Didier Dalleau : "Je serai, de toute façon, candidat pour défendre mon bilan"


Didier Dalleau, vous êtes conseiller général à Saint-Philippe. Où en est la désignation, à l'échelle locale, du candidat socialiste concernant le renouvellement du canton de Saint-Philippe ?
Au niveau de Saint-Philippe, on ne va pas changer la donne. C'est toujours assez difficile et compliqué au niveau de la section politique du PS à Saint-Philippe. Je suis toujours en litige avec le secrétaire de section Alix Ethève. Il y a eu, jusqu'à maintenant, deux candidatures à savoir celle d'Etienne Honoré, pour ne pas changer, et la mienne. Comme je ne reconnais pas cette section là, mes partisans ne sont pas allés voter le soir de la désignation des candidats (...). Etienne Honoré a été élu à 13 voix, deux nuls et deux voix pour moi.
Comment les choses vont-elle se dérouler vous concernant. Pensez-vous être le candidat officiel du PS en mars 2011 ?
En ce qui me concerne, j'ai demandé à la fédération de se positionner clairement. Je suis candidat sortant et il me paraît légitime et logique que je défende le mandat que j'ai effectué. J'ai bien l'étiquette du Parti socialiste, c'est pourquoi j'ai demandé un positionnement clair de la fédération sur ce problème afin de régler, une bonne fois pour toute, le problème de la section de Saint-Philippe qui, pour ma part, ne remplit pas son rôle sur le territoire. Aucune réunion, aucune programmation, ils attendent juste les élections pour pouvoir sortir de leur absence. (...) Je serai, de toute façon, candidat pour défendre mon bilan.
Après vos bons résultats enregistrés lors des municipales de mars 2008 et votre victoire lors des cantonales partielles de mars 2009, comment jugez-vous le rapport de forces politique en ces terres du Sud sauvage ?
Je dirai que le rapport de forces a connu un tournant depuis que monsieur Hugues Salvan, l'ancien maire, a été démis de ses fonctions et après qu'il y ait eu passation de pouvoir au conseil municipal avec un nouveau maire, Olivier Rivière. La donne a quelque peu changé même si elle n'a pas forcément changé dans un camp en particulier, celui du maire, qui continue à utiliser les pratiques d'antan.
Justement, le récent épisode de l'ancien cimetière de Basse-Vallée a fait couler beaucoup d'encre. Doit-on s'attendre à ce que cet épisode s'invite à nouveau à l'approche du scrutin ?
Je pense qu'il va nécessairement s'inviter car là se pose la question de l'histoire de Saint-Philippe. Comment représenter une commune si on ne défend pas son territoire dans toutes ses facettes qu'il s'agisse de la culture, du culte, de l'économique, du social et autres. On doit être garant de ce territoire là et le cimetière de Basse Vallée démontre une chose bien précise : le maire méconnaît son territoire et, à la limite, bafoue les pratiques anciennes qui ont fait de Saint-Philippe ce qu'elle est aujourd'hui. Il a eu des propos assez durs, par exemple, envers le député-maire de Saint-Joseph. (...) Le but n'est pas de politiser, comme il l'a dit, l'affaire du cimetière, mais tout devient politique du moment où l'on s'attaque au culturel et au cultuel et que l'on touche à Saint-Philippe.
Il y a bientôt deux ans, en mars 2009, vous aviez su renverser la tendance d'un 1er tour synonyme de ballotage grâce à une "union" des socialistes et de la gauche. Comment abordez-vous ce nouveau combat ?
J'aborde ce combat assez sereinement car j'ai eu pratiquement un an et demi pour travailler ce qui est court en fonction du contexte actuel. C'est court pour faire avancer véritablement les projets sur lesquels je m'étais positionné et qui ont fait que la majorité de la population saint-philippoise a voté pour moi. Je n'ai pas changé d'un iota là-dessus. Je sais pourquoi je suis en politique. Je sais quels combats je mène. Par ailleurs, j'habite à Saint-Philippe et je ne compte pas quitter la commune. Tout ce que je peux faire pour faire avancer Saint-Philippe, sur les différents points qu'il s'agisse de la compétence du Conseil général ou pas, je le ferai. J'aborde donc cette nouvelle campagne très sereinement.
Sans déjà parler de campagne, sur le terrain comment cela se passe ?
