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Hosman Gangate accusé de viol : « Il a exercé de graves violences sur les femmes les plus importantes de sa vie »

Nouvelle demande de remise en liberté pour le directeur technique régional de la Ligue de football réunionnaise, mais en audience publique cette fois-ci. On en sait donc plus sur les faits reprochés au détenu mis en examen le 2 février dernier pour agression sexuelle, harcèlement et viol.

Ecrit par 2181159 – le mardi 25 avril 2023 à 14H02

Le 15 février dernier, Hosman Gangate avait été extrait de la maison d’arrêt de Domenjod pour comparaitre devant les magistrats de la chambre de l’instruction saisis suite à la remise en question du placement en détention provisoire du directeur régional de la Ligue de football réunionnaise. Mais très vite, les juges s’étaient prononcés en faveur d’un huis clos à la demande de l’avocat du prévenu, Me Normane Omarjee. Rien ou presque n’avait filtré sur les circonstances de l’incarcération de son client mis en examen pour agression sexuelle, harcèlement et viol suite à plusieurs plaintes.

Ce mardi, en l’absence du principal intéressé, une demande de remise en liberté ainsi qu’un débat à huis clos a de nouveau occupé une partie de l’audience de la chambre de l’instruction. Mais cette fois-ci, le président, Pierre Kuentz et ses deux assesseurs, les présidents de la cour d’assises, ont décidé que celle-ci serait publique.

On en sait donc un peu plus sur ce qui est reproché au quinquagénaire accusé au début de l’enquête de viol, de harcèlement et de violences psychologiques par son épouse. Trois certificats médicaux étayent les dires de cette plaignante, le premier en décembre 2021 pour détresse psychologique et maltraitance, le second en septembre 2022 pour dépression, anxiété et violences sexuelles et le dernier en date de janvier 2023, dans lequel le médecin indique que sa patiente nécessite un suivi psychiatrique et psychologique suite au harcèlement qu’elle subit.

Des ébats sexuels et des photos diffusées

Tout comme l’autre mère des enfants d’Hosman Gangate, la première plaignante décrit un homme avec « une libido démesurée » voire « une addiction sexuelle » conjuguée à une forte consommation d’alcool, « un calvaire » dans un contexte de violences psychologiques. Toutes deux se portent partie civile dans ce dossier, la seconde ayant indiqué avoir reçu des coups alors qu’elle s’interposait pendant qu’Hosman Gangate frappait leur fils.

L’intéressé se voit également reproché d’avoir filmé des ébats sexuels avec une des plaignantes et diffusé ces images au sein de son réseau ainsi que des photos sur Facebook afin de faire pression sur sa proie. Le numéro 2 du foot réunionnais a écopé d’un simple rappel à la loi pour ces derniers faits. La troisième plaignante évoque des violences physiques et sexuelles lorsqu’elle a voulu se séparer du prévenu ainsi qu’avoir accepté des relations sexuelles qu’elle ne souhaitait pas, « afin d’éviter des pressions et des coups ».

Hosman Gangate se décrirait lui-même comme un pervers narcissique. Certains messages retrouvés dans sa téléphonie illustreraient cette facette du personnage : « Je suis allé au bout de ta destruction », ou encore « je suis quelqu’un de mauvais ». Des pressions sur plaignantes ou témoins ont été largement évoquées au cours de l’audience par la représentante de la société requérant le maintien en détention du mis en cause. Le père d’Hosman Gangate aurait en effet fait pression sur le fils de ce dernier afin qu’il témoigne en faveur de son père.

« Tous ont peur de lui »

« Un climat délétère plane sur cette enquête, » a résumé Emmanuelle Barre pour le parquet général, rappelant qu’Hosman Gangate, après sa première audition chez les gendarmes, avait cherché à savoir ce qu’avaient dit certains témoins afin d’adapter son discours. « Tous ont peur de lui », a lancé la magistrate à l’image de cet homme qui a hébergé la première plaignante et qui raconte qu’Hosman Gangate aurait percuté la voiture de celle-ci afin de l’impressionner. « Faire pression, discréditer ceux qui dénoncent, cet homme d’une grande violence, d’autant plus en colère face à ce qu’on lui reproche, pourrait réitérer les faits s »il retrouvait la liberté. En 20 ans, il a exercé de graves violences sur les quatre femmes de sa vie », a conclu Emmanuelle Barre. 

Pour la défense, la robe noire a indiqué « ne pas avoir la même lecture du dossier » au motif, par exemple, que d’anciennes compagnes n’auraient pas décrit le même comportement que les plaignantes. L’enquête pourrait se poursuivre avec un contrôle judiciaire sous bracelet électronique car « s’il n’était pas si connu, il ne serait pas en détention », a conclu Me Gabriel Odier. Hosman Gangate et la première plaignante devront prochainement rencontrer les experts psychologues et psychiatres dans le cadre des investigations qui se poursuivent.

Les magistrats de l’instruction rendront leur décision demain.

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