipulation et domination, pulsions sexuelles exacerbées par l'alcool et son effet désinhibant sont des éléments pointés par les experts. Aussi, le risque de réitération doit être prévenu tout comme le risque de pression, indique l'avocate générale. Celle-ci n'a pas manqué de rappeler qu'en 2018, Hosman Gangate avait fait l'objet d'un rappel à la loi pour des faits d'intimidation après s'être introduit au domicile d'une de ses conquêtes avec qui il était en conflit et de l'avoir filmée.
Selon son conseil, Me Gabriel Odier, il n'y aurait pas eu de nouvelles plaintes depuis le début de l'enquête. La robe noire a plaidé une insertion professionnelle rassurante dans le cadre d'un éventuel placement sous contrôle judiciaire ainsi que l'intelligence de son client qui saura se tenir aux obligations qui lui seraient fixées. "Vous pouvez lui faire confiance", a lancé l'avocat aux magistrats. Ces derniers ont finalement décidé de le maintenir en détention.