Le contexte est assez difficile. Les relations avec la municipalité sont quasi inexistantes. Ma priorité, c'est que les gens de Saint-Philippe soient gagnants et non un parti ou certaines personnes. J'ai voté, par exemple, certaines décisions favorables pour la population mais il est vrai que je ne partage pas du tout les idées politiques ou projets que le maire met en place parce que cela fait quand même trois ans qu'il est à la tête de la commune, en tant que premier adjoint et maire, et je ne vois pas ce que la commune a réellement gagné.
Deux années pour un mandat de conseiller général, c'est relativement court. Pouvez-vous nous citer quelques exemples d'actions réalisées sur le canton de St-Philippe ?
Disons qu'en fonction de la non-collaboration voulue par la majorité municipale, on a quand même, et heureusement, 80% de forêt gérés par le Département et l'ONF. Il y a un gros travail qui a été fait dans ce sens là. Il y a plus de 80 emplois aidés d'un an minimum qui ont été mis en place depuis mon arrivée au pouvoir pour justement travailler sur ces forêts et faire en sorte qu'elles soient nettoyées, valorisées et que tous les sites touristiques soient propres. C'est un des points phares de cette mandature. Il est aussi vrai que le côté touristique représente l'axe sur lequel on peut créer des emplois. Même si il ne s'agit pas d'une compétence départementale, il y a un gros travail qui a été fait concernant la création de sites permettant aux touristes de rester plus longtemps sur le territoire de Saint-Philippe. Car c'est ce qui nous fait défaut.
Vous aviez proposé, en mars dernier, la "création d'un Comité de pilotage afin de mieux cerner les efforts conjoints de l'Etat, du Département, de la Région et de la municipalité, pour résorber les problèmes de crues rencontrés à Saint-Philippe". Où en est ce projet ?
Il n'a pas abouti car on a eu aucun interlocuteur en face pour faire aboutir cette démarche là. Les ravines, c'est l'État et l'État n'est pas prêt, aujourd'hui, à donner de l'argent à une petite commune comme Saint-Philippe. Ils ne vont pas dépenser d'argent. Basiquement, on a un vrai problème durant la saison cyclonique au cours de laquelle on a des crues sur deux ravines avec un radier sur Takamaka. Et il est vrai que tant que l'on ne réglera pas ces problèmes là, de circulation et de sécurité, avec des routes coupées, cela restera un problème phare. Outre la couleur politique, je pense que tout le monde devrait se concerter, et c'était mon intention à ce moment là, pour trouver des solutions durables, endiguer ces ravines et effectuer les travaux nécessaires. Même constat pour la route des Laves qui peut nous couper la route vers l'Est. Pour tous ces problèmes, il y a un travail de collaboration à mettre en place. Mais jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons eu aucune réunion ou demande dans ce sens.
En cas de victoire, songerez-vous aux prochaines municipales ?
Si je me suis lancé en politique, c'est aussi pour être maire. C'est là où la population vous attend le plus. C'est là où vous pouvez intervenir directement. Je me suis justement lancé dans les cantonales parce que j'avais fait de bons résultats sur les municipales et qu'il fallait absolument que je confirme le souhait de la population de voir un véritable changement sur Saint-Philippe.
Qu'en sera t-il de votre suppléant(e) ?
Ma suppléante, puisqu'il s'agira d'une femme, reste dans la même logique depuis mes premiers pas en politique, c'est-à-dire l'ouverture. Je suis PS et j'ai mes valeurs à gauche. Mais, il est aussi vrai que Saint-Philippe a été le centre des combats fratricides entre Wilfried Bertile et Hugues Salvan. Ce n'est pas forcément des gens qui votaient à droite ou à gauche mais qui ont choisi deux personnes. Et il est vrai que sur Saint-Philippe, comme je l'ai fait pour les municipales, l'objectif est de pratiquer vraiment l'ouverture pour que l'on puisse rassembler le maximum de personnes pour faire avancer ce territoire. Je suis attaché à un parti mais je ne suis pas enfermé et je conçois parfaitement de travailler avec des personnes qui ont eu, à un moment donné, des positions différentes. Je n'ai donc pas encore de nom à donner mais il y a plusieurs personnes qui peuvent faire office de suppléante. Il y a beaucoup de personnalités sur Saint-Philippe qui ont des compétences. (...) Je voulais remercier ma suppléante qui ne repartira pas aux prochaines cantonales. Elle a fourni un travail exemplaire...


